Re-v3rse

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Nom du groupe Anael (FRA)
Nom de l'album Re-v3rse
Type Album
Date de parution 2010
Labels Alien Prod
Produit par Tue Madsen
Style MusicalMetal Industriel
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1. Ananda 04:45
2. My Dark Passenger 04:03
3. 0v3r 04:15
4. ...And the Angels 05:20
5. No Sense 02:30
6. Welcome to New World 02:07
7. Too Blind 03:58
8. Thyresias 04:00
Total playing time 30:58

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Anael (FRA)


Chronique @ Mr4444

15 Mai 2012

La même sensation que le train des mines : beaucoup d'attente pour une attraction extrêmement courte

Mis à part les frasques des groupes plus ou moins NSBM comme Kristallnacht ou Blessed In Sin, la scène Toulonnaise a pu aussi compter sur l’apport de groupe tel que Fis(ch)er (membre du collectif Coriace avec entre autres Eths, Babylon Pression ou Tripod) pour diversifier une scène finalement assez riche, bien que le succès ne soit pas foncièrement au rendez-vous.

Anael (aussi orthographié A.N.A.3.L) est un groupe qui sévit depuis déjà une dizaine d’années, rythmant à coups de démo un style qu’il se façonne, sur des bases diverses comme des inspirations Death ou Black. Mais le cœur de la musique des Toulonnais reste un grand côté industriel. Le mini-album « Page 04 » a déjà réussi à proposer une facette très reluisante du groupe, proposant une musique variant facilement entre brutalités et moments de calme. Et il aura fallu huit ans et l’année 2010 pour enfin y voir un successeur avec « Re-v3rse ». Avec une musique désirant véhiculer un important message positif et spirituel (Anael signifie "Dieu a répondu" en hébreu) ainsi que le grand Tue Madsen à la production (Aborted, Dagoba, Dark Tranquillity ou encore Moonspell ) et Mr. Begnis à l'enregistrement (Eths, Tripod...) dans l'Electric Studio, on sent que cette longue attente ne peut qu'être bénéfique pour le quatuor Varois.

Les caractères hébraïques lorgnant le bas de la pochette ont tôt fait d'inspirer un côté assez oriental à la musique, chose qui se retrouvera dès le titre introducteur « Ananda ». Une introduction en coup sec de batterie et beat électro emmené par la voix reposante de Oilid Djelassi vite rattrapé par des guitares plus martiales, plus sèche, plus dur et un chant pour le coup plus agressif vite rattrapé par des accords légèrement arabisants. C'est sur les refrains de ce titre que le groupe démontrera un potentiel certain a assuré des parties plus atmosphériques, essentiellement avec le chant très varié d'Oilid, capable comme ici de se faire chaud et reposant. Le chant clair sera ici maître puisqu'on le retrouvera très souvent, mais cela n'est pas dérangeant, car le timbre de voix est très agréable. Sur « Too Blind » également, les claviers arabisants et les guitares très lentes et planantes continues d'imposer une rythmique très orientale. Le chant est ici incroyablement lent et planant, entre le simple parler et le chuchoter. Une véritable invitation au voyage, même quand les guitares se font plus agressives, comme un voyage plus tourmenté. Anael maîtrise parfaitement son sujet, rien n'est en trop, les sensations d'ailleurs sont palpables et très agréables.

Mais Anael reste un groupe de Metal Industriel avant tout et des titres comme « No Sense » sont là pour nous le rappeler. La rythmique est plus violente, les lignes de guitares plus martiales et répétitives. Le chant d'Oilid rappelle d'ailleurs un peu celui de Dero dans l'Oomph des débuts, surtout sur les parties hurlées des refrains. Un titre simple, mais extrêmement efficace. Son solo court mais puissant est un grand moment également. « Welcome to New World » est du même acabit, l'électro est omniprésent ici, bercé par des guitares un peu basées sur le « vieux » Rammstein et le chant agressif d'Oilid, toujours un peu ressemblant à Dero d'ailleurs, même sur les courts hurlements. Le passage de la batterie en double pédale nous démontrent les variations de jeu dont est capable le groupe.

Mais les Toulonnais ne se contentent pas de s'inspirer de la scène industrielle et sont capables de grandes inspirations comme sur « My Dark Passenger ». Les guitaristes nous démontrent une grande maîtrise de leur jeu, variant des riffs plus droits et agressifs avec des passages haché et plus rapides, tout comme le chant qui explorera divers horizons, passant facilement du parler au hurler et même au chant standard parfois, les diverses coupures électro se chargeront d'établir les différentes séparations du morceau. « 0v3r » apportera des sonorités très lourdes également, toujours basé sur des riffs en répétitions et martiales sur leurs déroulements sur les couplets et le retour à des guitares plus étirées et atmosphériques sur les refrains, bien bercé par le chant poignant d'Oilid. Certaines transitions seront tout de même assez étranges, un peu déplacé pour permuter de l'agressif à la « douceur ». La courte démonstration de batterie qui précède la partie la plus lourde du morceau reste, elle, très agréable. Les musicos maîtrisent parfaitement leurs instruments et on ne peut qu'applaudir. La basse se fera enfin sentir sur le long passage instrumental du milieu d'ailleurs, elle qui sera plutôt absente sur cet album. Sa suite « ...and the Angels » se montrera très efficace, s'introduisant sur les petites tapes d'un petit tambourin avant de laisser libres court à des riffs très différents, légèrement heavy dans le ton avant de démarrer un morceau purement furieux. Le chant sera hargneux, la batterie extrêmement rapide avant de laisser une nouvelle fois un côté magnifique et très ambiant sur le refrain ou le chant d'Oilid sera étrangement planant et émotionnel. Un pur moment. Et que dire du jeu des guitaristes ? Extrêmement efficace de variété et de maîtrise. Sans doute le meilleur morceau de cet album. Morceau bien conclut par une longue plage ambiante uniquement avec la guitare et quelques accords de synthé, ni plus ni moins.

Le morceau de conclusion « Thyresias » termine l'album en beauté avec un titre rempli d'une sensibilité certaine sur ces longs riffs s'étirant en longueur et sur les couplets furieusement chantés puis chuchotés. La base principale sera un électro assez saturé, moyennement agréable. La guitare toutefois prendra vite le dessus, alors on ne chipotera pas dessus. Le chant sera encore une fois très varié, tout comme le jeu des musiciens, toujours entre plages atmosphériques et riff plus saccadé et violents.

« Re-v3rse » est un bon album. Mais il est beaucoup trop court pour être un très bon album, huit titres pour seulement une demi-heure de musique, après huit ans d'attente, on était quand même en droit d'attendre quelque chose de plus consistant. Ici, la sauce prend, la musique d'Anael nous fait voyager d'une belle manière ! Mais au final, on a un peu la même sensation que le train des mines de Disneyland : beaucoup d'attente pour une attraction extrêmement courte. Et pourtant, la musique du quatuor de Toulon fait mouche, extrêmement recherchée, chaque ambiance est vraiment travaillée et distille une atmosphère qu'on a plaisir à explorer. Mais avec deux ou trois titres en plus, cela aurait été parfait.

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choahardoc - 18 Mai 2012: Voila qui semble intéréssant et assorti d'un extrait convaincant. Plus qu'à chercher ça... parce que Toulon.
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