Deuxième album pour les ukrainiens de Grimfaith, qui signent cinq ans après leur premier opus ce Preachure
Creature, sorti chez BadMoodMan Music.
Contrairement à ce que la très réussie pochette (qui esthétiquement parlant n'est pas sans rappeler certains éléments visuels du jeu de stratégie
Warhammer 40K) et la très sombre introduction pourraient laisser penser, on a ici affaire ni à de l'indus extrême ni à du Black dépressif mais bien à un
Metal gothique à chant masculin très moderne et efficace. L'un des ingrédients de cette efficacité est la diversité des compositions, l'album proposant une assez grande variété d'ambiances allant de la sensualité un poil malsaine (Le morceau titre par exemple) aux divers délires plus ou moins excessifs en passant par les passages plus émotionnels. De plus, les morceaux en eux-mêmes sont souvent assez intelligemment écrits, on pourrait par exemple citer le très bon Flower and the Bone et ses lignes de chant s'enchaînant de manière très réussies ou l'accélération assez marquante (bien que relativement classique) que nous offre Saint-
Demonic Smile.
On pourra par contre regretter l'aspect un peu trop gentillet et simpliste d'un
Dead in Soho, qui est de fait assez symptomatique de la dimension très moderne de l'album, et en cristallise ainsi les éléments qui pourraient en rebuter certains.
Par exemple le chant ne fera clairement pas l'unanimité, d'autant qu'il est très mis en avant. Moregrim, le chanteur, fait preuve d'une réelle maîtrise vocal et aborde volontiers des registres assez variés, qu'il s'agisse de hurler (une technique récurrente mais pas prédominante toutefois au sein de l'album) ou d'utiliser un chant clair allant du ton très théâtral aux lignes de chant limite pop, ce dernier point étant parfois un peu énervant. De même, il n'est pas avare en fantaisies vocales diverses et variées, comme par exemple les éructations qu'il nous offre sur
EVO-3: Cyber Lover, difficilement descriptibles autrement que part des onomatopée et qui, si elles apportent un coté souvent très barré à l'album qui en soi est assez plaisant, cassent parfois légèrement l'ambiance. On notera par ailleurs la présence en guest de Lisa
Johansson et Anders Jacobsson, la première intervenant de manière efficace mais assez basique sur le titre Flower and the Bone et le second faisant office de narrateur sur l'interlude Creepy Crawlers.
Le clavier est omniprésent et joue un gros rôle dans l'album. Notes de piano cristallines, cordes apportant une certaine dimension symphonique à certains morceaux ou effets plus synthétiques, ses interventions jouent un grand rôle dans l'ambiance de l'album et sont à certains moments réellement marquantes. On pourra ainsi citer le morceau
Radioactive Rain et son passage symphonique étonnamment imposant ou Saint-
Demonic Smile et son aspect assez féerique.
Pour finir on remarquera la très péchue reprise de
God Gave Me Everything de Mick Jagger, ainsi que le travail effectué sur les paroles qui abordent des thématiques plutôt variées comme par exemple Andy Warhol ou la Cyber-sexualité.
Un album qui dispose de certains arguments donc, mais qui pourra rebuter de par sa personnalité trop moderne et/ou trop excessive.
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