Trauma est un groupe Américain dont le principal titre de gloire est la participation de Cliff Burton (bassiste de
Metallica pour les incultes), à l’enregistrement de leur première démo. Formé au début des années 80 dans la Bay
Area de San Francisco, le premier enregistrement de
Trauma, "Such a Shame", apparaitra sur la compilation "
Metal Massacre II" de
Metal Blade Records. La formation est en trés bonne compagnie puisqu’on peut aussi y retrouver
Armored Saint,
Obsession,
Savage Grace ou encore
Overkill et
Warlord.
Le groupe n’aura sorti qu’un seul opus en 1984 intitulé "
Scratch and Scream" via le label
Shrapnel Records, plus connu pour être un grand pourvoyeur de shredders patentés. L’objet sera réédité en 2013 avec quelques inédits dont certains avec Burton à la basse.
Lors de la reformation de
Trauma, un concert hommage organisé le jour ou Cliff aurait eu 51 ans au The Brick &
Mortar Music Hall à San Francisco, les musiciens ont joués quelques titres inconnus du public composés par Cliff lui même.
Et après donc trente ans de sieste discographique,
Trauma revient avec un second album intitulé «
Rapture and Wrath» via
Pure Steel Records. Du line up d’origine ne subsistent que le chanteur Donny Hillier (ex-Black Sunday
Dream) et le batteur Kris Gustofson (ex-St Elmos
Fire, ex-Mechanizm, ex-
Moon Dog Mane, ex-Dunmore, ex-Threat). Sont venus compléter la formation
Kurt Fry (ex-
Heist, ex-Mechanizm) à la guitare et Marcel Eaton (ex-
Serpent & Sarrah) à la basse.
On peut constater que le logo du groupe n’a pas changé sue l’artwork de ce nouvel opus. Celui est d’ailleurs relativement simple, montrant la résurrection d’un homme portant un bracelet clouté devant des montagnes sur lesquelles tombe la foudre. Il baigne dans le magma que crache un volcan sous les yeux de demons présents dans les cieux.Quelques squelettes viennent compléter la scène, contemplant l’instant avec adoration.
Niveau musical, le groupe reste ancré dans ce qu’il sait faire de mieux, c’est à dire un Heavy/ Speed relativement classique issu bien sur des années 80 aux forts relents de NWOBHM.
La voix de Donny Hillier, relativement particulière n’est pas sans nous rappeler par certaines de ses intonations celle de
Bruce Dickinson lors des montées aigües. Un peu enroué certes mais quand même. La voix est d’ailleurs un poil trop surmixée par rapport au reste, ce qui gâche un peu l’ensemble
Au niveau des instruments, c’est relativement dépouillé et dépourvu de toute technologie superflue et asseptisante. La production se fait à l’ancienne avec ce coté brut de fonderie dont certaines autres formations devraient s’inspirer si elle voulaient sortir du lot. Cette authenticité fait plaisir à entendre et permet donc de différencier
Trauma de toute la ribambelle de reformations, certes intéressantes mais dont on est incapable de vraiment apprécier le retour tant elle se ressemblent toutes. Malgré tout, cette façon d’opérer va en rebuter plus d’un. On est tellement habitué à la surenchère sonore que ce qui est proposé sur ce «
Rapture and Wrath» va faire faire très amateur sortant pour la première fois de son garage, utilisant son argent de poche des dix dernières années pour enregistrer ses premiers émois musicaux...Si vous êtes dans ce cas, passez votre chemin, vous n’avez pas de temps à perdre ici et on en a pas pour parfaire votre culture à propos des vieilleries...
Comme au bon vieux temps, le groupe utilise les sons clairs pour les intros comme sur The Long Way
Home et ses relents
Judas Priest ou sur
Pain et son ambiance à la
Manilla Road, mi Heavy, mi
Doom, qui se transforme en cavalcade effrénée. On retrouve aussi et encore un coté
Judas Priest époque Defenders Of the
Faith sur le départ de
Kingdom Come.
Trauma s’essaie à des choses un poil différentes, voir relativement modernes comme sur Walking
Dead et son rythme très saccadé à la
Pantera. On peut aussi penser au penchant Heavy de Flotsam & Jetsam pendant les années 90 avec Don’t
Tread on Me.
Les guitares utilisent pas mal d’écho et pour ce qui est des soli, on reste dans le traditionnel, sans sur-vitesse ni sur-branlette. Et on ne peut pas à proprement parler de choeurs puisque tout le monde ne doit pas y prendre part et cela va rester donc rester anecdotique ici.
On aurait aimé plus de titres comme celui qui clôture l’album, Too Late. Là, on sent que le groupe sort du carcan dans lequel il s’est quelque peu enfermé, tout en lorgnant encore un peu vers le Judas des années 70/80. Le long passage instrumental comporte de bonnes idées avec beaucoup de changements de rythmes et un solo ou l’on sent que le guitariste lâche enfin la bride à son manche.
Que dire? Un retour de plus sans aucun doute. Mais un retour strictement musical et sans arrière pensées au vu de la production globale de l’album. A réserver principalement aux puristes. Mais s’il vous prend l’envie de voir à quoi ressemblait les années 80, les vraies avec des vrais musiciens dedans qui ne pensaient qu’a se faire plaisir, jetez une oreille attentive sur cet opus qui devrait vous interpeller un chouia.
Sérieux, ils détiennent le record mondial d'écart entre deux sorties d'albums ces gens non ? Ils vont apparaître dans le Guiness à coup sûre.
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