Tao Painvin est le nom étrange d'un multi-instrumentiste, associé au batteur Thomas Le Nouën. Le sieur Tao a déjà une petite expérience dans le domaine musical, puisqu'il faut aussi partie d'un groupe jouant aussi bien du classique que du rock ou du jazz, et qui se nomme Aerisian. Tao se mit donc à la composition, dans le but probable d'un album. Il nous propose ici deux morceaux, sous la forme d'un single, afin de recueillir un maximum d'avis sur sa musique, et de faire connaître son nom tant qu'on y est. Et il a bien raison, on ne sera jamais de trop pour s'intéresser à ses compositions, car il y a un paquet de choses à dire dessus. Monsieur Painvin nous offre une musique bien riche et bigrement intéressante.
Le premier morceau débute après seize secondes de silence directement par un solo de guitare. Celui-ci est exécuté par l'un des deux invités de l'album, Hassan Hajdi, qui m'est inconnu mais semble très bien se débrouiller à la six-cordes. Ce solo est très bon, bien senti, et assez rapide, donc qui suppose une bonne dose de technique. C'est une manière pour le moins originale de démarrer un album, même si ce n'est qu'un single. On aborde là le point principal de cette première piste, à savoir une musique progressive virant parfois à la musique expérimentale. Arrive alors un piano, très discret à l'arrière-plan, puis le chant. Il y a deux types de chant sur ce titre, l'un clair – celui de Tao Painvin, et l'autre growlé – celui d'un autre invité, Olivier Larignon.
Les deux voix suivent toutes les deux des lignes vocales bien justes avec un ton assez sombre et obscure. On ressent une certaine gravité dans la musique, et cela encore plus quand arrive le violon. Ce violon est l'une des pièces principales du morceau, créant l'ambiance mélancolique combinée à la violence due au chant growlé. Living with an
Old Nightmare voit en son milieu une impressionnante partie de guitare, qui est, contrairement à celle de début de morceau, réalisée par Tao, qui se fend cette fois d'un solo d'une technicité bluffante, avec une mélodie rapide très efficace.
La deuxième piste démarre in medias res sur un riff de guitare sombre et sec. Puis la voix (claire) se pose, accompagnée d'une étrange mélodie électronique qui restera durant presque toute la chanson, et figurant comme le thème principal de ce titre. Notons la présence d'un refrain, avec un chant délicieusement torturé, posant une atmosphère beaucoup plus froide que sur le premier morceau.
Nous avons donc là deux morceaux très intéressants, avec de très bons côtés, et d'autres un peu moins bons. Le principal défaut de se single, c'est la production, comme souvent malheureusement. Je prends bien sûr en compte le fait qu'un groupe qui débute a souvent très peu de moyens, mais certains font des choses tout à fait correctes avec quasiment rien, donc il n'y a pas de raison de ne pas en parler. D'ailleurs la production n'est pas vraiment mauvaise non plus, le seul gros problème réside dans le son de la batterie, vraiment trop mis à l'arrière-plan, avec un son légèrement étouffé qui peut perturber. La basse subit ce phénomène elle aussi, mais c'est presqu'une habitude.
En dehors de ce défaut principal, les côtés faibles de l'album ont en partie à voir avec le chant clair, qui lui non plus n'est pas mauvais en soi (les lignes vocales sont très réussies), mais il est mal assuré, comme si Tao n'avait pas confiance en soi devant le micro.
Pour les meilleurs côtés de ce single, notons d'abord un travail de composition extrêmement soigné, qui s’avérera certainement un point fort à l'avenir. On remarque aussi des bonnes lignes de chant, notamment sur Such a
Death Embrace. Le travail à la guitare est lui aussi très bon, que ce soit pour les soli ou pour les riffs. Pour finir, le single a l'immense avantage d'être présenté par une belle pochette (signée un par un mystérieux "The Pope") ; certes le visuel ne fait pas tout, mais ça aide toujours à convaincre un auditeur potentiel.
C'est pour Tao Painvin ce qui s'appelle un démarrage efficace. Le single a du potentiel, et j'espère fortement qu'il réussira à se faire remarquer. Il n'y a pas tout dessus, mais le minimum pour convaincre est bien présent. Il ne reste plus qu'à faire les efforts nécessaires à la réalisation d'un full-lenght, et la carrière de Tao Painvin sera définitivement lancée.
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