Sadhak, cet obscur groupe venu tout droit des contrées froides de Norvège ne vous dit peut-être rien et c'est bien normal.
Sadhak, c'est le nom du side-project monté par Andreas Hagen, guitariste et batteur des doomsters de
High Priest Of Saturn. Désirant se lancer dans une aventure solo, le multi-instrumentiste donne rapidement vie à ses ambitions sous la forme d'une démo 2 titres auto-produite, sortie en
Septembre 2013 puis rééditée par
Shadow Kingdom Records.
Pour coller à une logique profondément "underground", cette première démo est uniquement éditée sous format cassette (un peu désuet de nos jours) dans sa version physique. L'artwork nous présente quant à lui un vieil homme (qui semblerait devoir être
Faust) penché sous un arbre, surplombant une mer de nuages à ses pieds. Le tout dans des tons grisonnants et froids, cela plante immédiatement le décor. Voyons donc voir ce que nous réservent ces deux titres d'à peu près 9 minutes chacun.
La musique pratiquée par
Sadhak colle assez bien à la première impression véhiculée par son artwork. La première piste, "On The
Arrival Of Man" s'ouvre sur un riff bien massif à la coloration épique qui monte crescendo, soutenu par une batterie lourde et plombée. Ce riff en apparence assez simple, qui servira de motif de base à presque tout le morceau, est répété de manière obsédante sur différentes tonalités, possédant dès lors un pouvoir magnétisant assez élevé. Si on rajoute les vocaux d'Andreas Hagen, l'immersion se fait presque totale.
Celui-ci évolue dans un registre plaintif et éthéré, prenant des accents évoquant tantôt Theo Mindell (
Orchid), tantôt Rob Lowe. Par ailleurs, les vocaux sont volontairement mixés d'une façon particulière, qui donne l'impression qu'ils arrivent de loin, renforçant le caractère planant de l'ensemble. Si le premier titre montre une facette particulièrement lancinante (et réussie) de
Sadhak, "The Perfection Of
Wisdom" varie dans son approche.
Certes on a toujours le droit à ces mêmes ambiances profondément embuées (et ce dès l'arrivée des chœurs à 0:49 qui donnent un feeling définitivement mystique) mais le riff proposé en intro se veut plus entraînant et heavy. Cependant il sera une nouvelle fois contrebalancé par des passages presque suffocants, où le même motif de batterie sera répété à l'envie créant une sorte de tension maladive particulièrement communicative.
Au final, on a le droit en deux titres seulement à une palette assez large de ce que le multi-instrumentiste peut proposer. Des compositions variés, apparemment simples, mais pensées dans les moindres détails (à l'image du solo de la première piste à 7:26, cristallin mais gardant ce côté lugubre et un peu dérangeant, parfaitement dans l'esprit) et servies par une production tout à fait adéquate. Si cette démo reprend bien sur les codes du doom et ne révolutionne rien, elle constitue un premier effort de grande qualité. N'oublions pas que le doom est avant tout une question de feeling et de ce côté-là,
Sadhak semble avoir réussi son pari.
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