Qui l'aurait cru ? Quand on pense que les Américains de
The Breathing Process avaient définitivement tourné la page de leur histoire en 2013, car, malgré deux albums de qualité, la reconnaissance n'était pas vraiment au rendez-vous, le groupe restant à la croisée entre l'ombre de l'inconnu et la lumière de la célébrité. Mais la difficulté à percer dans le monde sclérosé du
Deathcore et les changements incessants de membres, dont le plus lourd de conséquence fut celui du chanteur John LaFreniere en 2010, ont poussé le groupe à finalement cesser tout projet en 2013.
Cinq ans se sont écoulés depuis l'enterrement, et alors que rien ne nous y préparait, voilà que nos Américains ont annoncé leur retour sur le devant de la scène avec un nouveau single, le très destructeur "
Supervoid", et que le tout sera suivi d'un nouvel album. Cinq ans de réflexion auront permis à Jordan Milner, guitariste et unique rescapé de la formation d'origine de reconstituer une équipe stable, et de repartir à la charge. Et ce nouveau disque intitulé "
Samsara" se veut être l'acte de renaissance des Américains dans leur conquête du trône du
Deathcore symphonique qui jusque-là leur semblait inaccessible. N'attendons plus, jetons une oreille dessus.
L'introduction "Et Hoc est
Infernum" pose déjà les bases de ce qui nous attend : un clavier malsain qui, sur la fin, laisse entendre des percussions martiales, puis c'est là que décoche le premier titre "The Traveler". En cinq ans d'absence, les Américains ont toujours la rage au ventre, et les nouveaux membres le font bien comprendre, que ce soit le nouveau batteur qui a littéralement des réacteurs d'avion à la place des jambes, le claviériste avec ses notes lugubres, ou encore le nouveau chanteur dont le coffre impressionnant fait penser à celui d'Alex Terrible de
Slaughter To Prevail.
Concrètement,
The Breathing Process, c'est un mélange entre
Deathcore et Black symphonique. Du premier style, outre le gros breakdown à la
Whitechapel sur "
Dethroned" (les autres sont très anecdotiques, sans tomber dans les clichés), il s'inspire beaucoup des Australiens de
Thy Art Is Murder période "Holy
War" puisque les éléments Black
Metal ne viennent plus seulement des claviers malsains, comme c'était le cas avant, mais aussi des guitares, qui se laissent aller aux sonorités glaciales comme sur "
Supervoid", et du chant. En effet, le nouveau vocaliste Cody Harmon est vraiment capable d'alterner sans problème entre hurlement strident, vocifération rocailleuse, ou encore vomissure ultra grave. Cela sur le papier risque peut-être d'en effrayer certains, mais avec l'agressivité de la musique, ça passe comme une lettre à la poste.
Pour le côté Black Symphonique, le groupe en reprend les ambiances malsaines. En effet, on retrouve un certain côté gothique à la
Cradle Of Filth comme sur le break de "The Traveler" ou de "The
Nothing". Si certains soutiennent que s'inspirer des Anglais est automatiquement synonyme de mauvais disque, qu'ils s'en aillent, ce sont des mauvaises langues ; ici, le clavier est réduit à des notes d'ambiances suffisamment en retrait pour ne pas étouffer les autres instruments, mais suffisamment présent pour conférer une atmosphère anxiogène et macabre, comme sur "
Supervoid" ou "Into the
Night". A préciser toutefois que, contrairement au prédécesseur "Odyssey (un)dead", il n'y a plus de solos de claviers à la
Children Of Bodom. Et surtout, bien que la guitariste
Sara Loerlein soit toujours membre (contrairement aux autres musiciens, elle l'était déjà sur "Odyssey (Un)dead" avec Jordan Milner), celle-ci ne fait plus aucune intervention au chant clair sur tout le disque, preuve s'il en est de la volonté du groupe d'expérimenter quelque chose de nouveau.
Bien que la musique soit assez dénuée d'originalité (d'un autre côté, dans les deux styles, il est difficile de l'être), il y a toutefois un point sur lequel les Américains se distinguent de leur influence : l'agressivité. En effet, les musiciens frappent très fort, avec des riffs qui ne laisseront personne indifférent, le tout avec une violence qui jusque-là n'a été égalée que par les Italiens de
Darkend. Dès les premières notes de chaque chanson, l'auditeur sera pris dans un tourbillon de violence dont il ne pourra que difficilement s'extraire tant celle-ci est virulente. Et les Américains ne s'encombrent pas de technicité outrancière puisque, sur dix chansons, seules deux possèdent un solo. De par cette puissance de feu accrue, nos Américains en viennent presque à jouer un son qui leur est propre, mais qui, dans tous les cas, surpasse les innombrables productions trop lisses et trop impersonnelles qui pullulent sur les scènes
Deathcore et Black symphonique.
Vous l'aurez compris,
The Breathing Process a soif, soif de sang, soif de pouvoir, soif de reconnaissance, et celle-ci sera bien difficile à désaltérer tant ils frappent avec force. Cinq ans d'absence, et ils sont de retour, plus en forme que jamais, et rien ni personne ne semble en mesure de leur barrer la route.
Sauf qu'Alex est absolument incapable d'aller dans les aigues, c'est là où réside le problème. Après, il est loin d'être un mauvais vocaliste, bien au contraire, il est même très impressionnant mais son travail vocal ne s'arrête qu'aux graves.
Par exemple, The Traveler a des touches assez harmonieuses, très mélodiques, c'est pas simplement du bourrinage et de l'agressivité. Serein n'était peut-être pas le mot le plus adapté mais on comprend l'idée de "plus calme".
Thy Art Is Murder n'a absolument rien de blackened, c'est du Deathcore pur et dur, que ça soit au niveau du vocal, des breakdowns ou encore des riffs. Au niveau du dernier album, on pourrait même dire qu'ils se rapprochent d'un death plus classique.
Je suis d'accord pour Fallujah qui a abandonné l'idée au bout d'un album mais je pense qu'ils n'y sont pas pour rien et qu'ils sont su tentés d'autres formations à en faire (de manière plus ou moins réussi).
@Groaw : pas grand chose de symphonique ? on n'a pas dû écouter la même chose x) Plus j'écoute plus je suis d'accord sur le mélange black symphonique / deathcore. Limite symphonic blackened deathcore si ça peut vous réconcilier tous les deux.Mais dire qu'il n'y a rien de symphonique euh...http://www.youtube.com/watch?v=sdO2yVqd5Mw
@Matai : pour ce morceau, je ne peux pas nier cet intro symphonique mais je trouve que dans son ensemble, on est plus sur du blackened deathcore mélodique que sur du black death symphonique.
A comparer entre un groupe de Deathcore Symphonique (Shadow Of Intent, que je te conseille vivement d'ailleurs) et un groupe de Deathcore mélodique (Krosis), je trouve qu'on est un peu plus proche d'un Krosis. Après, j'admets que j'ai peut-être un peu exagéré quand j'ai dit qu'il n'y a rien de symphonique (vu que tu as su parfaitement me contredire).
Et t'en fais pas va, nous ne sommes pas fâchés (enfin j'espère) ^^
Oui j'admets que c'est pas le groupe le plus sympho dans le monde du deathcore, mais dire que y'a rien de sympho là dedans, c'est en effet exagéré (les autres morceaux aussi ont leur petit lot de touches sympho).
T'inquiète, je taquinais, je me doute bien que vous êtes pas fachés ! ^^
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