Arrivé tout droit de Catalogne et formé en 2009,
Morbid Flesh, qui officie dans un death-metal traditionnel, dit « old-school » basique, est peu connu dans nos contrées. Pourtant les Espagnols n’en sont pas à leur premier coup d’essai puisqu’ils ont déjà publié une démo («
Dying Lapidation ») en 2009, un premier long format de bonne facture en 2011 avec «
Reborn in Death » et un Ep en 2014 («
Embedded in the Ossuary »). Le quintet décide d’ouvrir à nouveau les portes de la morgue afin d’y extirper son dernier cadavre nommé «
Rites of the Mangled », chez
Unholy Prophecies et produit par Javier Félez au
Moontower Studios.
Toutes celles et ceux qui connaissent
Morbid Flesh ne seront aucunement décontenancés à l’écoute de ce deuxième méfait, le groupe reprenant les choses là où ils les avaient laissées, appliquant peu ou prou la même recette. Les compositions sont d’obédience « up-tempo » ou « mid-tempo », entrecoupées de blasts intempestifs et de breaks écrasants. «
Burn The Entrails », «
Banished To Oblivion », « Heretics
Hammer » ou «
Feeding Mallows » en sont de parfaits exemples.
L’alternance rythmique sera de mise tout au long de «
Rites of the Mangled » et les passages lourds mettent en exergue les accélérations furieuses. Le propos de
Morbid Flesh est assez simpliste et ne s’embarrasse pas de fioritures, le riffing est souvent puissant, rendant l’ensemble assez efficace. De plus, l’ambiance glauque et poisseuse qui émane de cet album, ainsi que le growl caverneux de Vali, ajoutent à cette atmosphère funeste et morbide. Il faut également souligner une mise en son très propre et très précise, chaque instrument est parfaitement audible.
Cependant, même s’il se révèle assez efficace à certains moments, comme sur « Heretics
Hammer » qui ressort du lot, «
Rites of the Mangled » ne brille pas par son originalité et se révèle assez linéaire dans l’ensemble. Le chant monocorde n’améliorera pas cet état de fait même si le bougre s’essaie à quelques expériences grassouillettes qui rappellent les poètes de
Gutalax. Aussi, cette galette est émaillée de longueurs comme sur «
Burn The Entrails » ou le fatigant «
Evil Behind You » dont un blast bienvenu, qui n’arrivera jamais, sortirait l’auditeur de sa torpeur. Il faudra ajouter à cela le morceau «
Incantation » qui ne parviendra jamais à décoller et vous obtiendrez un skeud peu mémorable.
Très ancré dans un metal de la mort très vieille école, «
Rites of the Mangled », d’une qualité très moyenne, ne sera qu’un album de plus dans le style.
Pas original et bardé de longueurs, cette enregistrement pourra procurer du plaisir auditif aux plus aficionados du style ; pour les autres, la curiosité n’est pas forcément un vilain défaut.
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