Pour ce nouvel album, nos italiens adorés charment notre belle langue française dans un album hors de leurs courants habituels, illustrant l’ambiance d’un
Paris Baudelairien à la sauce cabaret de l’horreur et cirque déjanté. Loin des ritournelles médiévales (Belle Yolande), des musiques néo-classico-baroques grandiloquentes (La Force du
Silence, Nemerut Nagi) et des ballades oniriques (Ophélie)
Ataraxia propose aujourd’hui une musique bordée d’inspirations fantastiques, drôles, étranges, farfelues et théâtrales, le tout contenu dans un digipack orné d’une photo historique du Cabaret de l’Enfer et agrémenté de quelques ligne du
Paris Spleen de Baudelaire, histoire de rappeler qui est le personnage et de replonger dans ses écrits.
Cher lecteur, chère lectrice,
Les années 1900 débutent à peine…
Promenez-vous du côté du boulevard de Clichy, laissez-vous guider par les enivrantes vapeurs d’opium et les hurlements terrifiants et entrez dans ce cabaret historique de la capital, l’Enfer. Laissez-vous happer par cette gueule monstrueuse qui dissimule la porte d’entrée, ne prêtez pas attention à ces femmes mutilées, dévorées par des démons et sculptées sur la façade du bâtiment. Sur une longue introduction d’orgue, rythmée de tambours et ponctuée de gémissements et hurlements, de sa voix grave, profonde et grandiloquente, Francesca vous invite en ces lieux surprenants et fait les présentations.
Ataraxia et Circuz Kump ont donc l’honneur de vous présenter un nouveau spectacle cabaret, avec la participation exceptionnelle de Safran UdU, Gabor Szebedei Szentendrei, J. Amphora, Lunette Namair, Sibelis P., Rêverie de Bal D. Rak, ainsi qu’une Madame Bistouri, autant d’entités sorties de lieux insolites tels que le Caveau des Trépassés et la Salle d’Intoxication du Cabaret du Néant. Ainsi les décors sont posés, les personnages atypiques présentés et ce cabaret horrifique et délirant peut commencer !
Ici,
Ataraxia chante les chiens errants, les chiens crasseux, la pluie et l’hiver, les femmes à barbes, les saltimbanques et les ruelles sombres. Pour écrire ses chansons, Francesca s’est très largement inspiré du
Paris Spleen de Baudelaire sans en dénaturer le sens ou la poésie. On reconnaîtra par exemple « Le Vieux Saltimbanque », « Le Chien de la Flacon » ou encore « Les Bons
Chiens ». Concernant l’interprétation, l’accent italien de la Prêtresse est toujours présent, mais après une lecture attentive des paroles, tout finit par être parfaitement compréhensible. Rassurons les adeptes,
Ataraxia reste
Ataraxia, le chant est très présent, lyrique, tantôt grave, tantôt aiguë, gémissant un temps (Oh Rhadamante), chuchoté l’instant suivant (Petite Chanson Lycanthrope) cette voix androgyne n’en finira pas de charmer ! Accordéon, violon, violoncelle, trombone, piano… nous transportent dans l’univers et l’ambiance de cabarets parisiens d’une grande authenticité.
L’album est parfaitement homogène, les titres variés, entraînants (Tango Des Astres), déjantés (Mon Cher Toutou), envoûtants (Longtemps, Pierrette d’Orient), excentriques (Oh Rhadamante). « A Votre Guise » clos l’ensemble en rappelant à l’auditeur de ne pas être un « esclave martyrisé du temps » et en lui conseillant de s’enivrer sans cesse ! Ce titre s’achève dans un brusque feu d’artifice, la musique fanfaronne s’éloigne lentement et l’on regrette que la fête s’achève déjà… même si le spectacle a duré près d’une heure, sans nous laisser un instant de répit.
Cet album est l’occasion de découvrir ou re-découvrir
Ataraxia, il est une preuve que nos Italiens se renouvellent sans cesse et qu’ils savent toujours nous surprendre et nous entraîner avec eux, où bon leur semble, et nous ferait presque regretter que le temps des cabarets soit révolu !
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