Recreation Eve

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Nom du groupe Exist†trace
Nom de l'album Recreation Eve
Type Album
Date de parution 2008
Style MusicalVisual Kei
Membres possèdant cet album7

Tracklist

1. Judea (retake ver.)
2. Liquid
3. Lilin
4. Mabushii Hodo no Kurayami no Naka De
5. Hai no Yuki
6. Water
7. Sacrifice Baby
8. Under Mind
9. Venom
10. End-Less
11. Re-Prologue

Chronique @ Haaveellinen

30 Décembre 2008
Dans la communauté Visual Kei, je pense qu'il y a deux catégories. La première est celle des «puristes» (je place des guillemets parce que le terme me dérange un peu pour un style relativement récent.) qui ne jurent et ne jureront toujours que par X Japan, Dir En Grey et autres Malice Mizer et qui ne cesseront de répéter : « De toute façon tout ces nouveaux groupes, ils vont se séparer après deux albums, ils n'ont aucune originalité musicale et un visual totalement dépassé, en plus, je suis sur qu'ils se sont entièrement inspirés d'un tel ou d'un tel». et la seconde concerne ceux qui, sans renier l'héritage de ces grands combos, préfère les formations plus récentes à l'image de MUCC, Girügamesh, D'espairsray, Versailles, Moi Dix Mois (Même si Moi Dix Mois est un cas à part, Mana oblige.) et partagent leur pain au chocolat avec les nouveaux à la récré, leur laissant une chance de s'intégrer.

Or, Exist Trace n'est pas du genre à se contente d'un bout, même si c'est celui avec le plus de chocolat, le groupe est composé exclusivement de membres féminins, ce qui est original sans l'être, affiche un look sombre mais plutôt sobre s'accordant parfaitement avec leur univers torturé, obscur. Sombre, torturé, obscur, je pourrais aussi ajouter, mystérieux, sensible, violent, Exist Trace c'est une tornade au souffle ravageur, puissant, qu'on aurait enchainée et qui hurlerait, crachant au visage de son ravisseur mais attendant dans l'espoir que quelqu'un l'entende et vienne la délivrer. Petite Fille au cœur lourd qui cacherait sa douleur sous un masque de marbre, dur et froid ? Ou peut-être Jeune Femme rancunière, dégoutée et pleine de colère qui ne craint ni n'attends plus rien et vomi sa haine au monde à travers ses expériences malheureuses ? Je pense que le groupe est trop jeune pour répondre à cette question, j'attends de nouveaux titres pour parfaire mon opinion même si je pencherais plus pour la deuxième hypothèse.

Maintenant, le son. Les guitares de Omi et Miko fusionnent jusqu'à former une osmose au son noir et pur, alternant un jeu saturé plus rapide et agressif avec des riffs brutaux et lourds ainsi que quelques passages acoustiques suffisamment bien dosés pour éviter de tomber dans la mièvrerie tout en restant mélodieux et apportant quelque chose à la chanson. Rien de très technique mais ce n'est pas l'effet recherché car ce n'est pas par absence de virtuosité ou d'inspiration (En live entre deux chansons Omi et Miko se laissaient parfois aller à quelques solos rappelant ceux d'Alexi Laiho au niveau de la technique et c'est loin d'être médiocre au contraire) mais parce que tout est la pour nous plonger dans l'ambiance du groupe et cette volonté de pousser en avant l'univers collectif au détriment des prestations en solos peut facilement être qualifiée comme étant une certaine forme de maturité car même si le groupe en est à ses débuts et que ce choix est peut-être fait par défaut car le groupe se cherche, c'est toujours mieux que d'essayer de claquer un petit solo par ci par la histoire de dire « regardez moi je suis doué !». Mention spéciale pour le solo de Hai No Yuki, il coule avec le reste de la chanson et forme un tout très particulier, Omi semble répondre au chant avec ses propres moyens. Magnifique

NAOTO, à la basse, nous prouve que le médiator n'est pas uniquement destiné au bourrinage pur, qu'il peut être utilisé autrement que par aller retour rapide et fait sonner ses cordes avec doigté, alternant douceur et violence avec ce petit quelque chose de froid caractéristique à l'instrument. Elle nous sert un jeu très particulier, tantôt discret accompagnant parfaitement la symbiose des deux guitares et tantôt brutal, non pas par la lourdeur ou la vitesse du son mais par l'irruption spontanée de son jeu en début de morceau (Judea, Lilin) ou se plaçant carrément en tant qu'instrument principal, marquant le rythme alors que les guitares se sont tuent, tout ça avec une étonnante cohérence; je dis bravo.

Passons à mally (qui insiste sur la minuscule au début.) La batteuse est dans la continuité des autres musicienne, jonglant entre des rythmes lourds, secs et d'autres qui, bien que plus posés, ne sont pas dénués de ressentiments. Son jeu est assez particulier dans le sens ou son omniprésence ne l'empêche pas de se fondre dans la symbiose qu'est chacune des compositions du groupes et d'évoluer en parallèle avec ses propres rythmes envouteurs.

Et enfin, Jyou. La belle Nippone nous offre un chant d'une incroyable qualité, alternant sans aucune difficulté entre ses voix, jouant parfois de certains effets de samples ou doublant ses lignes de chants si caractéristiques si envoutantes, si prenantes. Ses cris déchirants sont reconnaissables entre mille, sa maîtrise est telle qu'il jaillissent parfois sur un mot seulement, comme impossible à retenir tant la peine est grande, ou bien est-ce parce que le dégout est tel que le chant ne suffit plus à l'exprimer ? Car, même la douceur de son chant semble lestée par un trop-plein d'émotion.

Pour son premier album, Exist Trace frappe avec violence, imposant son univers obscur, ses textes noirs et son jeu aux ambiances sombres. Encore une fois je pourrais ajouter ici une foule d'adjectifs synonymes mais aucun ne pourrait précisément décrire mes sentiments vis à vis de ce groupe, jeune, certes, mais qui a su, en quelques titres, me prendre aux tripes et qui fait preuve d'un véritable potentiel créatif.

Recreation Eve premier album complet d'Exist Trace ou la gifle d'une plume, la rage, l'inexplicable alchimie entre les émotions d'une voix et une musique.








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Temnota - 16 Janvier 2009: "celle des «puristes» (je place des guillemets parce que le terme me dérange un peu pour un style relativement récent.) qui ne jurent et ne jureront toujours que par X Japan, Dir En Grey "

Les puristes ont plutôt tendance à cracher sur Dir en grey actuellement plus qu'autre chose et il en va de même pour MUCC (qui n'est pas une formation si récente que ça).

Sinon très très bonne chronique, je suis béat d'admiration, j'aime beaucoup le style, chaque membre du groupe est mis en valeur et ça donne vraiment envie de se plonger dans l'univers des 5 femelles nipponnes poétiquement et sombrement enragées.
bojart - 09 Juin 2010: Excellente chronique tout en style et en originalité.

J'écoute peu le Visual Kei "Jrock" à part Nightmare et Arc-en-Ciel^^ et le VK "Jpop-rock" MTH, Dir En Grey...

Sinon je n'y connais rien mais ta chronique m'as donné envie de découvrir ces demoiselles sobres & sombres ;)
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