Un beau matin d’octobre, alors que je me connectai à une webradio métal, vint à mes oreilles une musique brutale enveloppée d’une douce mélopée. Intrigué, je jetai un œil au lecteur qui m'indiquai qu’il s’agissait de Spi-
Ritual. Totalement fasciné par ce que je venais d’entendre, j’en pris note sur un bout de papier avant de chercher d’avantages d’infos sur cet étrange groupe.
Au lieu de cela, je découvris que cette merveille était l’œuvre d’un seul homme :
Stephan Hertrich est un compositeur ayant nombre de projet à son article. Il compose des musques de jeux vidéo, il a fait partie du groupe
Darkseed, et il a créé
Betray My Secrets, et le projet instrumental
Shiva in
Exile. J’insiste sur ce dernier puisque l’univers est très proche de Spi-ritual, le métal en moins.
Tenant l’objet en main, on ne peut s’empêcher d’être intrigué par cette étonnante jaquette. On y distingue au centre un masque tribal en bois ou en pierre, entouré d’un cercle de feu. Autour, d’étranges sigles à la manière de hiéroglyphes sont gravés.
Passons désormais à l’écoute. Dès la première seconde, un chant envoûtant s’empare de notre Etre, accompagné d’une douce mélopée voluptueuse résultant de divers instruments à vent en bois. Puis tout s’accélère et le martèlement des instruments métal nous étourdissent, suivi de près par un chant grunt. Le ton est donné : on comprend alors que la jaquette à résonance tribale n’est pas là pour faire joli, l’ensemble des mélodie nous envois au fin fond de la forêt amazonienne, au cœur de la civilisation Maya. Ce mélange étonnant entre métal puissant et douces mélodies, d’une part, grunt, chant clair et chant ethnique d’autre part, offre un fabuleux voyage à nos oreilles.
La suite est-elle dans le même ton ? Merveilleusement… le deuxième titre commence même avec le son d’un petit ruisseau qui s’écoule paisiblement, suivi d’un chant ethnique, avant que le sieur Hertrich ne se remette à vociférer.
Même formule pour chaque titre, mis à part deux instrumentaux. Les mélodies sont très variées, aussi bien à l’intérieur d’un morceau que d’un morceau à l’autre, parfois à dominante métal, d’autre fois plus voluptueuses, mais toujours aussi intenses.
Concernant le chant, Stefan alterne chant clair et grunts de toute beauté (c’est en partie grâce à cet album que j’apprécie désormais ce style, c’est dire…). Parallèlement, il me semble avoir lu que le chant ethnique oscille entre langue Maya et tibétain (mais je n’en retrouve pas la trace), interprété par la douce voix de Yana Veva et Gaby Koss. Tout un programme…
Venons-en aux paroles. Stefan a voulu utiliser l’agressivité du métal pour transmettre une énergie à l’auditeur, énergie positive de par la présence de cet aspect voluptueux (j’adore ce terme, il défini tellement bien la sensation que l’on éprouve à l’écoute) qu’à l’album. A la manière d’un shaman qui puise sont énergie dans la nature et la restitue à sa tribu, il nous la transmet via la profondeur de ses mélodies. C’est donc une invitation à prendre notre destin en main pour, si j’ose dire, sauver le monde, ou tout du moins notre existence, ce qui s’avère déjà pas mal. Les titres sont d’ailleurs très transparents, en autre "This battle is yours", "
Pulse" ou "
Save and heal". Stefan le dit lui-même dans la mini lettre qu’il adresse à l’auditeur : « An aggression that should be enjoyed with a smile, not with an imaginary fist ».
Dans cette lettre, il explique sa démarche et ses intensions, et en profite pour remercier celui qui a prit la peine d’acheter son album. Cette formule atypique et réellement plus chaleureuse que les traditionnels remerciements (forcés ???). A ce propos, étant réellement bouleversé par cet album, je lui en ai fait part dans un courrier et j’ai eu l’agréable surprise de recevoir sa très sympathique réponse. Ca fait du bien de trouver encore un peu d’humanité dans les artistes.
Parenthèse close, l’album est également truffé de bonus. Tout d’abord le clip de «
Pulse », très joli et qui résume bien l’idée du projet. Je vous invite à le découvrir pour vous faire une idée de quoi je parle. En plus, 2 textes très intéressants. L’un, écrit par Stephan Hertich lui-même, portant sur les émotions apportées par le métal ; l’autre, par son ami le Professeur Christian Rätsch, un scientifique ayant étudié les effets du métal sur le mental, et l’histoire de cette merveilleuse musique (notamment pourquoi le métal est associé à l’Enfer - rien à voir avec le débat du Hellfest, ici, pas d’emportements inutiles). Le tout est agrémenté d’une délicieuse mélopée comme il sait en produire.
Je conclurais cette chronique en vous exprimant la sensation laissée par l’écoute fascinante de cette Musique (avec un garnd M, s’il vous plait !). Ce chef d’œuvre vous transporte dans un endroit loin de toute civilisation, dépourvu de haine et de médiocrité, et vous donne la sensation jouissive d’headbanger au sommet d’un temple Maya, situé au cœur de la forêt amazonienne. Vous en ressortirez assurément plus fort que jamais, et il promet longue vie à quiconque appliquera ses préceptes.
Je finirai par un extrait de « This battle is yours » :
Learn to grow, your are a vagabond that needs to stand,
Hold your head up and high when tears are shed,
Because this battle is yours.
Alors laissez vous embarquer vers cette Terre pleine de promesses…
Retrouvez cette chronique et bien d'autres sur mon blog: http://www.metaleatme.blogspot.fr
J'espère que bien d'autres personnes seront touchées par cet album.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire