Il est temps d’aller dans l’armoire à souvenir et de se mettre en condition : il vous faut la coupe à la
Stone, le pantalon patte d’eph’ et chemise pelle à tarte pailletée, devenir un adepte de l’hirsutisme… (Et même si vous êtes de la gente féminine … les films de boules de l’époque en témoignent largement). Enfin il est vivement conseillé de vous munir de quelques champignons hallucinogènes encore présents et dont le fumé aura certainement pris un goût inimitable avec le temps. En revanche, vous pouvez laisser Gérard Lenormand au fond du placard, Michel Drucker passera le prendre pour l’exhiber fièrement au cours d’un ultime hommage aux chefs d’œuvre en périls de cette époque (chefs d’œuvres d’ailleurs de moins en moins verticaux et nombreux …)
Trêve de plaisanteries douteuses, nous allons nous pencher sur le cas de
Purple Hill Witch, groupe de
Doom, mais attention, pas le
Doom Death actuel mais bien celui qui régnait en maître il y a fort longtemps, bien avant la Game Boy. Vous l’aurez donc compris, on est à la limite du stoner … Nos amis norvégiens ont fondé le groupe en 2010, ne jurant que par
Pentagram, Saint vitus et
Black Sabbath bien entendu. On ne va donc pas se pendre mais plutôt voyager dans une dimension spatio-temporelle lointaine baignant dans l’ésotérisme psychédélique (et surtout dans l’alcool).
Le voyage astral va commencer, à condition d’avoir consommé pas mal de trucs alcoolisés voire illicites…
Nos amis exercent dans un style intéressant une poignée d’initiés avec un son qui leur est propre (…contrairement à une production qui ne l’est pas).
Pas moins de 7 titres dont la plupart dépassent les 5 minutes et on sent que ça risque d’être long si le trip ne prend pas…
Purple Hill Witch est réduit à sa plus simple expression, un power trio, un guitariste chanteur à la voix enivrante, et bénéficiant de kilomètres de réverbération (comme à la grande époque!), une basse, et une batterie. On alterne le mid tempo, le lourd, plus rarement les passages rapides, qu’on retrouve d’ailleurs sur la première plage « Queen of the Hill ». Les compositions paraîtront un peu plates et linéaires pour certains, les autres les considéreront comme une marque de fabrique.
Le nom des titres en dit long… Karmanjaka est un titre un peu bizarre, qui serait apparemment inspiré par un comte pour enfant. Les lignes de basses y sont exquises et permettent justement de mettre en relief cette dimension particulière,à la fois vintage et sombre. Notre tétra cordiste est loin d’être mauvais et sa créativité quant à la gestion intelligente d’effets tels que la distorsion, la wha wha,... se doit d’être saluée.
Le guitariste, lui apporte un travail un peu plus rudimentaire : des rythmiques solides mais répétitives, pas de prise de risque, apportant toutefois une identité certaine à ce "
Purple Hill Witch". Le tempo est souvent invariable (et lent forcément) et les tournures souvent lancinantes. Simples ne veut pas dire pour autant inefficaces. Les soli sont peu nombreux, simples eux aussi, mais savent tout de même faire mouche.
« Final
Procession » se pose comme le morceau de référence de l’album, il montre l’excellence du groupe dans les compositions martiales avec une ambiance sombre et un martellement prompt à réveiller les cadavres. L’âme du grand black Sabbath plane sur notre trio, aidé par un bon mixage.
Et les textes !!!
Astral Booze est représentatif, second titre de l’album, rythmiques enivrantes, des passages expérimentaux que Pink Floyd aurait pu composer… et l’alcoolisme en toile de fond. Le tout est assez délirant même si on ne comprend pas forcément tout avec les effets présents sur la voix.
Les lignes musicale typiques 70’s sont vraiment à l’honneur et se succèdent toujours de manière lourde et monotone!!! Albebarnian Voyage en témoigne. Morceau « cool », pas très long qui se laisse apprécier tant il rappelle des riffs mainte fois usités… n’apportant guère d’originalité.
Sur
Purple Hill Witch on dépasse allégrement les dix minutes, pour pas grand-chose finalement, car le titre s’étale en longueur et ne propose vraiment rien d’exceptionnel. The Landing est toujours emprunt de cette lenteur et de cette froideur 70’s avec un passage plus rapide et une tournure très Stoner.
Bon il est temps de revenir à la réalité : les riffs 70’s suscitent un intérêt particulier et reviennent en force depuis quelques années maintenant. De nombreux groupes très talentueux ont émergé, hantés par l’âme sombre de leurs illustres ainés.
Purple Hill Witch fait partie de ces nouveaux loups aux dents acérées, proposant un skeud ou tout est d’origine, à croire que la machine à remonter le temps existe vraiment. L’album possède des atouts : une atmosphère unique, des compos de qualité et lancinante. Une marginalité elle aussi particulière dans laquelle il faut savoir entrer, pas de refrain, très peu d’originalité un son très sale apportant une ambiance sombre et surannée.
Beaucoup de convictions malgré une certaine longueur…
Pour un premier album, "
Purple Hill Witch" possède son lot d'erreurs mineures mais il faut aussi avouer que les fondations sont solides et les bases bien posées.
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