Psycho Cafe

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15/20
Nom du groupe Bang Tango
Nom de l'album Psycho Cafe
Type Album
Date de parution 1989
Produit par Howard Benson
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album40

Tracklist

1. Attack of Life
2. Someone Like You
3. Wrap My Wings
4. Breaking Up a Heart of Stone
5. Shotgun Man
6. Don't Stop Now
7. Love Injection
8. Just for You
9. Do What You're Told
10. Sweet Little Razor

Chronique @ adrien86fr

19 Juin 2011

Frais, coloré et original ; le Sleaze à la sauce Bang Tango.

Un groupe sleaze hollywoodien haut en couleurs qui se forme en 1987 et sort deux ans plus tard sur le label MCA Records un premier album des plus originaux produit par un certain Howard Benson et dont les membres s’avèrent être tous plus bad ass les uns que les autres ; ça ne vous rappelle rien ? A bien des égards et à commencer par ces quelques faits troublants, le groupe Bang Tango de Joe Lesté peut effectivement être comparé sans peine au mythique Pretty Boy Floyd de Steve « Sex » Summers et compagnie tant les deux entités tendent à partager nombre de similitudes ainsi qu’un semblant de destinée commune. Pourquoi le fatum s’évertue-t-il à prendre ce malin plaisir à s’acharner sur ces combos de légende qui n’auront gouté qu’à une gloire on ne peut plus éphémère pour aujourd’hui ne survivre honteusement que dans les affres d’un oubli sarcastique et rieur et ne susciter l’intérêt certes sans cesse croissant que de quelques motherfuckers mystiquement fascinés par la scène glam originelle de L.A. alors que ces derniers salissaient impétueusement leurs Pampers Baby Dry à des milliers de miles de Sunset Boulevard et de ses bimbos mammairement siliconées quand le sacro-saint hair metal était au paroxysme de son succès et de sa popularité ?

Bang Tango se forme ; faut-il le préciser ; à Hollywood au cours de l’année 1987 lorsque le guitariste Amir Derakh du groupe heavy/glam de San Diego Rough Cutt fait se présenter le vocaliste Joe Lesté à Mark Knight et Kyle Kyle ; respectivement guitariste et bassiste de leur état au sein de petits combos amateurs de voisinage. Après les arrivées complémentaires de Kyle Stevens au poste de second six-cordiste et de Tigg Ketler derrière les fûts, Bang Tango se met activement à fouler les scènes des clubs sleaze/glam de Sunset Boulevard et plus largement du greater Los Angeles avant de réussir le petit exploit de dégotter un deal avec le légendaire MCA Records avant même d’avoir eu le temps d’enregistrer la moindre démo visant à promouvoir le groupe auprès des maisons de disques locales. Un hard rock glam funkisant des plus originaux et qui plus est doublé d’un jeu de scène hyper énergique ; il n’en faut pas plus au label d’Irving Azoff pour être convaincu du potentiel de Bang Tango et de compter dès lors sur le quintette fronté par Lesté pour investir sérieusement le marché des image bands en compagnie des esthétiques Keel, Femme Fatale, Jetboy et autres Pretty Boy Floyd notamment. Le premier album du combo sort donc au cours de l’année 1989 sous le patronyme énigmatique de « Motörhead" data-toggle="tooltip" data-html="true" data-title="
Bang Tango
Psycho Cafe
">Psycho Cafe ».

Quoi de plus difficile pour un groupe original et singulier que de sortir du lot au sein d’une scène marquée avouons le, par une tendance prépondérante au conformisme musical qui paradoxalement s’avère être l’une des caractéristiques irréfutables du sleaze rock/hair metal de la décennie 80 ? En cela, l’écoute de ce premier opus de Bang Tango peut sembler être à priori une démarche suscitant doutes et interrogations chez l’auditeur tant la musique du quintette parait sortir avec une complaisance certaine des patterns imposés par les codes et les normes de ladite scène. Alors qu’une attitude sleaze/bad ass et une efficacité musicale indubitable pourraient constituer deux des ingrédients majeurs et essentiels d’un combo stéréotypé à succès méritant de vivre avec excès le rock n’ roll lifestyle 24/7 et toutes les satisfactions toxico-charnelles qui peuvent en découler naturellement, Bang Tango semble ne pas délaisser l’aspect de l’originalité et de la recherche musicale sans pour autant constituer un groupe de geeks à lunettes passionnés de mathématiques quantiques pour qui le rock n’ roll serait la seconde source de plaisir après la torture masturbatoire de calculatrices graphiques microprocessorisées à connectivité USB dotées de 85 Mo de mémoire flash. Dès les premières secondes de l’introductif « Attack of Life » au cours desquelles se font entendre les balbutiements inspirés d’une basse et d’une six-cordes électrique, l’auditeur se rend pertinemment compte qu’il aura affaire à un disque original qui parviendra peut être à se distinguer sans peine de ses confrères sur l’étagère estampillée « Sleaze Rock/Hair Metal » de la discothèque auquel il appartient. Frais, énergique et groovy à souhaits, « Attack of Life » scelle l’identité musicale de ce premier opus qui se veut être en toute logique hyper efficace et représentatif de la fougue obligatoire d’un jeune groupe prêt à mourir pour se démarquer de la masse à travers son debut album. Dans une veine comparable, le tube « Someone Like You » marqué par les hautes envolées vocales de Joe Lesté confirme le diagnostic initial et incite plus que de raison un auditeur à la limite de la transcendance physique à remuer le popotin et la caboche à la manière d’une péripatéticienne septuagénaire sidaïsée aguichant tant bien que mal un puceau futur coupable de géronticide involontaire. Véritable marque de fabrique de « Motörhead" data-toggle="tooltip" data-html="true" data-title="
Bang Tango
Psycho Cafe
">Psycho Cafe », l’énergie des plus communicatives que dégagent allègrement les dix compositions composant ce premier disque. A l’instar des entêtants « Breaking Up a Heart of Stone », “Shotgun Man” et autres “Don’t Stop Now”, le hard rock de Bang Tango se complait effectivement dans l’originalité et assez souvent même dans l’expérimentation, mais aussi dans une certaine rigueur technique notamment illustrée par les accents funk prononcés de ce « Motörhead" data-toggle="tooltip" data-html="true" data-title="
Bang Tango
Psycho Cafe
">Psycho Cafe » n’étant pas sans rappeler ceux du remarquable « Funk-O-Metal Carpet Ride » des suédois d’Electric Boys sorti la même année sur Polygram Records.

Notablement bien produit par un Howard Benson à qui l’on n’apprendra nullement à se servir d’une console de mixage et des différentes fonctions inhérentes à un studio d’enregistrement (Pretty Boy Floyd, Sweet FA, Southgang, Tuff et même Motörhead avec « Bastards » en 1993 entre autres), « Motörhead" data-toggle="tooltip" data-html="true" data-title="
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">Psycho Cafe » donne également l’opportunité à l’auditeur de mesurer l’étendue du talent instrumental des Mark Knight, Kyle Stevens et autres Kyle Kyle sans lequel il aurait été assez complexe d’envisager l’identité funkisante qui hante presque tous les recoins du hard rock inspiré de Bang Tango et ce pour le plus grand plaisir de l’auditeur. Ainsi, et au-delà du feeling groovy général marquant l’identité quasi globale de ce premier album des plus singuliers au demeurant, notons les sublimes lignes de basse crépitantes du futur Newlydeads Kyle Kyle, notamment sur les géniaux « Shotgun Man », « Love Injection » et autres « Do What You’re Told ». Même si l’on a qu’assez peu d’affection à l’origine pour la musique funk, mise à part peut être pour quelques tubes de Prince entendus en supermarché entre quatre appels micro en caisse, les accents funk de « Motörhead" data-toggle="tooltip" data-html="true" data-title="
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Psycho Cafe
">Psycho Cafe » ne s’avèrent aucunement être rédhibitoires pour qui apprécie le hard rock/heavy metal sans fioritures. En effet, l’album tend à dégager une harmonie, une unité significative sans doute permise grâce à sa personnalité authentique et à la qualité et l’inspiration des compositions constituant cette première galette originale et très inspirée de surcroit qui atteindra malgré tout une honorable 58ème place au Billboard 200. Au fur et à mesure de son écoute, la réticence initiale disparait pour laisser finalement place au plaisir de découvrir un groupe des plus originaux empreint d’une vision musicale unique sans pour autant paraître tel un intrus indésirable au sein des groupes glam de Los Angeles objets de cultes modernes pour qui s’avère être normalement constitué d’un point de vue oculaire et auditif. Au titre et à la preuve irréfutable de l’indéniable appartenance aux groupes sleaze de Sunset Boulevard, notons la divine ballade « Just for You ». Belle, simple, inspirée et remarquablement efficace ; cette ode à un amour exclusif se joue néanmoins des stéréotypes du genre en ne mettant en scène sobrement que deux guitares acoustiques. Enfin, le voyage et le dépaysement « Motörhead" data-toggle="tooltip" data-html="true" data-title="
Bang Tango
Psycho Cafe
">Psycho Cafe » prend son terme avec le jouissif et vigoureux « Sweet Little Razor » qui une fois terminé procure l’irrémédiable envie de retourner le microsillon et de repartir dans les clubs enfumés de Sunset Strip une chaude et insouciante nuit d’été 1989.

A bien des égards, « Motörhead" data-toggle="tooltip" data-html="true" data-title="
Bang Tango
Psycho Cafe
">Psycho Cafe » s’avère être une œuvre originale tendant irrémédiablement à rompre les stéréotypes de la scène de légende à laquelle on associe à raison son auteur et interprète Bang Tango. Marqué par une personnalité funk lui conférant une originalité indéniable et un certain caractère d’expérimentation musicale, ce premier effort n’en demeure pas moins un classique représentatif du sleaze rock/hair metal des 80’s prouvant cependant que sous le fard à joues, le Spandex compresse-bourses et les foulards multicolores pouvaient émaner des démarches conceptuelles réellement douées d’originalité et d’authenticité pour le plus grand bonheur des passionnés du genre. A défaut de constituer un poids pesant pour au final scinder la musique du groupe en deux comme ce peut être le cas pour certains groupes dont nous nous garderons de révéler les identités patronymiques ; le funk sied merveilleusement bien au hard rock de Bang Tango et assure à ce premier album le titre de must have pour tous les amateurs du genre curieux et surtout avides de rock n’ roll criant d’efficacité et d’authenticité.

12 Commentaires

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adrien86fr - 19 Juin 2011: Nous avons déjeuné dans ce bar avant le concert ! Le bassiste d'Orthanc nous avait d'ailleurs accueilli à la gare avant de nous faire visiter Lyon, puis direction la salle pour un concert apocalyptique au cours duquel j'avais d'ailleurs fait une jolie rencontre.. lol Ah là là les souvenirs ;-)
ZazPanzer - 30 Octobre 2011: Après de nombreuses écoutes, un disque parfaitement produit et empreint d'une énergie funk, idéal à passer et à partager dans des soirées arrosées entre amis amateurs du même groove. Merci pour la découverte.
samolice - 21 Janvier 2018:

Excellente chro, merci Adrien. J'ai acquis ce disque tout récemment et je le trouve réussi. Et plutôt "original" dans ce style. Tu as parfaitement dit pourquoi, à savoir ce côté funky auquel la prod', impec, rend justice à travers notamment des lignes de basse bien cool.

Et ça m'a fait plaisir de lire le nom d'Amir Derakh, guitariste juste parfait dans Rough Cutt et qui a disparu des radars depuis. Quel dommage.

adrien86fr - 26 Janvier 2018:

Salut Sam ! Merci pour ton comm ;) L'ultra-looké Amir Derakh ("I'm here to rock") officie désormais très loin des sphères du hard US, mais s'avère toujours avoir une carrière musicale dans l'"electronic rock/dance rock" notamment, dans un groupe californien baptisé Julien-K, quand il ne produit pas des projets du même accabit. Quel dommage en effet !

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