Riseback

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14/20
Nom du groupe Riseback
Nom de l'album Riseback
Type Album
Date de parution 03 Mai 2013
Style MusicalMetal Alternatif
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1. Game Powered 03:51
2. Make You Real 03:39
3. The Criminal 03:48
4. My Treasure 03:21
5. Far Away 04:02
6. Try to Say 04:27
7. Fake Numb Face 03:37
8. When the Dreams 03:23
9. Flowerstar 03:12
Total playing time 33:20

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Riseback


Chronique @ ericb4

22 Juillet 2016

Une tonitruante et poignante entrée en matière à l'instar d'un propos encore taillé dans la roche ...

En ces temps d'agitation frénétique cristallisée par une féroce concurrence entre formations metal à chant féminin de tous poils, y ajouter sa petite pierre à l'imposant édifice n'est pas chose aisée, loin s'en faut. Toutefois, parmi les jeunes recrues du metal alternatif à chanteuse s'avance dorénavant, et sans complexe aucun, le jeune quartet stambouliote initialisé en 2010 par la chanteuse à la puissante et angélique empreinte vocale Riella Eskenazi, suivie dans ce projet du guitariste Ali safa Uzun, du bassiste Koner Memili et du batteur Onur Akça. N'ayant eu de cesse d'oeuvrer en studio, sans pour autant négliger la scène, ayant d'ailleurs participé à quelques manifestations nationales et internationales depuis ses débuts (Dorock, Rock'n Rolla, 5th Marmara Rock Days, 13th Istanbul Rock Festival...), le combo s'est laissé une confortable marge de manœuvre pour concocter et accoucher de ce premier effort, faisant davantage figure de fer de lance que de galop d'essai, trois ans plus tard. Ainsi naquit « Riseback », modeste mais sémillante production metal alternatif infiltrée gothique et rock d'une grosse demi-heure où s'enchaînent sereinement 9 pistes d'une durée unitaire relativement courte, n'excédant que rarement les 4 minutes, toutes composées et finement écrites par le collectif lui-même. Un mixage et une balance corrects ainsi qu'une qualité d'enregistrement convenable permettent de suivre le déroulement de cette pièce en actes dans un certain confort auditif, avec un souci du détail transpirant par tous les pores de cette menue galette.

Parmi les pistes les plus immersives, se placent certaines, d'obédience metal alternatif jouxtant le rock mélodique, qui auraient valeur de hit, leur structure tubesque les parant d'atours des plus séduisants, sans pour autant jeter leur âme au diable. Et ce, à commencer par l'entame de l'opus. Ainsi, l'entraînant et délicieusement corrosif « Game Powered », piste rock atmosphérique metallisé, délivre sa fougueuse rythmique étreinte d'une kyrielle de riffs lipidiques, au fil d'une trame mélodique plutôt immersive. Et ce, dans la veine percussive de Bif Naked, avec un zeste de Lacuna Coil dans le déploiement et la combinaison des harmoniques. Un soufflant solo de guitare vient secouer et gorger le tympan d'un legato effilé, interrompant en de rares moments la marche en avant de la déesse, celle-ci n'ayant de cesse de distiller ses claires et pénétrantes inflexions, avec de faux airs de Sharon den Adel en voix de poitrine, sur un titre taillé pour les charts. Il en va de même pour son voisin de bobine. Ainsi, le flamboyant et rythmiquement contrasté « Make You Real », par sa basse vrombissante, frappe le pavillon d'entrée de jeu, pour nous caler dans un cheminement harmonique infiltrant, faisant montre d'une pugnacité corroborée à une mélodicité invitatoires à une quasi automatique adhésion. On est à la confluence des embrasures vocales de Lacuna Coil, d'une saisissante cadence dans le sillage de The Murder Of My Sweet et d'une touche rock d'Ela. Dans cette tubesque mouture aux arrangements de bon aloi, même si quelques aigus tendent à l'emporter, la belle élève sa puissance oratoire d'un cran, alliée à un léger vibrato lui conférant toute sa singularité. Un poil plus mordant, une rythmique syncopée nous accueille sur « When the Dreams », titre gothique mélodique faisant rugir ses riffs au fil d'une roborative et démoniaque structure percussive. On ne restera pas de marbre face aux refrains, plutôt engageants, entonnés avec inspiration par la maîtresse de cérémonie. Un pont technique s'intercale appelant de ses vœux la déferlante, à l'instar d'une mordante et rayonnante reprise sur le refrain. Efficace et rondement mené, au final.

Mais, le combo s'est aussi montré plus offensif, flirtant avec le hard rock ou le rock metallisé, avec de belles pièces à l'appui. Offensif comme il se doit, « My Treasure » claque sans ménagement, à la manière de Lacuna Coil. Fulminant à chaque portée, déployant ses riffs à l'image de véritables rouleaux compresseurs détruisant tout sur leur passage, ce bouillonnant titre rock metallisé fait la part belle aux blasts, aux violents coups d'olive assénés à la double caisse autant qu'à une section rythmique au bord de l'apoplexie. Dans ce volcanique paysage de notes, la princesse vient poser avec un naturel déconcertant son filet de voix, que l'on ne subodorait pas aussi sculptural dans cette dynamique conceptuelle. De son côté, « Far Away », brûlant mid tempo d'obédience hard rock, plein de verve, octroie une flopée de riffs graveleux adossés à une rythmique que rien ni personne ne semble pouvoir perturber. En outre, de fouettants couplets alternent avec des refrains aisément mémorisables, dans l'ombre de Lacuna Coil. Et la sauce prend sur cette vigoureuse plage...

Dans cette mouvance, nos acolytes n'ont tari ni d'inspiration ni d'allant pour nous offrir d'autres passages bien enlevés. Toutefois, on se situe un cran en-dessous des pistes sus-citées de par une aura mélodique un tantinet affadie. D'une part, à la lumière d'un riffing acéré et rocailleux, on entre dans un champ de braises incandescentes sur le saignant « The Criminal », délivrant son lot de blasts et des meurtrissures de fûts à la chaîne. Ce brûlot se range parmi les influences directes de Doro, avec la signature vocale de la sirène en substance, n'ayant pas maille à partir avec une trame hard rock où elle semble particulièrement à son aise. Foncièrement, incisif, diablement virulent, impitoyablement brutal, ce morceau renferme quelques trésors d'ingéniosité en matière d'accords pour nous pousser à y résider, alors même que la ligne mélodique tend à se niveler, n'offrant que peu d'alternatives oscillatoires. D'autre part, le ravageur « Fake Numb Face » fait rutiler ses riffs, rougeoyer sa rythmique, pour nous conduire en des terres magmatiques où poser le pied serait pure hérésie. Diluvien à souhait, sans concessions, ce caractériel passage nous aspire dans une aliénante tourmente d'où il apparaît difficile de s'extirper sans endolorissement de nos pavillons. On aurait néanmoins souhaité un tracé mélodique moins linéaire, même si le headbang ne pourra être esquivé, notamment lorsque la cavalerie s'emballe pour ne plus s'arrêter un seul instant.

Enfin, la troupe n'a pas omis de nous livrer ses mots bleus, composés avec finesse, restitués avec élégance et sensualité. Aussi, quelques subtils arpèges au piano entament « Try to Say », délectable et sensible ballade, servie avec les honneurs par une sirène en habits de lumière, prête à nous cueillir dans ses filets. Sans mièvrerie aucune, ce moment intimiste aux airs d'un slow qui emballe gagne en puissance au fur et à mesure de son introspection, tout en sachant desserrer l'étreinte au moment opportun. On appréciera un joli picking à la guitare acoustique, par contraste relayé par les chatoyantes et troublantes patines de la douce sur la crête du refrain. Pas de doute, on touche du doigt la parfaite harmonie entre les éléments, l'émotion requise étant alors au bout du chemin et peut-être un peu plus... De même, de soyeuses gammes octroyées par le maître instrument à touches corroborent le parcours de la douce sur « Flowerstar », fondante ballade sous-tendue, cette fois, par un parterre synthétique sécurisant. D'insoupçonnées variations transpirent de chacune des portées de la partition, parfaitement restituées par l'interprète, mêlant de délicates fêlures, d'angéliques volutes et d'un stupéfiant élargissement de son spectre vocal. Sur une tonalité plaintive, elle parvient à enivrer nos sens, à libérer une larme que l'on se surprend à voir dévaler sur notre joue. Ayant ainsi liquéfié toute tentative de résistance, au demeurant bien vaine, on comprend qu'il n'y a plus qu'à laisser la magie opérer...

Pour un premier jet, le jeune groupe turc signe une œuvre forte, habile, prégnante, quelque soit le registre rythmique ou atmosphérique d'investissement. Encourageant par bien des aspects, ce louable effort serait susceptible de permettre à nos quatre compères d'amorcer un début d'ascension sur la scène metal internationale. D'ailleurs, ils sont déjà à pied d'oeuvre pour leur second opus, ayant amorcé l'écriture de quelques compositions, encore sous le coude. Pour l'heure, les aficionados des sources d'inspiration sus-citées, ils trouveront dans cet introductif propos de quoi se sustenter, à condition de ne pas céder à la tentation de la comparaison, cette verte formation devant encore confirmer les espoirs qu'un public local et les critiques ont placés en lui. En effet, s'il n'y pas de réel faux-pas dans cette rondelle, il conviendra encore d'affiner le trait, par des lignes mélodiques plus précises, des séries de notes mieux enchaînées entre elles, davantage de diversité technique et atmosphérique, un poil d'originalité supplémentaire, pour l'emporter. On attend donc leur second message musical non sans une pointe d'impatience...

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