Il y a 4 000 ans, les temps étaient bien évidemment différents et un peuple plus particulièrement nous revenait très souvent dans nos livres d’histoire : l’Egypte antique. Partant de ce peuple à l’histoire plus que passionnante, les Grenoblois
Amon Sethis désirent nous conter en trois chapitres l’histoire de la VIIe dynastie Egyptienne. En 2011 naquit le premier chapitre : «
The Prophecy ». À présent, voici venir la deuxième partie : « The Final Struggle », mettant en scène le pharaon
Amon Sethis, combattant son frère Atevaris pour la renaissance du Dieu
Seth.
De la même manière que de nombreux autres groupes avant eux (
Nile et Iron Maiden, pour n’en citer que deux), le sable Egyptien attire les concepts. Mais très loin de ces deux figures,
Amon Sethis propulse un Heavy Progressif bien plus axé sur le sens de la mélodie que sur une technique à outrance, qui est elle judicieusement incorporée au tout. Le son y apparait moderne, chaud, remplis de belles harmoniques, de refrains accrocheurs, de transition fluide et d’une musicalité accès sur une certaine accessibilité, bien loin des standards brut du style. Les titres demeurent ainsi assez courts, ne dépassant jamais de beaucoup les cinq minutes, mais s’intégrant parfaitement à la suite, permettant de stabiliser l’attention de l’auditeur. Après un premier album très apprécié et parfois critiqué pour ses déluges d’influences, il apparait dans ce « The Final Struggle » que celles-ci sont bien mieux digérés et intégrés.
« Prelude to Chaos » nous plonge directement dans l’ambiance narrative et cinématographique du groupe. La voix incantatoire en arabe, ces percussions et instrumentations orientales, les cuivres, les chœurs… Une grandiloquence bien maîtrisé et ouvrant avec succès sur «
Shadow the Light ». Sur un rythme à la fois posé et accrocheur, les guitares font cœurs avec les claviers orientaux, la batterie suit un rythme assez constant et les ronronnements de la basse sortent plutôt bien du mixage. Vocalement, Julien Tournoud fait un peu penser à la voix dansante et chaleureuse de Zaher Zorgatti (
Myrath), de même dans ces refrains profondément entêtant. Une nouvelle voix en arabe s’élevant, il convient donc de vous préciser que si le chant sera en majorité en anglais, de nombreux intervenants (régulièrement les même que sur le premier chapitre) viendront apposer des lignes en hébreu, kabyle ou arabe, renforçant l’immersion.
« Pharaon’s Army » et son tempo lent et résonnant se jouera dans une atmosphère plus épique, me rappelant personnellement à du Scorpion, même au niveau de la voix. Les refrains plus guerriers, ce solo s’intégrant judicieusement, tout coule de source, peut-être un peu trop à certains moments. On s’enfonce encore dans ce corps Heavy avec la lourde «
Hope », dans laquelle le refrain me fait complètement penser à ces titres old-school, avec la voix très haute dans ces rythmes catchy et accrocheurs, chœur merveilleux en plus, solo parfaitement dans le ton et une fin ambiante s’intégrant parfaitement au tout.
Plus loin ce trouve un « Ateravis the Commander » toujours lourde et puissante dénotant, en plus d’un cœur Heavy bien construit, de diverse inspiration plus symphonique, notamment dans les diverses voix féminines, certaines mélodique, d’autre plus opéra. Les chœurs plus menaçants augmentent encore plus l’aura noir nous emmenant vers la fin de l’album.
Car noir est la couleur se rapprochant le plus de ce qui suit. S’il est vrai que l’album poursuit une ambiance relativement posée, certains titres dynamisent le tout.
Plus tôt, « Aissem Tenemra » et son introduction ravageuse donne déjà une bonne idée de ce que le groupe peut effectuer dans des passages, certes mélodiques toujours, mais rythmés à la double et dans des pointes de voix plus agressives, au-delà même du simple passage oriental tournant vers le growl. Et pour ce domaine là, nous nous rapprocherons de la fin avec « Exterinate the
Earth », clairement plus Death dans ses inspirations. Sans être foncièrement brutale, l’atmosphère pesante et les growls d’outre-tombe transitant avec ce chant mélodique, mais féroce, donneront un sentiment de puissance très intéressant, sentiment encore développé dans un «
Far Beyond Death » plus inquiétante et stridente, toujours dans cette dualité de voix mélodique et hurlés et davantage ancrée dans une rythmique rapide.
Avant de passer au combat final, arrêtons-nous sur la ballade «
Eyes of the Sun », majoritairement acoustique, douce, mélancolique, judicieusement supplée par un piano discret et une basse efficace. Une voix féminine solennelle et un redémarrage électrique et progressif plus tard, nous tenons là une ballade « simple », mais terriblement efficace. Pour clôturer cet album, le groupe fait le pari du titre progressif par excellence : « The Final Struggle », vingt-six minutes. Je ne vous cache pas avoir crissé des dents devant la longueur, étant donné la difficulté à maintenir l’attention sur un titre aussi dense. Au final, voilà-là une impeccable réussite, déversant dans un même titre à la fois les influences du groupes et les éléments prédisposés dans l’album. Je ne décrirai pas ce morceau dans le détail, à vous de vous pencher dessus. Globalement, vous y trouverez des ambiances ambiantes et progressive, des claviers orientaux discrets et impeccables, des passages spirituelles et sombres, des coupures piano/chant clair, des monologues dans les divers langues apparaissant dans l’album, des passages agressifs, des growls, des hurlements de dément, de l’atmosphérique, de la mélodie …
« The Final Struggle » est un disque vraiment très intéressant, digérant à la perfection ses influences pour en faire un album moins fouillis que le précédent et véritablement très accessible à chacun. Agréable et narratif, la présence du livret est obligatoire pour ceux ne voulant se perdre dans cette histoire. Peut-être que sa simplicité pourra être mal-vu par une certaine frange, mais il est agréable parfois de se laisser aller dans une musique dont la seule volonté est de nous faire simplement voyager. Le troisième et ultime chapitre est déjà attendu de pied ferme.
C'est à voir ! Je ne suis pas un grand spécialiste de la scène Heavy (au sens large), mais cet album à l'accent oriental et progressif était assez "simple" d'accès, je n'ai pas eu trop de mal à y trouver mes marques. Pour l'instant, j'ai encore une petite collection d'articles à faire paraître dans des genres plus proches de mes spécialités, on verra par la suite :)
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