Il existe deux versions de
Serpent Temptation. La première, sortie fin 1988 en 33 tours, avec sa terrible illustration de Reginaldo, n’est jamais parue en édition CD (à l'heure où j'avais écrit cette rédaction !). La seconde, rééditée par Nuclearblast en 1996, avec une nouvelle couverture de Kristian Wahlin, bénéficie d’un remaniement de quelques paroles et de noms de titres, mais surtout d’un réenregistrement total des guitares et du chant par le leader Francis Howard, dans le but de coller à l’esprit deathrash de
Beyond the Unknown, ne conservant ainsi que la batterie et la basse des sessions initiales.
Mais retournons en 1986.
Incubus se forme alors sous l’impulsion des frères Howard et de son chanteur / bassiste live Scot Latour, et balance un thrash particulièrement rugueux, qui lui permet une signature rapide avec les écuries
Brutal Records et Metalworks respectivement sur le territoire nord-américain et européen. Le groupe émigré en Louisiane rentre ainsi au Southlake Studio sous la houlette de Steve Himelfrab, pour les l’enregistrement de
Serpent Temptation, qui sort alors en même temps que les incontournables
Leprosy,
Blood Fire Death, et
Hobbs Angel Of Death (
Death,
Bathory, Hobbs AoD).
Serpent Temptation surprend d’emblée le monde du metal par son incroyable nervosité, grâce aux nombreux passages tapageurs de Moyses Howard, qui le rendent sacrément violent pour l’époque. Avec son jeu rapide et précis, Francis Howard enchaîne alors des cascades de riffs incisifs, hissant immédiatement le groupe parmi les plus meurtriers du moment.
Depuis Battle Of
Armageddon jusqu’à Underground
Killers, en passant par le redoutable Blaspheming Prophets,
Serpent Temptation est en effet une succession de rythmes et de breaks furieux, assommant l’auditeur à coups de riffs terriblement tranchants. La voix de Scot Latour, rugueuse à souhait, complète alors parfaitement le tableau, décuplant la rage des compositions de Francis.
Brillamment mis en valeur par une production agressive, et grâce à la force de ses riffs,
Serpent Temptation rappelle ainsi à chacun la véritable signification du mot « thrash », à l’instar de
Darkness Descends (
Dark Angel). L’album s’impose sans conteste parmi les réalisations les plus incisives de cette année 1988, ne nécessitant pas forcément son réenregistrement partiel huit années plus tard.
Fabien.
La version originale de cet album culte a tout de même été rééditée par Brutal Records en 2016 : le propre label du groupe, avec la pochette d'origine et le logo Incubus, comme en 1988 ! Je viens de recevoir le CD, mais apparemment, ce n'est pas remasterisé, donc rien à voir avec la version Relapse sous le nom Opprobrium et sortie la même année.
Quel bordel avec ce disque...
Pour ma part, je recommande la version 'Opprobrium' de chez Relapse. On ne peut pas être déçu. En plus, la demo-tape Supernatural Death est incluse en bonus. Il ne manque que le logo 'INCUBUS', sinon c'est juste parfait et conforme à l'original (que j'ai en 33t). ++ FABIEN.
Recu il y a qlq jours apred une lecture particulierement attentive de la chronique de fabien puis des commentaires.
Je trouve à cet album un petit côté "endless of pain" de Kreator. Je dois avouer mon faible pour cet album rugueux et diablement efficace avec ses breaks "special baston dans la fosse" ou "casse cervicales"...la voix est hargneuse et haineuse.
Une sacrée réalisation qui va rejoindre les pepites de cette epoque benie ou la jonction death et thrash etait si evidente.
Merci pour cette chro.
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