Pronounced 'Leh-'Nerd 'Skin-'Nerd

Liste des groupes Rock Sudiste Lynyrd Skynyrd Pronounced 'Leh-'Nerd 'Skin-'Nerd
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17/20
Nom du groupe Lynyrd Skynyrd
Nom de l'album Pronounced 'Leh-'Nerd 'Skin-'Nerd
Type Album
Date de parution 13 Août 1973
Labels MCA Records
Style MusicalRock Sudiste
Membres possèdant cet album195

Tracklist

Re-Issue in 2001 with 5 bonustracks
1. I Ain't the One 05:51
2. Tuesday's Gone 07:32
3. Gimme Three Steps 04:30
4. Simple Man 05:57
5. Things Goin' On 04:57
6. Mississippi Kid 03:57
7. Poison Whiskey 03:11
8. Freebird 09:08
Total playing time 43:01
Bonustracks (Re-Issue 2001)
9. Mr. Banker (Demo)
10. Down South Junkin' (Demo)
11. Tuesday's Gone (Demo)
12. Gimme Three Steps (Demo)
13. Free Bird (Demo)

Chronique @ Hellsheimer

24 Mai 2010
- Van Zant, nom de dieu, mais quand allez vous vous décidez à aller chez le coiffeur? Vous savez ce que ça veut dire, n'est ce pas? Vous me ferez deux tours de terrain en plus.
Car monsieur Skinner (Leonard de son prénom) ne supporte pas le look cheveux longs des jeunes de l'époque et a décidé d'être plus sévère avec eux. Et ainsi, sans le savoir, il devint à l'origine du nom de l'un des plus grands groupes de Rock Sudiste : Lynyrd Skynyrd.

Alors que le groupe connait ses premiers balbutiements dès 1964 sous plusieurs noms éphémères (My Backyard ou The Noble Five), celui se cherche encore une voie étant plutôt influencé par les groupes anglais de l'époque (Beatles, Yarbirds, etc). Ce n'est qu'après quelques tournées et la victoire dans un tremplin local que Ronnie Van Zant (à l'origine du groupe en compagnie d'Allen Collins et Gary Rossington) décide de changer le pseudonyme de la bande (1970). Le dévolu des musiciens se jettera sur "Leonard Skinnerd" en souvenir de leur professeur de sport préféré. L'appellation Lynyrd Skynyrd ne devenant définitive que juste avant la sortie du premier album. Le professeur, pas rancunier, en viendra même à soutenir le groupe et à en faire la présentation lors d'un show dans leur antre de Jacksonville.

Malgré le succès grandissant du groupe en live, et hormis les trois membres principaux, les musiciens ne restent pas des lustres. Alan Walden, qui deviendra leur manager par la suite en fait partie, tout comme Rickey Medlocke (batterie) et Greg Walker (basse) qui ne resteront que le temps d'enregistrer quelques titres au Muscle Shoals Sound Studio avant de partir dans Blackfoot.
C'est Al Kooper (Blood, Sweat, and Tears) qui découvrira vraiment le groupe et le fera signer chez MCA en 1972.
L'album intitulé Pronounced 'Leh-'Nerd 'Skin-'Nerd sortira le 1er janvier 1973. Leon Wilkeson, le bassiste de l'époque ayant décidé de quitter le groupe juste avant les enregistrements, sera remplacé par Ed King, qui deviendra par la suite le troisième guitariste du groupe lors du retour de Wilkeson. Et ce qui permettra tout simplement à Lynyrd Skynyrd de pouvoir reproduire en live ce qui fut enregistré pour trois guitares dans l'album.

Pour ce premier effort discographique, le groupe mettra sur la cover une simple photo du groupe prise à Jonesboro. A noter que Ronnie Van Zant a décidé de laisser Leon Wilkeson dessus alors que celui n'a pas participé à l'enregistrement.
Pour ce qui est de la musique, cet album est tout simplement une des pierres angulaires du style avec une bordée de Hits impressionnante. Jugez plutôt : "Tuesday's Gone", "Gimme Three Steps", "Simple Man" et bien sur "Free Bird" qui est sans conteste l'un des hymnes du Rock Sudiste et ce encore de nos jours. Van Zant se charge des textes et Rossington de la plupart des parties musicales, ne laissant que relativement peu de place aux autres pour s'exprimer. Les titres sont généralement longs pour l'époque, ce qui vaudra au groupe les foudres de leur maison de disque. MCA voulant des hits passables en radio (on remarquera que 40 ans plus tard, cette façon de penser est toujours d'actualité), Freebird et ses 9 minutes faisait tache dans les prévisions du label. Le groupe refusera même de ramener le morceau aux 3 minutes réglementaires et composera un autre de leurs tubes à propos de la maison de disque , "Working for MCA", pour leur deuxième album, mais ceci est un autre sujet.

La musique du groupe est au départ, un mix de country, de Hard Rock et de Blues, mais il comporte aussi une part d'improvisation comme le faisaient aussi à l'époque leurs compatriotes (et concurrents), des Allman Brothers Band. Mais contrairement à ces derniers, la partie "Jam" deviendra plus encadrée et à l'instar du titre "Freebird", contribuera à l'évolution du morceau jusqu'à l'enregistrement final de celui-ci.
Le public découvrira donc le groupe par un One, Two, Three, Four lancé par Ronnie pour introduire le morceau "I Ain't the One" et son introduction de batterie. Sur ce titre, on découvre que la place du clavier, même si elle n'est pas aussi prépondérante que celle des guitares, n'en est pas moins importante, apportant une touche bluesy supplémentaire. On n'est pas loin du ZZ Top de la grande époque. La voix est un peu sous mixée sur certains passages, ce qui la rend un peu moins compréhensible par moments. On y retrouve aussi une fin caractéristique de ce genre de groupes, interminable (un peu moins qu'AC-DC quand même) avec des soli qui partent un peu dans tous les sens. Arrive alors "Tuesday's Gone", dont le thème des paroles (la fin d'une relation) deviendra récurent au fil des albums du groupe. C'est aussi la première "ballade" de l'album et c'est à ce moment que l'on s'aperçoit que le groupe est taillé pour ce genre de morceaux. C'est un excellent support pour les duels (je sais il y a trois guitares) de six cordistes aguerris comme le sont Rossington, Collins et King. Bill Powell, roadie du groupe avant l'enregistrement, n'est pas en reste avec ses parties de pianos et Kooper, le "découvreur" du groupe, viendra même poser quelques lignes de Mellotron sur l'intro. Et c'est d'ailleurs la plus grosse différence avec le départ de "Freebird". Le groupe favorise alors aussi beaucoup les guitares acoustiques sur ce genre de titres ainsi que le Slide qui deviendra, là aussi une des marques de fabrique de Lynyrd Skynyrd au fil des albums.
S'en suit "Gimme Three Steps" qui deviendra le premier succès populaire du groupe mais qui paradoxalement ne sera jamais classé dans les charts. Ce morceau rebooste un peu l'album et la voix de Van Zant se fait un peu plus aiguë sur ce morceau plus enjoué que les précédents. On n'échappe pas aux soli de guitares même si, on a plus affaire à une mélodie qu'à une véritable envolée. On finira cette première face avec "Simple Man" à l'intro très "proche" de celle de "Freebird" (une fois de plus). Ce titre fut l'un des rares du groupe à être enregistré un demi ton en dessous de l'accordage normal. Ce morceau fut écrit en simplement une heure suite au décès de la grand-mère de Ronnie. On y retrouve là aussi une des caractéristiques que le groupe développera au fil des années, un morceau qui monte crescendo jusqu'à l'apparition des guitares. L'utilisation de l'acoustique est là aussi extrêmement présent, alors que celle du piano l'est beaucoup moins.
Outre celui de la séparation ou de la mort, l'un des autres thèmes abordé par Lynyrd Skynyrd et celui de la défiance envers les politiques. "Things Goin' On", qui ouvre la deuxième face, fait partie de ces titres. On s'éloigne du Hard Rock Bluesy pour aller faire un tour dans les racines du groupe, c'est à dire le Sud de l'Amérique et le Honky Tonk. Sur ce morceau, le clavier se met au niveau des guitares et entame le premier solo et finit même le titre. Le morceau est là aussi relativement calme. "Mississipi Kid" qui fait encore les beaux jours du groupe sur certaines tournées et son Banjo ne resteront pas dans les chansons impérissables de la formation de Jacksonville. L'intérêt résidant dans la seule utilisation de guitares et du Banjo et là aussi le titre nous fait bien comprendre d'où vient le groupe. "Poison Whiskey", seul titre composé par Ed King, revient à l'essentiel, c'est à dire un Hard Rock Bluesy dans lequel excellait le groupe à l'époque. On revient aux soli mélodiques avec l'alternance guitares-piano. Lynyrd Skynyrd n'a que très peu dérogé de la règle couplet-refrain et ce n'est pas sur ce titre qu'ils vont me faire mentir.
"Freebird". L'évocation de ce titre pour les fans suffit à leur donner des frissons et à leur faire hérisser les poils sur les bras. Alors que le groupe le joue depuis des années sous des formes différentes, c'est avec l'arrivée de Bill Powell dans l'entourage du groupe et l'intro dont il a eu l'idée que le titre prendra sa forme finale en studio. Tous les ingrédients du groupe sont réunis ici. L'intro acoustique guitare-piano surmontée d'une once de Slide qui suivra le titre de bout en bout, un texte qui parle une fois encore de séparation, un morceau qui monte crescendo jusqu'à l'explosion des guitares et encore une fois du piano pour se terminer dans un déluge de guitares absolument extraordinaire. Comme dit précédemment, le groupe refusa de faire une version trop courte de ce titre et le single fera quand même 4:41 et finira dans les charts. Et si la version studio est sublime, ce n'est strictement rien par rapport aux versions lives qui affleurent les 14 minutes... Lorsque qu'on commence à parler de Rock sudiste, ce morceau fait évidement partie des musts du genre avec le "Fall of the Peacemakers" de Molly Hatchet, le "Highway Song" de Blackfoot ou le "In Memory of Elizabeth Reed" des Allman Brothers Band.
Sans Lynyrd Skynyrd et ce coup de maitre qu'est Pronounced 'Leh-'Nerd 'Skin-'Nerd (2 millions d'exemplaires écoulés), il y a fort à parier que bons nombres de groupes n'auraient pas suivi cette voie dans le Rock Sudiste mais plutôt celui des Allman avec leurs morceaux de 40 minutes sur scène et leurs deux batteurs (ce que LYNYRD essaya aussi à une époque). Suite à la sortie de cet album, le groupe partira en tournée en première partie des Who qui venaient de sortir Quadrophénia.

De nos jours, on connait surtout Lynyrd Skynyrd pour sa poisse incroyable et "Freebird". Mais tout ceci est une autre histoire...

20 Commentaires

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Hellsheimer - 20 Août 2011: C'est un groupe qui a pondu des morceaux exceptionnels, mais aussi quelques daubes sans noms. De plus l'histoire du groupe est assez fantastique aussi. 9a m'a paru une bonne idée d'allier chronique et histoire, même si certains les trouvent imbuvables :-)
MCGRE - 26 Septembre 2012: Très bonne chro Mr Hells chapeau bas hé hé .
Chab - 06 Fevrier 2013: Magnifique chronique pour un magnifique album... "Simple Man" m'a marqué à jamais, une des plus belles balades que j'ai pu écouté...
taliesin - 08 Mai 2019:

J'ajouterai juste qu'à cette époque LS était le seul groupe a savoir remplir des stades comme le faisait les Stones et qu'aux US, c'était la référence pour contrer les Rolling Stones anglais !

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