Raise a Little Hell

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16/20
Nom du groupe The Answer
Nom de l'album Raise a Little Hell
Type Album
Date de parution 06 Mars 2015
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album37

Tracklist

DISC 1
1. Long Live the Renegades
2. The Other Side
3. Aristocrat
4. Cigarettes & Regret
5. Last Days of Summer
6. Strange Kinda' Nothing
7. I Am What I Am
8. Whiplash
9. Gone Too Long
10. Red
11. I Am Cured
12. Raise a Little Hell
DISC 2
1. Feel Like I'm On My Way
2. Flying
3. I Wil Follow On
4. The Other Side (Acoustic Version)
5. Gone Too Long (Acoustic Version)
6. Strange Kinda' Nothing (Unplugged Version)

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The Answer


Chronique @ dark_omens

25 Mars 2015

Un disque superbement coloré, délicieusement rétrograde et incroyablement addictif sans bouleversements profonds...

Pour un groupe de musiciens, pouvoir compter sur les talents aussi indéniables que ceux d'un chanteur tel que Cormac Neeson au timbre chaud et habité, dans la plus pure tradition des Robert Plant, Eric Martin, Chris Robinson, Janis Joplin ou John Fogerty, est assurément un atout. Et lorsque cette première chance inouïe s'accompagne d'une seconde incarnée par la présence d'un guitariste tels que Paul Mahon au toucher, aux feelings et à la créativité remarquable, forcément la bonne fortune semble vous tendre les bras. Et ce d'autant plus que, de surcroît, à ce duo splendide vous ajoutez une assise rythmique aussi somptueuse que celle formée par l'association du bassiste Michael Waters et du batteur James Hartley. Dès lors rien, si ce n'est les lubies d'un destin capricieux, ou bien encore l'incompétence d'artistes incapables de composer des titres inspirés et efficaces (ce qui, bien évidemment, n'est pas le cas ici), ne semble pouvoir vous empêcher d'atteindre ce firmament tant convoité. Rien ? Et pourtant...

Aussi étrange que cela puisse paraître, fort des qualités et des acteurs évoqués précédemment, les Britanniques de The Answer ne parviennent pas à convaincre pleinement. Ils poursuivent inlassablement leur chemin errant dans ces mornes plaines incapables de se défaire de cette étiquette de groupe de seconde zone plaisant mais sans génie. Un relatif insuccès qui demeure, pour votre humble serviteur, aussi injuste qu'immérité et dont l'explication réside sans doute dans cette fatalité qui fit de ce Hard Rock 70's aux guitares épaisses et, parfois, Bluesy, aux chants chauds et embrumés, celui-là même dans lequel ces quatre garçons de Newcastle excellent en somme, un genre qui n'est plus vraiment dans l'ère du temps et qui, de fait, n'intéresse plus qu'un microcosme nostalgique dont le nombre se réduit d'année en année.

Mais trêve de bavardages stériles. Revenons à ce Raise a Little Hell qui constitue déjà la cinquième tentative de ces natifs de la perfide Albion. Sans trahir le moins du monde un secret de polichinelle, il apparaît évident qu'elle ne serait pas à même changer le court de l'histoire et qu'elle ne parviendra pas à donner toutes ses lettres de noblesses à une formation qui, pourtant, les mérite. Ici peu de chose auront changé depuis un New Horizon (2013) tout juste un peu plus fougueux.

Pas de bouleversements profonds donc et ce même si Long Live the Renegades et son riff nous évoquant subrepticement Kiss, soutenu par une basse très présente et une voix impériale nous séduit d'emblée. Tout comme un Cigarettes & Regret dont l'esprit nous rappelle immanquablement Mr. Big, ou un Strange Kinda' Nothing nous offrant certaines volutes très proches de ce qu'un U2 pouvait proposer du temps de son Joshua's Trees. Un Aristocrat à la construction dans laquelle planent les ombres notoires d'un Led Zeppelin ne saurait pas davantage nous décevoir. Pas plus d'ailleurs qu'un I Am What I Am, qu'un Whiplash ou qu'un I Am Cured.

Tout comme Motor Sister et son remarquable Ride sorti récemment, un disque dont l'essence provient, rappelons-le, des travaux de Jim Wilson et de son Mother Superior, ce Raise a Little Hell possède une âme. Une fois encore The Answer y démontre donc son aisance dans l'exercice de cette musique superbement colorée, délicieusement rétrograde et incroyablement addictive. Tout du moins pour qui fera parti de ce microcosme mentionné précédemment car une évidence apparaît clairement à l'aune de ce nouveau disque : il ne parviendra pas plus que ces prédécesseurs à extraire le groupe de ces terres empreintes d'anonymat relatif, et d'indifférence crasse, dans lesquelles il erre.

5 Commentaires

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WorkOfArt - 25 Mars 2015: Merci de nous avoir fait partager ton avis! J'ai trouvé ce nouvel album agréable à écouter, mais il lui manque au final de réels moments forts. Quelques jolis titres, néanmoins (The Other Side, Cigarettes & Regret, Whiplash...)
dark_omens - 15 Avril 2015: Merci à toi pour cette analyse intéressante et merci à tous pour vos commentaires avisés.
AceOfSpade - 15 Avril 2015: Le revival est un marché cruel. Pour exister vous avez besoin de ce que vous n’aurez jamais : l’histoire et la nostalgie attachée au nom de vos aînés. Exemple, Thin Lizzy. Vous voyez ?
Cette dichotomie (c’est pas faux) vous met dans une position inconfortable. Les vieux vous rappelleront que tout a été dit il y a trente ou quarante ans et les jeunes vous diront que ce sont des vieilleries. Dur.

Dans cette course au conservatisme Hard Rock et Heavy Metal il y a pourtant ceux qui ont trouvé leur bonheur, comme Steel Panther, Airbourne ou Enforcer et il y a The Answer.
Raise A Little Hell ne soulève pas grand-chose si ce n’est cette question : pourquoi ça marche pas ?

Peut-être parce que les irlandais s’attaquent à une ère du Rock déjà « anoblie », dont ses amateurs sont aussi des férus de Jazz abonnés à Télérama ? Peut-être parce que j’aimerais retrouver le plaisir frais ressenti avec leur premier disque découvert, Revival le bien-nommé, en sachant pertinemment que ce moment ne reviendrait jamais ? Ou peut-être par amertume des albums qui vous allèchent avec une pochette fabuleuse mais après un très bon premier titre vous laissent avec du Hard Rock mou, des fillers bâtards d’AC/DC-like aux couplets Glam (I Am What I Am) ou AOR (Red) et ne vous repêchent qu’en bout de course, clôturée une réverb’ qui vous donne envie d’y retourner mais vous savez très bien ce que vous allez y trouver ?

La réponse vient toujours en se posant les bonnes questions.
twisted_brother - 05 Juin 2015: J'ai adoré ce disque ;-)
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