Dans l'écurie FDA Rekotz, l'osdm est roi. Le label allemand est passé maître dans l'art de mettre en avant quantité de combos "old school" se fendant de pratiquer un death metal revenant aux origines.
Slaughterday fait partie de cette "armada" et le duo formé par les allemands Bernd Reiners/Jens Finger, fort de son premier full-length ("
Nightmare Vortex") sorti l'an dernier, revient une petite année plus tard avec un EP sous le bras.
Quatre titres sont proposés pour 19 minutes pile poil de death metal. "
Ravenous" a été capté aux Soundlodge Studios et bénéficie d'un artwork du suédois Jan Pyslander Whitley, dans une veine résolument plus gore que le précédent album. Si les combos de revival osdm pullulent ces derniers temps, rares sont ceux qui parviennent à s'extraire de la masse, jouant souvent avec un enthousiasme certain mais manquant de l'étincelle qui permettrait de les distinguer.
Slaughterday fait évidemment dans l'old-school et offre un panel étendu de ses possibilités dès son titre d'ouverture, alternant entre des riffs thrashy et entraînants et d'autres plus tronçonnants avec un léger feeling swedish. Un refrain simple mais efficace puis un break dévastateur, lourd et rampant à 2:08 pour enfin terminer sur un solo accéléré à 3:53 qui achève l'auditeur. Jens Finger maîtrise en effet l'art du riffing et nous offre tout au long de l'album des riffs variés, très efficaces (l'uppercut "
Abyss Of A Nameless Fear") voire même groovy (le refrain de "Crawling In
Secrecy").
La prod est parfaite donnant une puissance dévastatrice sans dénaturer l'essence old-school du combo,
Slaughterday semblant même avoir gagné en épaisseur de son depuis son premier jet. Le duo fait par ailleurs montre d'un talent de composition certain, multipliant les soli (parfois très mélodiques pour prendre à contre-pied l'auditeur tels ceux de "
Abyss Of A Nameless Fear") et les breaks pour ne jamais lasser. Enfin Bernd Reiners donne le cachet nécessaire au disque en lâchant un guttural proprement effrayant, tout droit venu d'outre-tombe, alternant parfois avec un scream blackisant (refrain du morceau-titre) tout à fait judicieux.
Je ne peux enfin pas occulter le dernier morceau de cet EP où nos deux allemands se fendent d'une reprise. Ils ont choisi de s'attaquer au "Ave Satanas" d'
Acheron ("Rites Of
The Black Mass", 1992) et ont manifestement bien fait. Ce titre aux ambiances poisseuses et blasphématoires sied parfaitement à
Slaughterday. Sur ce mid-tempo et ce riff lourd et obsédant, Reiners offre un guttural effroyable de profondeur, faisant passer au deathster 4 minutes jouissives dans cette ode impie au malin.
Bref, en moins de 20 minutes,
Slaughterday a frappé fort, montrant un talent de composition certain mais semblant surtout posséder, à l'image de ce growler proprement démoniaque, le supplément d'âme qui pourrait lui permettre d'aller plus loin. Un solide espoir de chez FDA Rekotz, à surveiller.
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