Possessed by the Rise of Magik

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17/20
Nom du groupe Ramesses
Nom de l'album Possessed by the Rise of Magik
Type Album
Date de parution 10 Mai 2011
Style MusicalStoner Doom
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1. Invisible Ritual
2. Towers of Silence
3. Sol Nocivo
4. Plague Beak
5. Duel
6. Safety in Numbness
7. Possessed by the Rise of Magik

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Ramesses


Chronique @ hemistes

21 Juin 2011

Une œuvre sincère et malsaine, une cérémonie occulte à laquelle nous prenons part avec plaisir

Si je vous dis Royaume-Uni, Dorset, Doom Stoner vous pensez à quoi? Ok vous allez me dire ELECTRIC WIZARD et vous n'aurez pas complètement tord.
En fait les membres qui composent Ramesses sont d'anciens membres d'ELECTRIC WIZARD enfin presque tous (Mark Greening à la batterie et Tim Bagshaw à la guitare). Le chanteur bassiste Adam Richardson est quant à lui un ancien membre du groupe LORD OF PUTREFACTION dans lequel évoluait également un certain Jus Oborn.
On peut donc parler ici d'une affaire de famille car les membres se connaissent tous. Ils ont tous baigné dans la même musique avec des influences similaires.
Mais bon laissons de côté les souvenirs d'enfance et focalisons nous sur le nouvel album des britanniques sorti cette année chez Ritual Productions.

"Possessed by the Rise of Magik" est un album assez surprenant, déjà au niveau de la pochette avec la fin du trip nazi zombies. Terminées les petites figurines de soldats de la seconde guerre zombifiés, non ici c'est une pochette en noir et blanc avec la photo des trois compères en train de se livrer à une quelconque messe musicale dans leur local. Déjà on peut ressentir un côté malsain à la vue de cette pochette, le groupe plante bien le décor.

Le titre de l'album a été très bien choisi car à peine le premier titre commencé, on se sent complètement happé par une sorte d'aura malveillante avec ces riffs lents et hypnotiques tels un enchantement maléfique.
Cette basse qui claque et qui vrombit n'a de cesse de vous donner le tournis.
Le groupe a vraiment misé sur l'ambiance générale de l'album. Les riffs très lourds possèdent un côté groovy qui vous fera bouger la tête sans même que vous ne vous en rendiez compte.
Ces derniers s'enchainent sans le moindre accroc ou la moindre fausse note et on reste complètement plongé dans ce rituel auditif à la gloire du Malin.
Les plans plus doom laissent parfois la place à des plans plus groovy proche du stoner et apportent une certaine chaleur pas désagréable après les enchainements plus froids de certains passages.
Cette ambiance malsaine est vraiment jouissive, et elle est encore plus mise en avant avec le chant de notre ami Adam Richardson.

Le bougre nous récite des incantations avec une voix qui alterne les plans clairs avec des plans plus criés. Cette voix a l'avantage ici d'être complètement fausse et ça c'est la classe!
Il peut se permettre de chanter faux et ça le fait! On a l'impression qu'un mec complètement bourré chante à la gloire de Satan!
Bien entendu, cette voix ne plaira pas à tout le monde mais pour ma part elle est d'enfer.
Je ne sais pas si ce choix a été volontaire, mais en tout cas, cela rajoute une forte dose d'authenticité à cet album et le rend d'autant plus attachant.
D'ailleurs on pourrait carrément dire que cet album a été fait durant une répète tant le rendu global sonne vrai.
Le son possède cet espèce de petit grain qui le rend un peu bourdonnant et lointain.
On est dans un lieu clos et on est forcé d'écouter une obscure messe qui met en avant notre ami cornu.
Les petits passages black métal présents dans l'album "Take the Curse" on disparu et pour ma part ça n'est pas plus mal car je l'ai trouvé un peu malvenus.

Le trio du Dorset nous livre un an après "Take the Curse" une œuvre sincère et malsaine, une cérémonie occulte à laquelle nous prenons part avec plaisir. Il n'y a pas qu'ELECTRIC WIZARD qui est capable de sortir des disques noirs et envoutants en l'honneur de Satan, Ramesses vient de se placer en concurrent sérieux et à ne pas prendre à la légère.

3 Commentaires

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Paindepice - 21 Juin 2011: Bonne chronique qui attire ma curiosité.
J'ai fait quelques écoutes Youtube et ça effectivement l'air pas mal du tout.
 
hemistes - 21 Juin 2011: En fait l'album monte en régime au fil des titres, les trois derniers sont vraiment les meilleurs de l'album.
 
Low_Mans_Lyric - 27 Juin 2011: vraiment sympa comme groupe, merci de la découverte.
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Chronique @ Trndblck

26 Mars 2012

Un brûlot nihiliste, une pépite de noirceur, aussi brute que sincère, aussi froide que mortifère

Ramesses nous avait habitué à un sludge personnel mais non moins dénué des classiques éléments du style, entre nihilisme, lourdeur des riffs et compositions dégoûtantes, le tout oscillant entre sludge, doom, death et black metal. En témoigne leur avant-dernier album, « Take the Curse », fort sympathique même si pas réellement transcendant. La surprise fut de taille lorsqu’un an à peine après la sortie de cet album, le groupe revint sur le devant de la scène avec un nouvel opus. Le réflexe était à la méfiance, parce que naïvement, on se dit qu’un an pour pondre un album, c’est trop peu. Et pourtant, on a sans doute là une œuvre bien plus aboutie, bien plus personnel aussi peut-être.

D’emblé, l’auditeur s’attendant à un classique sludge des famille se dit que« Possessed by the Rise of Magik » est un cas singulièrement à part. La musique est en effet bien différente de ce que proposait le groupe, au point qu’on en vienne à se dire « mais qu’est-ce que… ? ». Fort heureusement, passé l’effet de surprise, on se laisse prendre au piège et on plonge rapidement dans des terres plus noires et plus désespérées que par le passé.

Ce qui frappe immédiatement, c’est l’aspect brut de la musique, qui semble s’imposer comme un cri de rage, comme un violent saut d’humeur, comme un raptus psychique où tout bascule. On pense à du punk tant la spontanéité transparaît à travers chaque aspect de l’album, disons du post-punk pour le côté absolument noir de la chose et presque... contemplatif ?

Paradoxalement, on ne trouve rien qui du point de vue de la technicité soit mal mis en place ou pas assez travaillé, même en cherchant bien. Et c’est justement là où le groupe est brillant, car au choix cornélien auquel chaque groupe se confronte, celui justement de la spontanéité brut ou de l’acharnement technique, Ramesses a réussi à lier les deux de façon à ce qu’aucun des deux ne lèse l’autre.
Plus encore, j’irai jusqu’à dire que cela sert complètement le propos du groupe. On retrouve typiquement cela avec la guitare, au son affreux digne des demo-tape de black metal, plutôt aigu et très résonnant, mais qui pourtant amène toute l’ambiance de l’album. Un son caverneux, étouffé, écrasé même, distant, trop distant. La voix également amène des variations qui complètement le panel des émotions proposées, entre aboiements et déchirements, rage et plainte désespérée, mais quoi qu’il en soit ce chant est toujours approximatif et maladif, ce qui le rend d’autant plus sincère. La basse varie aussi dans les sonorités, entre grosse distorsion qui tâche et son plus net, plus posé, plus « cold wave » (sisi, je vous jure). La batterie propose également quelques parties « militarisantes », ici où là, et globalement je dirais que le tempo de l’album est plutôt lent, dernier reste du doom pratiqué autrefois sans nul doute, cette lenteur contribuant à l’alanguissement ressenti à l’écoute de l’album, comme une humeur rampante et poisseuse qui nous recouvre peu à peu.

Le sludge a toujours chanté, ou plutôt hurlé, la crasse et l’ignominie humaine avec pour fond de toile une dépression rugueuse et décrépite. Ici, tout cela est accentué, poussé à son paroxysme. Le nihilisme exprimé frôle dangereusement la limite avec l’effondrement, ce moment où le dégoût des choses se ré-insuffle dans votre être pour tout ronger. On a l’impression de se trouver dans la tête d’une âme malade, rongée par les substances, trop lointaine de toute réalité et qui préfère encore cracher sur ce qui l’entoure plutôt que de tenter vainement d’en saisir le sens. Les tempos militarisant, évoqués plus haut, semblent être des métaphores de nos sociétés quadrillées à l’extrême, ou tout once de vie se voit contrôlée, voire annihilée, contribuant à la disparition du sens des choses et de soi.

L’album insuffle insidieusement son poison, celui-ci se distillant progressivement chez l’auditeur, instaurant un malaise diffus qui s’épaissit au fur et à mesure que le chaos instaure son absurdité. « I think i’m falling... » est-il dit sur le dernier morceau, sur un ton presque détaché, comme un simple constat sans incidence sur l’état du monde. Et c’est effectivement cela que l’on ressent : ce qui tombe est notre raison d’être, nos constructions de sens. Une fois l’album fini, le vide se fait atrocement sentir, comme une béance dans le plus profond de notre être. Non que Ramesses l’ait creusée en nous par le biais de sa musique, il l’a plutôt mise à nue, nous l’imposant ainsi que se constat : rien n’a de sens, surtout pas notre existence propre.

En somme, « Possessed by the Rise of Magik » est un véritable brûlot nihiliste, une pépite de noirceur, aussi brute que sincère, aussi froide que mortifère.

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