Golden Dawn se sera fait connaître quatre ans après sa formation en 1992 avec la sortie du premier album «
The Art of Dreaming », une œuvre s'inscrivant dans le patrimoine du black metal. L'approche musicale se tournait vers la deuxième vague de ce style, tout en prenant des éléments symphoniques, épiques et médiévaux pour un résultat assez novateur et ambitieux. Si l'opus récolta de très bons avis le rendant quelque peu culte pour certains, le one-man band guidé par Stefan Traunmüller pris de l'assurance afin d'enrichir ses prochaines œuvres.
En 1998, le démantèlement de son label de l'époque,
Dark Matter Records, l'empêcha de finaliser une autre pièce qui aurait du s'appeler «
Sublimity », ce qui le coupa dans son élan. Une signature se fit ensuite chez
Napalm Records afin de ré-éditer le «
The Art of Dreaming » et de sortir en 2003 «
Masquerade », aux côtés de musiciens que Traumüller aura recruté entre temps histoire d'enrichir son black metal d'influences power voire gothiques, sachant que les parties batterie ont été réalisées par Moritz Neuner (
Graveworm,
Abigor,
Dornenreich).
A cause de la direction commerciale du label, un nouvel opus fut rejeté et Traunmüller décida de continuer tout seul. Désireux de s'échapper des mélodies gothiques et des contraintes de l'esprit « commercialiste », il se focalisa sur la mise en place de son propre studio d'enregistrement et aida à produire certains groupes tels que
Wallachia et Bifröst. Ce n'est qu'en 2009 que la nouvelle œuvre prit forme, «
Return to Provenance ».
Le titre peut intriguer si on le traduit. « Retour au Source ». Devons-nous nous attendre à un retour vers son black metal d'antan, libéré de tout aspect gothique et proche du côté quasi "raw" et médiéval qui avait tant plu ?
Pas si sûr...car même si le sieur a trouvé un label à sa hauteur loin d'être contraignant (
Non Serviam Records), il n'empêche qu'il existe un paradoxe étrange qui est, l'accessibilité des compositions. Les huit morceaux jouissent d'une production lisse et clean, loin du côté limite "raw" des premières sorties. Ajoutez à cela le côté simpliste des mélodies, parfois déjà entendues, le manque d'originalité et de matière, et vous pourrez vous faire une idée du nouveau
Golden Dawn.
Ne vous y méprenez pas, l'album n'est pas mauvais en soit, mais disons qu'il aurait pu être meilleur au vu du passé de ce one man band.
Exit les influences
Bathory, ici on se retrouve plus avec un mélange de
Satyricon,
Secrets Of the
Moon,
Dimmu Borgir (EDT),
Ancestral Legacy («
Nightmare Diaries ») et
Sear Bliss (les premiers albums) pour un black mélodique plutôt atmosphérique où l'accent est porté sur les guitares et leur modulation. Les ambiances sont tournées vers une certaine mélancolie, sont non plus être gothiques, à l'image de «
Return to Provenance », plutôt lent mais très posé, à l'esprit black évident, où les accélérations sont du plus bel effet, avec ce léger côté épique et ce soupçon de chant clair.
Avec « Dyonisian
Eucharist », les envolées mélodiques à la guitare et les blast beats sont de la partie, soutenus par le chant hargneux de Traunmüller et un léger côté sombre. Et même si des passages acquiert de l'agressivité au fil de l'album, cette dernière reste tout de même moins relevée, les mélodies l'étouffant quelque peu. Par contre, « Seduction » est empli d'une aura assez accrocheuse, le refrain étant bien mesquin et les claviers pour une fois mis en avant. On est ici plus proche d'un certain type de black symphonique.
Malgré son côté énergique et trop classique, il manque tout de même une pointe de magie et de rêverie au sein de ce «
Return to Provenance », prouvant une fois de plus, malgré son titre, que
Golden Dawn a tourné la page. Toutefois, cet opus reste meilleur que le dernier «
Masquerade », sorti neuf ans plus tôt, bien que certaines influences soient là, et il est normal que l'on puisse être déçus, surtout si on a connu le one man band à son apogée avec «
The Art of Dreaming ». A vouloir ne pas en faire de trop, on se retrouve finalement avec un ensemble peut-être trop basique.
A l'occas je me pencherai sur celui-ci, même si à la lecture de ta chronique il semble plus "faible".
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