Initialement formé au début des années ’90 à Vimpeli, à l’ouest de la Finlande, aussi loin de l’antre d’Oulu que celui d’Helsinski,
Apoplexy se rebaptise
Excrement avant d’enregistrer sa demo-tape
Flesh and Blood en 1993. Cette maquette lui permet de décrocher un contrat avec le label allemand
Invasion Records, ayant déjà sorti le premier mini-CD de son voisin
Vomiturition, issu de Vassa, située encore plus à l’ouest du pays.
Fin mai ‘94, durant deux journées,
Excrement rejoint ainsi les fameux studios Tico-Tico d’Ahti Kortelainen, précédant de quelques semaines
Impaled Nazarene et
Mythos, qui s’apprêtent à boucler leurs albums Suomi Finland
Perkele et
Pain Amplifier. Le quatuor en ressort avec un mini-CD de cinq titres (sans compter l’intro), nanti d’une pochette de Michael Shindler, un dessinateur ayant pas mal travaillé pour le label
Invasion Records, notamment auteur des illustrations de
Blasphemy Made
Flesh et Ma Belle Scalpelle (
Cryptopsy,
Defleshed).
Muni d’un patronyme à chier (c’est le cas de le dire) sans logo particulier, d’un MCD à la pochette commune et d’une production standard des studios Tico-Tico à la
Demigod,
Belial &
Mordicus (néanmoins d’une excellente facture habituelle),
Excrement pratique un deathmetal typiquement finlandais, pour un résultat très scolaire. Bien bâties, ses compositions n’en restent pas moins convenues, bis-repetita des œuvres glorieuses de ses jeunes ainés comme
Demigod. Placé en ouverture,
Corpse Fucking Art tient le haut du pavé, plusieurs crans devant les autres titres, bénéficiant d’une articulation et d’une montée en puissance idéales, se hissant parmi mes morceaux deathmetal favoris issus de Finlande.
A l’instar de
Mythos,
Vomiturition &
Adramelech (sans compter
As Serenity Fades,
Scum &
Tenebrae en doomdeath),
Excrement peut être considéré comme l’un des derniers groupes issus de la première vague deathmetal finlandaise, auteur d’une première réalisation à partir de ‘94, année où le style perd du terrain, et plus particulièrement en Finlande où de nombreux pionniers se détournent déjà du style originel, en y injectant de fortes doses de rock (
Convulse) ou de folk (
Amorphis). Le quatuor disparait par ailleurs des radars après la parution de son unique mini-album qui, sans être indispensable, n’en demeure pas moins typique de son époque, à commencer par son superbe morceau
Corpse Fucking Art.
++ FABIEN.
Bonne chronique qui m'a fait découvrir un très bon disque.
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