Sequences

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15/20
Nom du groupe Green Labyrinth
Nom de l'album Sequences
Type Album
Date de parution 23 Juin 2023
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Dreamland
 08:12
2.
 Haunted
 05:23
3.
 Limited
 06:43
4.
 The Art of Betrayal
 06:42
5.
 Trapped Soul
 07:02
6.
 Brave the Storm
 07:57
7.
 Enemy
 08:08
8.
 Meaning of Life
 06:43
9.
 The End
 05:28

Durée totale : 01:02:18

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Green Labyrinth


Chronique @ ericb4

16 Juillet 2023

La colombe helvétique ouvre désormais plus largement ses ailes pour un voyage ascensionnel...

S'il est des formations soucieuses de prendre le temps nécessaire à la pleine maturité de leurs gammes et de leurs arpèges avant de revenir dans la course, cet expérimenté quintet suisse serait assurément du nombre. En effet, créé en 2008, le combo helvétique ne mettra pas moins de six ans avant d'accoucher de son premier album full length, « Shadow of My Past », une élégante et subtile auto-production que neuf longues années sépareront de son second opus, « Sequences », effort généreux de ses 62 minutes signé, lui, chez le puissant label allemand Fastball Music. Indice révélateur d'une certaine envie d'en découdre de la part de nos compères. Armés de ce set de 9 partitions, nos cinq acolytes constitueraient-ils dès lors de redoutables challengers dans un registre metal abondant en formations de tous poils dont de jeunes loups aux dents longues ? D'inédites sonorités ainsi qu'une touche supplémentaire d'originalité sont-elles dorénavant inscrites au cahier des charges, conditions si ne qua non pour espérer assurer au projet une certaine pérennité ?

Suite à un remaniement partiellement du line-up, nous ouvrent désormais les portes de leur royaume : la mezzo-soprano Seraina Schöpfer (Dreams In Fragments), en remplacement de Lara Senn (ex-Drunken Warlock), en qualité de frontwoman, dont le filet de voix s'apparenterait, lui aussi, à celui de Tarja, le guitariste David Vollenweider (ex-Drunken Warlock), le claviériste Tom Hiebaum, le bassiste Stephan Kaufmann (ex-Emerald, ex-Inishmore) et le batteur Matthias Dätwyler. De cette étroite collaboration naît un propos rock'n'metal mélodico-symphonique dans le sillage de Nightwish, Xandria, Amberian Dawn et consorts. Si elle parsemait hier certaines séries de notes, voire quelques passages, la fibre progressive serait aujourd'hui véritablement mise à l'honneur ; état de fait traduisant toutefois davantage une certaine évolution stylistique qu'une réelle métamorphose du projet. Bénéficiant, comme son devancier, d'une ingénierie du son passée au peigne fin, ne concédant dès lors que peu d'irrégularités sonores, la rondelle assure ainsi un confort auditif autorisant son parcours d'un seul tenant. Mais montons plutôt à bord du vaisseau amiral pour une traversée au long cours...


A l'aune du précédent effort, le groupe marquerait ses premiers points à la lecture de ses plages les plus magmatiques. Ainsi, voguant sur un pénétrant sillon mélodique tout en nous assénant d'inaltérables et puissants coups de boutoir, l'impulsif et ''xandrien'' « Haunted » n'aura pas tari d'armes pour asseoir sa défense. Et ce ne sont ni les pénétrantes impulsions de la déesse alors greffées sur une mélodicité toute de fines nuances cousue, ni le fuligineux solo de guitare décoché à mi-morceau qui nous débouteront de ce hit en puissance, loin s'en faut. Dans cette dynamique s'inscrit également l'entraînant et ''amberiandawnien'' up tempo syncopé « Limited » ; voguant sur d'ondoyantes nappes synthétiques, octroyant de seyants arpèges d'accords et laissant entrevoir un break opportun – alimenté de délicates gammes pianistiques ainsi qu'un fin legato à la lead guitare – que vient aspirer une bondissante reprise sur la crête d'un entêtant refrain, le grisant méfait ne saurait davantage être éludé. Dans cette veine se place l'endiablé « Meaning of Life », qui, au vu d'un pont relayant un poignant solo de guitare et de somptueux arpèges au piano, aspirera non moins le tympan du chaland. Difficile, enfin, d'ignorer le palpitant « The Art of Betrayal », notamment au regard de son pont techniciste à mi-piste où se relayent harmonieusement guitare rythmique/violon samplé/serpent synthétique/solo à la lead guitare.

Comme dit, plus qu'il ne l'a consenti jusqu'alors, le collectif helvétique a fait la part belle aux pièces en actes symphonico-progressives : trois pour vous servir, d'environ 8 minutes chacune. Bien lui en a pris. A commencer par « Dreamland », altière fresque dévoilant un spectacle épique et romanesque, où les troublantes modulations de la diva font mouche où qu'elles se meuvent. Variant ses phases rythmiques et atmosphériques à l'envi tout en maintenant un sillon mélodique apte à nous retenir plus que de raison, bénéficiant de la frissonnante présence d' Elia Schmidt (Askara) aux growls, et jouissant d'arrangements instrumentaux de fort bonne facture, la ''nightwishienne'' offrande ne saurait être esquivée. Un poil plus complexe, le polyrythmique et chevaleresque « Brave the Storm » ne repose pas moins sur un infiltrant cheminement d'harmoniques. Recelant d'insoupçonnées montées en régime du corps orchestral et magnifié par les prégnantes envolées lyriques de la belle, que finissent par rejoindre les serpes oratoires de son acolyte de growler, le luxuriant et tortueux propos laissera quelques traces indélébiles dans la mémoire de celui qui y aura plongé le tympan. Un zeste plus tourmenté, « Enemy » décoche, lui, ses riffs en tirs en rafale adossés à une sanguine rythmique ainsi qu'un mémorable solo de guitare. Et le sauce prend, in fine.

Lorsque la cadence se fait un poil plus mesurée, nos acolytes trouvent là encore matière à encenser le pavillon. Ce que prouve, tout d'abord, le ''nightwishien'' mid tempo « The End » eu égard à ses enchaînements intra piste ultra sécurisés. Doté d'un refrain immersif à souhait mis en habits de lumière par les chatoyantes inflexions de la sirène, parallèlement pourvu de deux fringants soli, l'un au synthé, le second à la lead guitare, l'enivrant méfait ne se quittera qu'à regret. Dans cette mouvance, le mid/up tempo syncopé « Trapped Soul » recèle également de solides arguments, aptes à nous rallier d'un claquement de doigts à sa cause, à commencer par son fondant refrain et un flamboyant solo de guitare que n'aurait nullement renié Lanvall (Edenbridge), c'est dire !


A la lecture de ce second opus, la colombe helvétique a indéniablement ouvert plus largement ses ailes aujourd'hui qu'hier, et ce, pour un voyage ascensionnel que rien ni personne ne saurait enrayer. Enrichi d'une coloration progressive bien prononcée, le message musical a gagné en brio technique ce qu'il n'a aucunement perdu en substrat mélodique, loin s'en faut. Jouissant également d'une production d'ensemble et de prestations vocales difficiles à prendre en défaut, le rayonnant propos n'accuse, en prime, pas l'once d'une zone de remplissage ni un quelconque bémol susceptible de frustrer un tympan déjà familiarisé avec les vibes de leurs maîtres inspirateurs.

Variant dorénavant davantage ses phases rythmiques que ses ambiances, tendant à stéréotyper quelque peu ses exercices de style, instrumentaux et ballades manquant ici à l'appel, et peinant parallèlement à consentir l'une ou l'autre prise de risque, la troupe a néanmoins compensé ces carences par des arrangements de bonne facture, une charge émotionnelle dorénavant plus difficile à contenir et moult sonorités singulières. Bref, un propos aussi complexe et luxuriant que solaire et troublant, plaçant dès lors la formation suisse parmi les outsiders avec lesquels la concurrence devra composer, et surtout se méfier. Qu'on se le dise...

Note : 15,5/20

1 Commentaire

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MetalSonic99 - 17 Juillet 2023:

Merci pour la chronique toujours aussi agréable à lire. Tu as raison sur le fait que ce sont des outsiders car ici on sent la recherche dans les compositions et la voix de la chanteuse est en harmonie avec le reste! Pas d'écart, pas de fausses notes etc. En tout les cas, je suis conquis! Merci 

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