Malebolgia est la nouvelle sensation brutal death en provenance la maison
Comatose, qui une fois n'est pas coutume chasse sur ses terres natales de Caroline du nord (
Atrocious Abnormality,
Bloodsoaked), contrées jusque là peu connues pour leur production
Death Metal. Si l'on s'en réfère à leur site,
Malebolgia est groupe pas si jeune que ça puisque formé en 2000, mais qui a déjà une tripotée de démos et splits à son actif. En effet, l'âge moyen des membres du groupe se situe autour de la trentaine, et de ce fait semble avoir dépassé la fascination stéréotypée du gore depuis quelques années, lui préférant un concept pas forcement inédit mais forcement plus intelligent basé sur la divine comédie de
Dante.
De plus, bien qu'annoncé comme le nouveau missile brutal death de
Comatose,
Malebolgia n'est pas le pétard mouillé que furent
Blasphemer ou
Bloodsoaked. Ni technique et compliqué jusqu'à la nausée comme le premier, ni peu inspiré (et finalement pas si "brutal" que ça) comme le second,
Malebolgia est beaucoup plus qu'un groupe de brutal death de plus.
Evidemment, il faut aimer le gravity blast permanent et ultra-triggé à 240 Bpm, qui ici ne sert pas vraiment à emballer le rythme, on n'est pas dans un album de Grindcore. Mixée très en avant, comme sur le magnifique "litany" de
Vader, elle ne rend pas l'ensemble plus organique, mais au contraire lui donne un coté froid, inexorable (voila peut être la connexion avec le titre de l'album ?), que je rapprocherais plutôt du premier album de
The Amenta. Le coté robotique en moins.
Les mélodies ne sont pas oubliées, pour peu qu'on prête attention derrière le mur du son formé par l'ensemble très intense et fouillé des guitares. Prenez par exemple le morceau "
Requiem" et ses guitares à la
Disincarnate. L’efficacité non plus n'est pas en reste, cet album fourmille de bon riffs, et pour peu qu'ils ralentissent un peu la manœuvre comme sur "
Infestdead", c'est un vrai régal.
Il faut dire qu'avec 12 titres en 36 minutes, on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. Le groupe n'étant pas vraiment fan des intros de plus de 20 secondes, et la plupart des morceaux se terminant en fading, on a une sensation légèrement oppressante au final, mais nous autres fans de death en fait on aime bien ça, non ? Pour cela et le coté à la fois déstructuré et pourtant maîtrisé à la perfection, je les rapprocherais de
Immolation : sombre, intense, bordélique mais contenu. De plus, le chant (?!) à trois voix, exercice pour le moins périlleux ( cf
Blasphemer) est ici assez réussi, laissant quand même la part belle au chanteur
Joshua Albright.
A noter également le délire rock'n'roll qu'ils nous ont gardé pour la fin, le poilant "Cock Rockin'fever" et son riff à la Motorhead/Ac-Dc, voix stridente en prime, et qui semble montrer qu’aussi intransigeants qu'ils soient sur la technique, cela n'empêche pas ces cinq gars de faire preuve d'humour. Chose suffisamment rare dans le cercle quelque peu sclérosé du
Death Metal, et je suis le premier à le déplorer, pour être souligné. Heureusement, quelques groupes tels que
Cephalic carnage nous montrent sur scène qu'on peut être extrêmement violents et pour autant ne pas se prendre au sérieux.
Pour finir, voila un groupe extrêmement ambitieux, qui nous sort une première galette très mature.
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