Pour des raisons obscures qui demeurent inextricablement confuses sans quelques supputations divinatoires dangereuses, supputations parmi lesquelles l'hypothétique possibilité d'un désaccord entre le guitariste fondateur et ses fidèles compagnons ne sauraient être à exclure, les américains de
Randy Piper's Animal, auront finalement décidé d'abandonner leur patronyme très connotés pour adopter celui plus sobre de Where Angels
Suffer. L'absence du guitariste qui donna initialement son nom à ce projet, tenterait d'ailleurs à conforter la thèse de la séparation dans la douleur. Quoi qu'il en soit intéressons nous plus précisément à cette démo baptisé
Purgatory.
Un doute tenace nous étreint dès les premières mesures d'un intéressant
Cardiac Arrest, dont les atours musicaux sont ceux d'un propos aux confins d'un Heavy Rock, d'un Heavy Mélodique et d'un Heavy
Metal, très proche de
WASP en somme ou, toutes proportions gardées, de
Primal Fear. Une sensation embarrassante qu'un second morceau, à la parenté encore plus flagrante avec les travaux de Blackie
Lawless, ne saurait apaiser. Le plus embarrassant n'étant pas cette familiarité prégnante, et présente, tout au long d'une œuvre dans laquelle planent les ombres de l'homme sombre sans foi ni loi. Non, le plus fâcheux réside dans le fait, qu'au delà de cette ressemblance, nait le sentiment troublant d'avoir déjà foulé ces chemins là. Quelques investigations supplémentaires le confirmeront, nous conduisant, finalement, à la conclusion que ce manifeste n'est, en effet, rien d'autre qu'une compilation de morceau déjà paru sur d'autres albums (Violent New
Breed (2006) et
Virus (2008)). Dès lors difficile de ne pas être tout à fait déçu par une manœuvre aussi discutable nous proposant le minimum.
Néanmoins l'ensemble aura quelques qualités non négligeables à faire valoir, si tant est que l'on parvienne, bien évidemment, à faire fi de ce sentiment prégnant concernant la parenté Waspienne de l'opus (une prouesse que la présence ici de Stet Howland et de
Chris Holmes, tout deux d'anciens pensionnaires de ce collectif "sexuellement perverts", ainsi que les interprétations vocales très écorchés d'un Rich Lewis, rends particulièrement complexe). Pourtant des chansons telles que
Cardiac Arrest aux accointances germano-américaines déjà évoquées, telles que Don't Stop, telles que Don't Wanna
Die aux volutes introductives de claviers qui ne sont pas sans nous rappeler quelques contrées anglaises (The Who) ou telles que, par exemple, Eye of the
Storm sont assez plaisantes et arrivent à nous faire oublier quelques infimes instants les similitudes entre ce groupe et son illustre homologue.
Le morceau B.O.O.M est sans doute le moins convaincant de ce disque. Paré de ces ornements nerveux et de ces chants triturés, l'ensemble échoue, en effet, dans ces intentions bien trop maladroites et décousues.
La reprise du titre Zombie des irlandais de Crandberries est, quant à elle, toujours aussi dispensable et peine toujours autant à nous séduire. L'idée d'avoir délaissé le côté lancinant, visqueux et malsain de ce titre, est, assurément, une grossière erreur qui dénature bien trop l'essence initiale de cette chanson.
Il faudra donc attendre la sortie d'un véritable album pour réellement jauger de la valeur de ce collectif.
Purgatory étant bien insuffisant à mériter autres choses que des encouragements sincères et polies, la destiné de Where Angels
Suffer demeure donc très incertaine.
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