Dans la sphère du black il est certes difficile de trouver la pièce qui vous fasse presque regretter de plaisir d’avoir un jour osez mettre lecture. Dans l’évolution incessante du mouvement certains groupes décuplent une aura de décomposition fétide qui confine celui qui l’écoute dans les aléas de la dépression. Ce dont je voudrais parler aujourd’hui c’est du combo T.O.M.B, groupe américain qui tout comme
Xasthur ou
Leviathan nous met le nez juste au dessus d’un charnier crasseux aux senteurs infectes...
Si
Xasthur manie cette oppression sonore au moyen d’un son étouffé, d’une guitare grisante et de claviers mortuaires, T.O.M.B lui joue la carte du déchirement sonore qui se rapproche intimement plus du black-harsh/noise. Il est en effet difficile de restituer les instruments utilisés sur cette cassette et le groupe lui-même affirme que cet enregistrement est l’œuvre de manipulation mécanique et de distorsions acérées à partir de lieux chargés en histoire, maladies et ambiances particulières (regardez le film à l’adresse suivante pour vous faire une idée http://www.todestrieb.co.uk/releases/Tomb/). On pourrait s’arrêter là mais ce serait passé à côté d’une ambiance décharnée et malsaine au possible (et je pèse bien mes mots).
Ecouter cette cassette reviendrait à l’effet qu’on aurait face à gros plan gore.
Brutal, suintant, déchirant... Mélangeant ainsi deux styles connus pour leur abnégation à toutes formes d’humanisme, le combo américain a su créer un magma de forme obscène et d’une violence rare. Quand je parle de violence, je ne parle pas d’un tempo rapide (bien qu’il soit présent) mais d’une ambiance qui colle à la peau comme des vers s’agglutinant sur le visage par un esprit occulte et rituel. Jamais je crois qu’on aurait mieux trouvé une meilleure transposition sonore des films de Lucio Fulci (« L’au-delà », « Frayeurs », « L’éventreur de
New York »). Toutes ces scènes où le corps humain est mis à mal se restitue ici par une agression sonore surréaliste qu’on pourrait presque qualifier de « terroriste ».
Mélangeant titres black complètement noise et morceaux ambiants harsh, le contenu de cette cassette est étouffante et sauvagement malsaine. Pour ainsi dire, il est rare qu’on ressente un tel déballage de stridence et d’insalubrité. C’est tout un état d’esprit, peut-être complètement taré, qui est mis ainsi. L’écoute se change ainsi en expérience de claustrophobie intense comme on en a rarement...
Si la durée de la cassette se révèle courte et concassée (vingt minutes) elle se montre contradictoire à la foule d’horreur qui se dégage lors de l’écoute du dit objet. Et sachez que jamais il n’y a une once de calme ou de plénitude sur «
Sacrilegium » seulement ce qu’il existe de plus innommable. Sûrement pas recommandé aux amateurs de black sophistiqué, T.O.M.B fait partie de ces groupes qui ont poussé le côté craspec du style sur des terrains encore plus néfastes et tortueux le poussant au paroxysme du dérangeant...
Un enregistrement on ne peut plus extrême, signe d’une radicalisation du mouvement qui laisse sur les rotules et l’esprit vagabondé dans ces tunnels obscurs où règnent les atmosphères les plus putrides...
Un choc qu’on n’oublie pas...
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