Actif dès 1993,
Defaced Creation aurait pu reprendre le flambeau des
Unleashed ou Grave déjà sur le déclin. Il se trouve pourtant que le combo de Zeb Nilsson a pioché ses influences de l’autre côté de l’Atlantique, préférant semble t-il l’agressivité et la percussion américaine, à la fameuse lourdeur swedish. Après quelques sorties confidentielles (démo, EP,…), le quintet d’Östersund se voit offrir la possibilité de mettre en boîte un full-lenght chez la petite structure VOD Records, le résultat se nomme
Serenity in Chaos (1999).
La pochette représente sobrement le visage des membres dans l’ombre, avec le logo et le titre de l’album en lettres de sang, une sorte de
Pure Holocaust façon Death
Metal : simple mais efficace. Efficacité qui est un maître mot ici, à l’image du redoutable Baptised in
Fire qui débute la galette, un morceau direct avec un riffing assassin ne laissant aucun répit, ceux qui connaissent le morceau Soulicide
Demon Might de
Crown Of Thorns repèreront tout de suite la ressemblance du riff à 0 :37. Parmi les morceaux marquants
Devastation est l’un des meilleurs et porte plutôt bien son nom, avec une succession de riffs qui n’auraient pas dépareillé sur
Once Upon the
Cross. Au registre « matraquage chirurgical »,
Macabre Exposure of Fleshly Devotion se pose là également, avec un double pédalage écrasant et des guitares incisives soutenus par les vociférations agressives de Dahlström : mortel !
Au passage on notera le nom des danois de
Corpus Mortale (totalement inconnus à cette époque) dans les remerciements du livret, une preuve indéniable du bon goût de ces messieurs (Ben quoi ? Ca fait longtemps que j’ai pas relancé mon lobbying)
Rien qu’avec leur patronyme (évoquant immanquablement l’invincible combo de Fort Lauderdale,
Malevolent Creation), le vocaliste Tommy Dahlström et ses amis semblent tout droit sortir de Floride, les guitares tranchantes de la paire Nilsson / Bylander ne sont pas sans rappeler celle d’un
Deicide, et comme le chant parfois doublé Black / Death est proche de celui de Glen Benton, inutile donc de vous faire un dessin sur l’influence principale du combo.
Cela dit
Defaced Creation n’est pas uniquement un clone de
Deicide, les compositeurs sont suffisamment intelligents pour proposer quelque chose de personnel, notamment grâce à la présence récurrente d’harmoniques sifflées destructrices : celles de Enslave the Christians sont à se décrocher la tête.
Délaissant volontairement le côté crasseux / catacombe érigé en norme dans leur pays, les suédois proposent un Death
Metal très percutant, belliqueux et avec une production en acier trempé mais très organique, à ce titre on soulignera le remarquable travail de l’ingénieur du son Johan Hjelm au Courthouse studio. Toutefois l’ensemble sonne encore très 90’s, d’ailleurs même si l’album est irréprochable, il se contente de réciter les poncifs du Death
Metal sans aller au delà, pas étonnant dans ce contexte que
Defaced Creation n’ait pu accrocher le wagon de la nouvelle génération emmené par
Cryptopsy,
Hate Eternal,
Nile ou ses compatriotes de
Anata, plus innovateurs, plus créatifs, plus ultimes, et déjà tournés vers le millénaire qui s’annonce.
Le quintet se séparera peu après la sortie de cet unique album, mais la majeure partie du line-up ne s’arrêtera pas là, remontant immédiatement un nouveau projet nommé
Aeon, ces derniers ayant gardé de larges influences de leur première mouture, je ne peux donc qu’exhorter les fans à acquérir ce disque de
Defaced Creation, même si ce ne sera pas une mission facile (jusqu’à une hypothétique réédition).
BG
un must-have!
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