Fondé par Christian Bivel en 1992, ayant repris les affaires du label éphémère
Putrefaction Records qui avait lancé
Arcturus ou
Authorize, Adipocere se lance non seulement dans la vente par correspondance mais aussi dans la production. Le label initialement basé à Mézérat dans l’Ain (pas dans l’autre) sort rapidement des CD de qualité comme les premières oeuvres
God Forsaken,
Crypt Of Kerberos,
Spina Bifida et
Celestial Season, mais aussi plusieurs vinyles 45t comme le redoutable
Inverted Decay des deathsters québécois de
Purulence avec son illustration mémorable de mort-vivants.
Christian est également à l'époque guitariste du groupe Deadly Dislocated formé trois années auparavant avec le prolifique Vincent Urbain,
Sebastien Gauthier et Fred Puvilland, n’hésitant pas à inonder le public de ses démos à la sortie des concerts Rhône-Alpin, pour citer sa K7
De Profundis enregistrée en 1992, peu de temps avant le changement de patronyme du quatuor en
Amaymon. Ce dernier et
Purulence concrétisent plus précisément leur amitié en 1993 sur le label Adipocere, à l’occasion d’un split-CD commun réunissant deux mini enregistrements de quatre morceaux chacun.
Capturé aux trois quarts à Montréal par l’ingénieur Pierre Rémillard, guitariste du talentueux groupe de deathtrash technique
Obliveon dont les premiers albums restent fortement recommandables, la partie de
Purulence est terriblement sauvage à l’image de son précédent EP. On y retrouve un côté primaire tout particulier mais non dénoué de technique, me rappelant assez le mini-album
Human Waste du dieu
Suffocation, ou encore les oeuvres d’époque de Grave,
Miasma ou
Necrosanct, dominés par des rythmes tapageurs, une basse ronflante, des guitares lourdes et les vocaux très caverneux de Steeve Hurdle, que l’on retrouvera quelques années plus tard aux côtés de Luc Lemay lors de la reformation de
Gorguts. Dosant habillement blast-beats et décélérations, le split de
Purulence est écrasant et sans pitié, nous lâchant quelques tremblements mémorables nommés Devoted to Lunacy ou Inhaling the Souls, tandis que le dernier morceau Sinking into Transparency nous rapproche davantage de
Morbid Angel ou des sphères plus techniques de
Gorguts.
A l’image du clavier mystique introduisant son enregistrement,
Amaymon pratique quant à lui un deathmetal plus occulte, symbolisé par la pochette sommaire du split-CD correspondant davantage à son style qu’au death débridé des québécois. On retrouve ainsi dans cette seconde partie une influence musicale et spirituelle lorgnant du côté des deathsters floridiens de
Deicide. Là encore les qualités techniques sont au rendez-vous, au service de quatre morceaux rapides et idéalement ficelés, agrémentés de nombreux soli torturés de Christian. Les rythmes tapageurs de Fred cèdent régulièrement la place à des passages tout en lourdeur, moments propices à des guitares incisives, à l’image du riffing entêtant en refrain de Buried and
Forgotten, au coeur de The Goetic Belief, ou encore sur
Evil Prevails accompagné cette fois-ci de quelques nappes discrètes aux claviers, histoire d’assombrir sensiblement l’atmosphère. On peut toutefois regretter sur cette partie une production manquant globalement de relief, mettant moyennement les guitares de Christian et
Sebastien en valeur.
Si le deathmetal des deux formations possède un angle d’approche assez différent, leur qualité intrinsèque équivalente donne au final un split-CD équilibré. Sans révolutionner le genre, noyé de surcroît au milieu d’une avalanche d’albums deathmetal parus en une année 1993 lourdement chargée et au bord de la saturation, le split
Purulence - Amaymon est une réalisation tout à fait honnête, résistant de surcroît plutôt bien à l’épreuve du temps, à une heure où les deathsters retrouvent chaque jour le goût pour ces saveurs old school si enivrantes.
Fabien.
Fabien.
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