Les amateurs de metal toujours plus extrême, lourd et broyeur de nuque vous conseilleront très probablement l'écoute de ces innombrables groupes de « slam death » ou « slamming death » ou encore « slamming brutal death ». Facilement reconnaissables de par leur, le plus souvent, subtiles noms (
Vulvectomy,
Kraanium,
Visceral Disgorge,
Analepsy,
Syphilectomy...) et leurs pochettes défiant toujours les limites de l'insoutenable, ces groupes dont on pourrait définir la musique par des riffs ultra bourrins, carrés et lourds accompagnés de vocaux purulent, semblent s’agglutiner en masse dans la scène extrême depuis les années 2000. Le groupe qui nous intéresse donc aujourd'hui est le mutant anthropophage de Biélorussie : Extremination Dismemberment.
Formé en 2009, le groupe avait déjà délivré en 2010 son premier full-length,
Butcher Basement. Ultra bourrin et carré, le groupe montrait alors sa puissance de frappe, sans pour autant se montrer hors du commun, faute d'assortiments intrigants qui auraient pu lui forger une identité propre. Et en 2013 alors, le second carnage du combo fièrement nommé «
Serial Urbicide » nous tombe entre les mains. Et autant dire qu'après l'écoute de cette onde de choc, il ne reste plus grand chose de la ville.
Car cet album, bandes de masochistes, est véritablement un massacre auditif, une explosion dans vos tympans, une perceuse vrillant votre crâne, une barre de fer dans votre estomac. On le sent passer. La pochette représente parfaitement le titre de l'album, montrant au premier plan une créature enragée démembrant un homme sur une pile d’innombrables cadavres. Ses congénères au second plan invitent notre regard à se porter sur l'arrière plan, dévoilant une ville, symbole de la civilisation probablement, totalement ravagée.
Après une brève introduction « Evisceration Conceiving », le premier marteau piqueur « Disemboweled
Engorgement » nous assène les premières ondes directement dans les tympans.
La qualité sonore est clairement améliorée, la production étant bien plus lourde et moins monotone que sur
Butcher Basement.
Tout au long de l'album, le groupe n'hésitera pas à user de bass-drop, dont les meilleurs exemples sont à écouter sur le premier morceau, «
Serial Urbicide » ou encore «
Survival ». Un véritable régal qui amplifie intensément la violence de la musique dont elle semble en être l'apogée.
S'il y a bien un point où le combo ne fait pas du tout dans l'innovation, c'est clairement dans les vocaux totalement incompréhensibles et cruellement monotones.
Il est évident que le « slam death » n'a pas pour but d'être une musique très innovante, mais fort heureusement le groupe ne manquera pas de varier un tant soit peu sa musique en insérant quelques passages rapides, soutenus par une batterie démentielle alternant les breakdowns en accompagnant les guitares accordées au plus bas et les matraquages supersoniques. On appréciera également les harmoniques répondant présent sur la totalité des morceaux. La dernière longue piste (plus de 6 minutes) s'achèvera par ailleurs sur quelques notes de synthétiseur et sur une outro où résonne le bruit de la chair macérée.
On peut donc penser que Extremination Dismemberment a un bel avenir dans la scène « slam death » puisqu'une progression très nette est remarquable entre cette production et la précédente. Le groupe a par ailleurs très bien su attirer l'attention sur lui car il était quasiment inconnu avant cet album. Il a su placer à travers sa musique extrêmement lourde un côté technique qui est parfaitement bienvenu. On imagine donc aisément qu'il saura se trouver une place sur les têtes d'affiches, aux côtés de
Kraanium ou d'
Abominable Putridity s'il continue à faire preuve d'autant de puissance et d'un minimum de variété dans sa musique.
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