Originaire du
Kansas et, après deux longs formats et un Ep,
Torn The Fuck Apart, qui n’a subi aucun renouvellement de personnel (c’est assez rare pour être souligné), composé de
Jeremy Langner au chant, de son frère, Michael Langner au chant et à la guitare, de Nick Yeates à la seconde guitare, de Jake Paige à la batterie et de Deaffy à la basse, publie sa troisième pièce du boucher, délicieusement intitulée «
Sexually Transmitted Torture ».
Ayant déjà entendu parler du quintette et écouté, ici et là, quelques morceaux de sa précédente livraison, je me dis qu’un peu de chair fraiche, ne me ferait pas de mal. Après avoir saisi l’objet entre mes mains, je jette un coup d’œil au tracklist et là, aucun quiproquo n’est permis et même si je ne suis pas bilingue des morceaux comme «
Autopsy of a cunt », « Digested genitalia », «
Skinned and sodomized » ou « Inserted vaginal castration device » n’ont aucunement besoin de traduction.
Là où je m’attends à crouler sous divers viscères et tripailles en tout genre,
Torn The Fuck apart m’attrape directement à la gorge, mais avec une grande surprise car même nous avons à faire à du « death metal », le groupe ne se contente pas de concourir à une éventuelle course à la vitesse, avec un déluge de gore cradingue, mais a doté sa musique de moments lourds («
Autopsy of a cunt », I can’t believe she got in the van with me », « Sulfuric semen skank dunk tank » ou encore «
Skinned and sodomized »), voir mélodique (si ! si !) notamment sur le break de « Sulfuric semen skank dunk tank » qui se veut à la fois planant et renvoyant à du Iron Maiden ayant abusé d’amphétamines ou d’anabolisants, mais aussi le break du morceau titre et celui de « Inserted vaginal castration device » qui est tout simplement magnifique.
L’autre surprise est, que contrairement à la majorité de ses confrères ayant un artwork gore et sexuel et ne se contentant que de balancer la « purée » de façon redondante,
Torn the fuck apart se veut bien plus technique. En effet, il suffit de jeter une oreille aux structures alambiquées de « Digested genitalia » ou « Inserted vaginal castration device » pour se rendre à l’évidence que les deux six cordistes font preuve d’un réel talent dans l’astiquage de manche, alignant les accords à une vitesse dépassant allègrement la limite autorisée. Ces derniers sont bien aidés par le batteur tentaculaire Jake Paige, qui enchaîne les rythmiques supersoniques et break lourds avec une facilité déconcertante. L’aspect gore et cradingue de la chose, est mis en exergue grâce au chant guttural très grave de
Jeremy Langner et, les multiples cris de douleurs féminins qui jalonnent l’opus.
Fort de nombreuses qualités, «
Sexually Transmitted Torture » comporte néanmoins quelques défauts. D’abord, comme stipulé plus haut, le growl de Jérémy Langner est très gras mais complètement monocorde et inaudible (c’est peut être mieux comme ça…) conférant à l’ensemble une sorte de redondance. Aussi, l’ajout de multiples plans alambiqués et parties complexes flirtant de temps en temps avec le progressif, en laissera plus d’un sur le carreau car tout ceci est difficile à suivre, à moins d’être averti et aguerri au style. Finalement, malgré ses qualités intrinsèques indéniables, on ne retient pas grand-chose à l’issu de la découverte totale de cet album.
Torn the fuck apart en surprendra certainement plus d’un car ses membres savent manier leurs instruments avec précision, sans se contenter de n’être que des brutes épaisses et d’infliger uniquement un tabassage en règle. Les structures multiples se succèdent, créant une certaine « richesse » à «
Sexually Transmitted Torture », mais la complexité (parfois mal maîtrisée) rendra ce pavé de bidoche fraiche indigeste pour tous ceux qui n’auraient pas l’estomac assez accroché.
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