Au cours de mes différentes pérégrinations, il m'arrive très régulièrement de tomber sur des formations sympathiques à la première écoute, mais qui, finalement, ne tiennent pas la route, ou me déçoivent pour X raisons. Je dois sans doute être très difficile ou particulièrement exigeante. Et puis, parfois, je tombe sur des petites tueries qui sortent de l'ordinaire et qui attirent carrément mon attention. C'est le cas de
Red Seas Fire, originaire de Bristol. Le combo a subi de nombreux changements de line-up et a sorti un premier opus en 2011. En 2013, il devait sortir un autre méfait sous l'apparence de trois EPs de 4 titres chacun mais de fâcheux contretemps l'ont contraint à sortir un EP par an. Et, je découvre, au gré du hasard, ce "Resolution" en 2015, dernière partie du triptyque entamé avec "Exposition". Bon, j'ai quand même jeté une oreille aux deux premiers volumes avant de m'attaquer à la bête. Et je dois dire que ce "Resolution" est le plus complet de la trilogie.
Red Seas Fire fait dans le djent, un genre énormément exploité et qui fait couler beaucoup d'encre ici et là. Il y a ceux qui aiment et ceux qui détestent. Difficile de trouver un juste milieu. Je fais partie de la première catégorie, mais avec quelques réserves, puisqu'il faut absolument que le groupe ait sa touche et une petite caractéristique qui fait la différence. Si c'est pour sonner, ressembler à un ersatz de
Meshuggah et compagnie, ce n'est même pas la peine d'y penser.
Red Seas Fire fait dans un djent/prog qui sonne bon la modernité avec des touches électroniques et futuristes et quelques passages atmosphériques, voire carrément ambiants. La technique et le côté "popesque" font penser à du
Periphery, l'alternance chant growlé/chant clair peut rappeler
Tesseract, mais les Britanniques ne sont pas des copies pour autant, comme j'aurais pu le craindre. Ils ont le sens du groove, de la dramatisation, mélangeant passages lourds et dark, et passages plus éthérés et lumineux, à l'image du duo "
Hourglass" / "
Blood Bank". Les riffs polyrythmiques assassins lancent de sacrées offensives et arrivent à nous faire tourner la tête sur des passages entre
Scar Symmetry et
Born Of Osiris.
Le quatuor sait autant faire des titres courts que des titres longs. On passe de 2min30 à quasiment 9min avec "The Mistakes We Make", sans doute le morceau qui m'a le plus impressionnée. Le riffing est énergique et alambiqué, très "tech djent", les samples et les touches de claviers apportent un gros plus, conférant une atmosphère toute particulière. On passe sans difficulté du calme à la tempête avec des guitares sachant être à la fois douces et rugueuses.
Quelques longueurs peuvent se faire sentir, et le chant clair peut parfois taper sur le système (on aurait aimé un peu plus de growls, notamment sur l'émotif "
Ocean Death"). Mais
Red Seas Fire livre un très bon EP, technique, bien ficelé, carré, lourd, dark, électronique, sachant délivrer tout un panel d'émotions. Il termine, en tout cas, en beauté sa trilogie.
Je constate que le son djent couplé d'un chanteur type metalcore est une recette de plus en plus exploitée. Niveau originalité, c'est pas ce qu'il y'a de mieux, donc... Je suis d'accord avec toi, le chant clair tape sur les nerfs ; les synthés ajoutent ce qu'il faut d'ambiance.
Sinon, j'ai vu que les précédents ep et celui-là sont disponibles en téléchargement gratuit sur leur site, avec possibilité de don, c'est vachement cool.
Merci pour la chronique !
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