Psychopathicolorspectrum se présente très sobrement : un nom hautement imprononçable, une pochette noire et verte sans fioritures, une galette toute de noir vêtue, enfin bref, un disque curieux, et je suis curieux. Annoncé comme Grindeurs de la première heure, ces Tchèques me font saliver et je me précipite sur la chaîne, volume au maximum pour profiter du carnage. Et là... La déception prend le dessus sur le bruit. On a finalement envie de se lever de table avant la fin, mais cette chronique est là pour vous dire : non, il ne faut pas se lever de table. Je vais lister les principaux problèmes que pose cet album, mais avant tout, je précise qu'il reste un album qui pourra intéresser certains auditeurs. Violent, brutal, chirurgical, il se veut hybride et bûcheron, et ne lasse pas trop vite.
Dès le premier morceau, "A Yellow Symbol", on se prend à trouver des accents Hardcore à ce groupe d'apparence Grind. Et c'est la remarque qui prévaudra pour tout le reste du disque : en lieu et place d'un Grind déchaîné et sans temps morts,
Alienation Mental nous sert un truc mâtiné de Hardcore et d'inspirations ridicules pour un groupe de ce calibre. La voix est pourtant démentielle, mais du coup elle ne colle qu'aux blasts beats, qui ne forment malheureusement pas la majeure partie de la trame des chansons. Cette voix d'outre tombe sonne mal sur les mids tempos fades et sonnants déjà vus qui hantent l'intégralité de cet opus. D'ailleurs, parlons en, de ce batteur... Mais où ont-ils été recruté un pareil type ? Mettez ma grand-mère aux baguettes, elle vous pondra une mise en place plus propre et plus en rythme que lui. Il n'est pas capable de produire quelque chose de correct dès que le tempo descend sous les 160 BPM, et c'est bien dommage, car paradoxalement il est furieusement efficace au dessus. Pour un groupe qui a voulu tenter une expérience hybride, avouez que c'est fâcheux...
Le deuxième titre, "Erase
Head", m'a à la première écoute plongé dans une consternation affligée. Passée l'introduction, le chanteur prend des accents de Jonathan Davis (
Korn, pour les incultes) sur fond de métal d'ascenceur. Ils sont tombés bien bas, se dit-on. Vrai, mais encore une fois, mettons ça sur le crédit d'une audace démesurée. M'enfin, ça commence à bien faire, audacieux je veux bien, mais pour nous servir cette friture, non merci. Suivent deux pistes bien calées (malgré le fait que le batteur soit toujours à l'ouest quand ça ralentit), puis arrive "Neurotic", qui par moments nous fait penser à
Coal Chamber qui aurait mal vieilli.
Triste... L'album se termine avec trois titres un peu plus intéressants, dont "Wreck" qui sonne le retour d'un métal un peu plus Grind, mais restant un croisement décevant. Dommage, car les intros orientées Electro laissaient entrevoir un horizon bien plus alléchant que cette soupe fadasse et filandreuse qui nous reste sur la langue.
Un seul mot ressort de cette écoute : déçu. Déçu, déçu, déçu. Vraiment. C'est du gâchis. A réserver aux inconditionnels de la première heure ou à ceux qui ont de l'argent à ne plus savoir qu'en faire.
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