Je pense que c'est arrivé au moins une fois à chaque membre fréquentant ce site. Durant une recherche sans but précis, on fait défiler dans les distros tout un tas de jaquettes d'albums, le plus souvent très gore si cette recherche s'effectue dans la sphère death metal. Et hop, un détail, un style ou une connivence avec une autre oeuvre vous fait cliquer sur une image.
C'est ainsi que je suis tombé par hasard sur
Stages of Decomposition, groupe de
Los Angeles formé en 2009 autour de Sal (basse, growl), Smoo (batterie) et Cesar (guitare). Pratiquant dès sa création un brutal death à tendance slam, le groupe publie deux démos en 2011 et
2012 avant d'intégrer la boucherie réputée dans la tripaille
Gore House Productions. C'est ainsi qu'ils se mettent à travailler à leur premier full-lenght,
Piles of Rotting Flesh.
Mon œil fut tout de suite attiré par cet artwork signé Tony Cosgrove, grand fan de films d'horreur si on se réfère à sa page Facebook. Ici, il rend hommage à la famille Sawyer, célèbres équarrisseurs texans, et son plus illustre membre, Bubba "Leatherface". Toutes en teintes rouge-marron, avec la dose idéale de carcasses humaines faisandées et d'outils rouillés, c'est une oeuvre très réussie dans le genre (pour public averti il va de soit).
Poussant l'investigation plus loin, j'écoutais alors quelques extraits disponibles ça et là sur le web et fit finalement l'acquisition de cet album. N'étant pas habituellement un grand fan du genre, force me fut de constater qu'ici, la sauce est savoureuse et sanguinolente.
D'emblée, passé le sample cinématographique de rigueur, le trio frappe fort sur Genital Adipocere. La basse est grasse et audible, les guitares tranchantes, la batterie mixée comme il faut. Petit plus qui fait la différence : le chant de Sal qui alterne growl de grizzly et cris plus écorchés, un peu à la manière de Glen Benton mais dans un phrasé teinté slam. Si certains plans lourds sont justement purement slam, le groupe sait distiller des accélérations psychotiques bien placées. On retrouve un schéma similaire sur les convaincants
Chainsaw Disemboweled
Cadaver (et sa partie centrale dérangeante), la terrible Devoured and Defecated By Swine (avec d'ignobles samples porcins en conclusion), The
Butcher of Plainsfield (quel refrain !!) et
The Burning.
Par ailleurs, on sent que le groupe ne maîtrise pas encore la facette la plus rapide de son death metal, le groupe sonnant quelque peu brouillon sur
Acid Bath Orgy et le titre éponyme lors de ses passages les plus intenses (surtout la batterie). Les plans slam sonnent eux aussi un poil redondants, ce qui semble récurrent voire rédhibitoire pour ce style.
Cependant, le groupe évite l'écueil des titres trop longs ou trop courts et n'abuse pas non plus des samples introductifs, même si on les devine grands amateurs d'horror flicks et d'histoires de tueurs en série. 9 titres pour environ 33 minutes, on tient une équation tout à fait louable.
Relativement peu chroniquée sur
Spirit of
Metal, cette scène slam/brutal death américaine, malgré la pléthore de groupes similaires et souvent passables (pour ne pas dire médiocre), a su sortir de bonnes formations comme
Devourment,
Pathology,
Peshmerga ou
Human Filleted (j'en oublie naturellement). Donc j'en profite pour remettre un peu de lumière sur cet album qui revient régulièrement dans mes écoutes et qui pourrait séduire également les amateurs. Et j'adore
Spirit of
Metal parce qu'ici on aime la bonne viande !!
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