Return from Good and Evil

Liste des groupes Metal Symphonique Exordum Return from Good and Evil
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15/20
Nom du groupe Exordum
Nom de l'album Return from Good and Evil
Type Album
Date de parution 14 Août 2020
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Prelude to...
 01:29
2.
 Rebellion
 05:06
3.
 Arise from the Abyss
 06:05
4.
 La Media Luna
 04:33
5.
 It's Time
 05:50
6.
 A Forest of Doubts
 06:04
7.
 Mirror of Tears
 05:19
8.
 Erase the Pain
 04:42
9.
 Dance of Marionettes
 05:55

Durée totale : 45:03

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Exordum


Chronique @ ericb4

26 Mars 2022

Un premier mouvement d'une rare intensité émotionnelle...

S'il est des formations désireuses de prendre le temps nécessaire à la pleine maturité de leurs compositions avant de se lancer dans l'arène, cet expérimenté quintet mexicain de metal symphonique à chant féminin lyrique serait assurément du nombre. En effet, s'il accoucha de son introductive démo, « « Lord Slayer » l'année même de sa création, en 2007, et de deux singles – « Dance of Marionettes » et « Time » – , l'année suivante, le combo ne sortira son premier et présent album full length, « Return from Good and Evil », que quelque douze années plus tard. Ce faisant, le collectif latino-américain nous livre une galette de 9 pistes à la fois enjouées et romanesques, égrainées sur un ruban auditif de 45 optimales minutes. Armés de ce propos, nos acolytes peuvent-ils dès lors se poser en espoirs avec lesquels l'âpre concurrence devra composer ?

Dans cette aventure, après un remaniement partiel de l'équipe, nous accueillent désormais : la mezzo-soprano Luvia Ovando (dite ''Luinë Isil'' ; ex-Neith, ex-The Legion Of Hetheria, guest chez Hada De Beng...), en remplacement de Mónica Martínez (ex-Antiqua)  ; Iván Serna (dit ''Ivanhorts'') aux guitares ; Octavio García (dit ''Tavo'') à la basse et au chant additionnel ; Daniel Cabrera aux claviers ; Armando G. de los Ríos (dit ''Armethar''), en lieu et place de Christopher Sánchez, derrière les fûts et au chant additionnel. De cette étroite collaboration émane un message musical d'obédience rock'n'metal mélodico-symphonique opératique, un brin progressif, gothique et cinématique, et infiltré de sonorités hispanisantes, inspiré par Nightwish, Diabulus In Musica, Xandria, Stream Of Passion, Fortaleza, Anabantha, Elessär, et consorts. L'opus jouissant en prime d'une qualité d'enregistrement de bon aloi et, tout comme pour leurs compatriotes de Dakuri, d'un fin mixage dispensé par le batteur Ali Rebollar (ex-Beheading), un tour du propriétaire s'impose...

C'est en de magmatiques espaces que nous mène volontiers le combo mexicain, celui-ci essaimant quelques gemmes dans son sillage. Ainsi, passée la brève et cinématique entame instrumentale aux arrangements ''nightwishiens'', « Prelude to... », les éléments ne sauraient tarder à se déchaîner. Ainsi, le bien-nommé « Rebellion » se pose tel une véritable torche incendiaire à mi-chemin entre Nightwish, Stream Of Passion et Fortaleza. Pourvu de riffs crochetés, doté d'un furieux tapping et recelant de sidérantes montées en puissance du corps orchestral, ce rayonnant mid tempo symphonico-progressif se pare en prime d'un refrain immersif à souhait mis en exergue par les poignantes envolées lyriques de la sirène, non sans rappeler celles d'Alejandra Barro (Elessär). Mais le magicien a encore d'autres tours dans sa manche...

Un zeste plus offensifs d'autres espaces d'expression pourront à leur tour happer le pavillon du chaland. Ainsi, éminemment incisif et surmonté de grisantes rampes pianistiques, « It's Time » nous immerge au sein d'un enchanteur paysage de notes. Au carrefour entre Xandria et Elessär, dansant sur d'ondoyantes nappes synthétiques et porté par une interprète s'autorisant à tutoyer, et sans trembler, les notes les haut perchées, ce frondeur et frémissant manifeste ne se quittera qu'à regret. D'autre part, dans le sillage de Diabulus In Musica, se glisse « Erase the Pain », up tempo endiablé, pourvu d'un entêtant refrain et d'un pont techniciste de clôture des plus poignants. Et la magie opère, une fois encore.

Sur un même modus operandi et dans un souci de diversification atmosphérique, certains passages se voient magnifiés de plus vives colorations latino-américaines. Aussi, c'est en langue espagnole et infiltré d'envoûtants arpèges d'accords que nous est adressé « La Media Luna » ; jovial et engageant effort metal symphonique dans l'ombre d'Anabantha, parsemant de fulgurantes accélérations du dispositif instrumental, et mis en habits de lumière par les seyantes inflexions de la diva que vient parfois rejoindre une bête growleuse aux abois. Mais nos gladiateurs sont encore loin d'être à bout d'arguments pour assurer leur défense...

Quand ils nous mènent en d'intimistes espaces, nos compères se muent alors en de véritables bourreaux des cœurs en bataille. Ce qu'illustre « Mirror of Tears », ballade romantique jusqu'au bout des ongles et pétrie d'élégance ; un soyeux et enveloppant passage tamisé que n'auraient nullement renié ni Xandria, ni Diabulus In Musica. Glissant le long d'une radieuse rivière mélodique sur laquelle se greffent les magnétiques volutes de la maîtresse de cérémonie, et se chargeant en émotion au fil de sa progression, l'instant privilégié ne saurait être éludé par l'aficionado du genre.

Mais là où la troupe serait au faîte de son art concerne les pièces en actes estampées metal symphonico-progressif. Ce qu'atteste, d'une part, « Arise from the Abyss » épique et ''xandrien'' méfait aux moult rebondissements, assorti d'une chatoyante empreinte latina, et partiellement calé sur le schéma oratoire de la Belle et la Bête ; une complexe et solaire offrande où les angéliques modulations de la déesse font mouche où qu'elles se meuvent. Tout aussi tumultueux et réservant son lot de surprises, le corpulent et ''nightwishien'' up tempo syncopé « A Forest of Doubts », lui, livre d'insoupçonnées variations atmosphériques, rythmiques et vocales, tout en égrainant de sémillantes gammes au piano doublées des troublantes oscillations d'une flûte gracile. Et la sauce prend, là encore. Enfin, c'est au cœur d'un étrange ballet des vampires que nous plonge « Dance of Marionettes » ; intrigant et complexe mid/up tempo gothico-opératique aux relents romanesques, où, par effet de contraste, s'infiltrent de joviales notes d'un accordéon samplé. Une manière originale de clôturer le chapitre...

En définitive, le combo mexicain nous octroie une œuvre à la fois volontiers frondeuse et pimpante, parfois épique, quelque peu énigmatique et un brin romantique, incitative à une remise du couvert sitôt l'ultime mesure envolée. Diversifié sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, le luxuriant méfait témoigne parallèlement de qualités techniques et esthétiques que pourraient leur envier nombre de leurs pairs. Si les exercices de style demeurent variés et finement restitués, laissant entrevoir, en outre, des arrangements de bonne facture, l'empreinte de leurs maîtres inspirateurs ne saurait se faire oublier au moment où les prises de risques sont peau de chagrin. Etat de fait qui, à la lecture de ce premier mouvement d'une rare intensité émotionnelle, ne pourrait empêcher de placer le collectif latino-américain en bonne position pour s'imposer parmi les sérieux espoirs de ce registre. Wait and see...

Note : 15,5/20

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