Qui ne connaît pas
Deathspell Omega ? Ce groupe bien de chez nous, qui a imposé dans le monde figé du Black
Metal une trilogie implacable, constituée de trois albums denses et monolithiques, dont le dernier pilier "Paracletus" vient tout juste de sortir du brouillard ? Des pionniers, de véritables pionniers dans la scène, qui ont réussi à... Hein ? Quoi, comment ça "c'est pas
Deathspell Omega" ? Attends, fiston, je viens de m'enfiler ce disque en entier plusieurs fois d'affilée, et SI, c'est du DsO. Mais REGARDE la pochet... Ha, au temps pour moi.
Oui, ce groupe s'apelle
Subvertio Deus et vient de Grande-Bretagne. Bondiou, c'est dingue, à l'écoute, j'aurais pourtant juré que c'était nos français favoris.
Cette lourde farce me servant d'introduction aura au moins eu le mérite de planter le décor : le géant
Deathspell Omega a fait bien des émules, mais
Subvertio Deus remporte la palme haut la main, et avec les honneurs du jury, s'il-vous-plaît. Non pas que le groupe plagie, certainement pas. Mais ce joyeux (et très long) disque ressemble trait pour trait au culte "Si
Monumentum Requires, Circumspice" : même feeling, même son de guitare, même jeu de batterie très torturé, même production, ni trop étouffante, ni trop claire... Il ne reste qu'au niveau de la voix que la limonade n'est pas la même : la voix éraillée et vomitive de Mikko Aspa est ici remplacée par un hurleur surprenant, à mi-chemin entre Nattramn de
Silencer et
Attila de
Mayhem (c'est vous dire le calibre). Le groupe partait avec des intentions louables, et un pari très risqué.
Sauf que là ou
Deathspell Omega réussissait, en un véritable tour de force, à ne pas lasser l'auditeur malgré des titres longs,
Subvertio Deus se prend un peu les pieds dans le tapis; En effet, ce beau bordel est assez fade : le groupe, dirait-on, s'est contenté d'accumuler les riffs insipides, de les empiler, sans aucune cohérence, à un point tel que l'ennui fait place à l'irritation de l'auditeur (j'en veux pour preuve le titre "I", véritable incitation à appuyer sur "skip").
Quid de la sensation qui prend au tripes, comme sur l'album de leurs illustres mentors ? Passez votre chemin. Rares sont les groupes (pour ne pas dire quasi-inexistants) ayant réussi à déstabiliser l'auditeur aussi bien que DsO. Et ce n'est pas ce groupe anglais qui va changer la donne : c'est plat, c'est creux, certes efficace, mais beaucoup, beaucoup trop long. Amputer ce disque de vingt minutes n'en aurait été que bénéfique pour lui : "Psalms Of
Perdition" tente, en vain, d'imiter le maître (sans le plagier, j'insiste).
Les interludes apportent un souffle bienvenu à l'auditeur qui s'endort. La meilleure étant "
Omega", titre final, qui réussit à sortir le chroniqueur de sa torpeur, et ce à grands coups de riffs mélancoliques et d'une batterie tout en retrait. Mais un titre ne sauve pas un disque, malheureusement.
Allez, ne crachons pas dans la soupe non plus, et rendons à César ce qui lui appartient.
Subvertio Deus a certes perdu son pari, mais propose néanmoins un disque correct, qui saura se laisser apprécier petite dose par petite dose. De bons riffs, quelques plans qui ont le mérite d'envoyer correctement le bois (la fin démente du titre "III"), un hurleur correct... sont autant de bons points qui, hélas, ne sont pas suffisants pour pallier à l'absence de saveur du produit et surtout, surtout, à son insupportable durée. Vous voulez quand même vous enfiler la galette dans son integralité ? Fort bien, jeunes présomptueux. Mais prévoyez de l'aspirine. N'est pas
Deathspell Omega qui veut...
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