Entre 1996 et 1997, probablement parce qu'il s'ennuyait de ne plus jouer dans le Pan-Thy-Monium de son frère, Dan
Swanö décide de sortir un EP conceptuel sur "Tintin".
Plouf plouf.
Je recommence.
Entre 1996 et 1997, revigoré par un énième passage télé de l'excellente série animée consacrée aux aventures du célèbre reporter belge du "petit Vingtième", le docteur Krollspell, Allan, Seraphin Lampion,
Wolf, le docteur Müller, Szut, le colonel Sponz, Abdallah et le général Alcazar décident de prendre des instruments et de monter un groupe, qu'ils font produire par le professeur Hippolyte Calys au château de Moulinsart. Logique donc de prendre comme nom celui du cargo que commandait Allan avant qu'il ne se le fasse piquer par un barbu alcoolique et le-dit reporter.
Non, ça ne va toujours pas.
Je recommence.
En 1996, le groupe de
Death Metal avant-gardiste suédois Pan-Thy-Monium met la clé sous la porte. Projet de Dag
Swanö, frère de Dan, Pan-Thy-Monium s'était fait une spécialité d'être un grand foutoir musical mélangeant Jazz Fusion,
Death Metal et Rock Progressif.
Plus ou moins. Bien que n'étant pas le maître d'oeuvre de Pan-Thy-Monium, on peut penser que c'est clairement à ce groupe que Dan
Swanö a pensé quand il a fondé Karaboudjan.
Si vous ne l'avez toujours pas compris, et ce n'est pas une blague, la thématique de cet EP est bien "les Aventures de Tintin" de Hergé. Si VRAIMENT vous n'avez TOUJOURS pas compris, sachez que derrière les pseudonymes tirés de la BD se cache uniquement Dan
Swanö (voilà, il joue réellement de tout) et que les rares paroles que l'on entend sont des samples tirés de la version suédoise de la série animée.
Voilà, voilà.
Et musicalement, ça donne quoi?
La filiation avec Pan-Thy-Monium saute aux oreilles dès l'ouverture de "Plan 714 Till Sydney". Il ne semble pas y avoir de plan précis, l'ensemble est foutraque au possible et voit partouzer dans la bonne humeur Yes (pour les claviers antédiluviens), des trucs Jazz bien barrés (il y a un saxophone), Mike Oldfield (le solo de guitare entamant "Plan 714 Till Sydney" aurait pu sortir de la période "QE2"/"
Crises"/Five Miles
Out" de l'anglais), le gros Prog Rock/Funk/Fusion/Jazz des Mothers Of Invention (la basse est très slappée et sautille de partout), Saint-Vitus (du gros riff bien gras bien
Doom) et
Ozric Tentacles (pour les passages plus psychédéliques).
C'est un peu l'équivalent sonore du Gloubi-Boulga : décrit comme çà, ça a l'air dégueulasse; puis on goûte, et c'est pas si mauvais; enfin ça atteint l'estomac, et là c'est l'extase totale.
Il n'y a pas vraiment de volonté de faire autre chose qu'un grand chambard, et c'est là tout le talent de
Swanö que d'arriver à le rendre digeste (même le final complètement WTF sans queue ni tête de "Den Mystiska Stjärnan" arrive à être complètement trippant). Il n'y a pas que de la maitrise instrumentale ici (mais elle y est, et elle enterre pas mal de one-man bands de l'époque), il y a aussi une tonne d'idées complètement barrées mais dont l'entassement ne file jamais la migraine. En filigrane, on a quasiment là un brouillon pour certaines idées qui feront leur chemin plus tard dans d'autres projet de Dan, notamment
Nightingale ou son album-solo "
Moontower".
Avec à peine vingt minutes de durée au compteur, "Sbrodj" parvient à éviter d'ennuyer l'auditeur. mieux, par moments c'est même juste jouissif. C'est vraiment dommage qu'il n'ait pas poussé l'expérience plus loin : on parlait à l'époque d'un album concept sur le diptyque "Objectif Lune"/"On A Marché Sur la Lune".
J'aurais adoré écouter ça.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire