Emmené par les frères Huff, célèbres musiciens de studio, Giant a marqué le début des années 90 avec 2 albums, véritables bombes de
Hard FM alliant puissance et mélodie. Bien que de qualité, "III", album sorti en 2001 à la demande de Frontiers, n'avait rien apporté à la légende du combo. Probablement excité par le succès et la qualité des retours de groupes tels que
Danger Danger ou
Foreigner, le label italien a réussi à convaincre les Huff Bros. de remettre à nouveau le couvert pour un quatrième opus studio. Le problème, c'est qu'entre temps, Dann Huff est devenu un producteur réputé (Shania Twain,
Faith Hill,
Megadeth,
Bon Jovi, Madonna…) et que son emploi du temps ne lui laisse pas assez de temps pour Giant. Et même s'il s'investit dans la composition de plusieurs titres, et pose un solo sur 2 d'entre eux, il ne peut assurer l'intégralité des séances studio. Il est donc remplacé par deux habitués du circuit, à savoir
Terry Brock (
Strangeways, The
Sign,
Seventh Keys) au chant, et John Roth (
Winger) à la guitare.
A l'image de son changement de personnel, "Promised
Land" représente une évolution dans la musique de Giant. En effet, la production, assez marquée fin 80's – débuts 90's, et quelques compositions s'éloignent du dynamisme proposé d'habitude pour le combo US. Ainsi, le début d'album, renforcé par la voix de Brock oscillant entre celles d'un Steve Perry (ex-
Journey) et d'un
Jimi Jamison (
Survivor), semble tirée de la B.O. d'Alerte à Malibu. Et ce n'est pas la vidéo du titre éponyme qui nous fera dire le contraire, avec son Aor sucré au refrain un brin larmoyant. Lancés par un "
Believer (Redux)" dynamique et au refrain accrocheur, les premiers titres font plus penser à du
Journey époque "Raised On Radio" ("
Never Surrender") qu'à du Giant. L'inquiétude pointe même son nez après la navrante ballade "Our Love" qui n'arrive pas à s'extirper de sa guimauve collante.
Heureusement, les choses commencent à rentrer dans l'ordre à partir d'un "
Prisoner Of Love" qui renoue avec la puissance habituelle des compositions de Dann Huff. Le quatuor semble retrouver un enthousiasme qui semblait jusque là un peu contenu. Et même si elle reste irrégulière, la suite nous offre quelques pépites telles qu'un "Plenty Of Love", véritable hymne en puissance, ou un "Double
Trouble" rutilant et au refrain catchy. La fin est même carrément décoiffante avec un "Complicated Man" nerveux et enthousiasmant que n'aurait pas renié
Van Halen, et un "
Save Me" à la puissance maîtrisée. Le reste oscille entre du
Hard FM toujours très typé 80's ("
Two Worlds
Collide") et Aor dynamique ("I'll Wait For You"), sans oublier 2 nouvelles ballades, certes mieux réussies que "Our Love", mais "
Through My Eyes" et son refrain mid-tempo, et "
Dying To See You" qui sonne encore une fois très
Journey, ne déclencheront pas l'enthousiasme pour autant.
"Promised
Land" est donc, selon l'état d'esprit, une demi-réussite ou un demi-échec. Il reste cependant assez loin du reste de la discographie de Giant de part sa qualité globale, même s'il déclenchera la sympathie des amateurs d'Aor US datant d'une vingtaine d'années. Nous terminerons cependant sur une note plus positive en signalant la performance d'un John Roth capable d'alterner passages techniques avec descentes de manche à la vitesse de la lumière, et moments d'émotions. Sans aucun doute, l'un des points forts de cet album.
Meme si le 1er album reste mon préféré, celui çi n'en demeure pas moins très bon.
17/20
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