Pandemonium

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Cavalera Conspiracy
Nom de l'album Pandemonium
Type Album
Date de parution 04 Novembre 2014
Style MusicalDeath Thrash
Membres possèdant cet album64

Tracklist

1. Babylonian Pandemonium 03:35
2. Banzai Kamakazi 04:04
3. Scum 02:28
4. I, Barbarian 03:24
5. Cramunhão 05:28
6. Apex Predator 03:45
7. Insurrection 03:49
8. Not Losing the Edge 05:10
9. Father of Hate 03:31
10. The Crucible 03:27
11. Deux Ex Machina 06:29
12. Porra 06:00
Total playing time 51:10

Chronique @ LeMoustre

12 Novembre 2014

Escape To The Mass

Certains diront que le Brésil, c'était mieux avant. Si cette vérité du moment s'adapte parfaitement bien au football en 2014, elle n'est pas loin d'être aussi valable également pour le petit monde du metal en général et du thrash metal en particulier. Les dernières productions de Max Cavalera, tant avec Soulfly qu'avec Killer Be Killed, ajoutées aux derniers Sepultura, plus réussis artistiquement mais loin de leur glorieux passé, n'incitent pas à l'optimisme sur le sujet.

Pandemonium dans ce contexte là, dernier rejeton des deux frères Cavalera, annonce un retour aux sources, de la brutalité, la vibration des premiers enregistrements, avec citations ad hoc des albums cultes de Sepultura à l'appui. Cet appel à la nostalgie, s'il peut appâter le fan, incite à la suspicion autant qu'à la curiosité. Objectivité requise.

Le premier titre "Babylonian Pandemonium", furieusement rapide et sombre, annonce la couleur et renoue effectivement avec une inspiration trop éparse dans un passé récent. Le riff, tournoyant, renvoie aux deux premiers Sepultura (avant l'arrivée de Kisser, donc) et la voix de Max, grave et sous-mixée, fait son petit effet. Igor tabasse bien, même si la production de John Gray ("Dark Ages" le Soulfly le plus proche de Sepultura première mouture, pour ceux qui l'auraient loupé) noie le tout dans une bouillie assez brute. Court, mais pêchu. Il en est à peu près de même sur le suivant "Bonzaï Kamikazee", simple mais efficace. Le riff purement thrashmetal est punchy, la batterie, assez binaire, induit une construction de morceau assez basique. On sent des compositions dans l'ensemble assez semblables d'un morceau à l'autre, sans que la qualité globale soit réellement tirée vers le haut. Ainsi les riffs, et les passages rythmiques, s'ils ne sont pas mauvais en soi, sentent énormément le réchauffé. C'est brut ("I, Barbarian" et ses larsens bien trouvés, "Insurrection" qui, avec un son plus adapté, aurait pu être comparé à un petit "Arise"), mais, pas aidé par une production noyant les instruments dans un "tout rythmique" confus et une voix trafiquée, Cavalera Conspiracy se noie un peu dans sa volonté de sonner "raw", comme si le contenant comptait plus que le contenu.

Pourtant, certains moments (les nombreux soli/larsens de Marc Rizzo sur l'inspiré "Cramunhao" par exemple, les soli de "Insurrection") séduisent, et sur scène, la musique prendra toute sa dynamique si Max se donne à fond. Mais comme Cavalera Conspiracy tourne peu (Igor préférant ne pas partir sur les routes), pas sûr que cela suffise à transcender des morceaux qui auraient gagné à être plus inspirés dans leur ensemble ("Not Losing The Edge", lourdaud). L'apport du nouveau bassiste Nate Newton (ex-Converge, Killer Be Killed) n'influe pas sur des titres construits sur un mode plutôt répétitif : un riff d'intro/un larsen superposé/couplet rapide/refrain/pont plus lourd/re-larsen ou solo/couplet sur le riff initial. Simple et efficace. Max a de la bouteille, et les musiciens connaissent leur métier - Marc Rizzo et ses interventions souvent judicieuses en tête -.

Les douze morceaux déroulent ainsi selon une formule assez similaire (sauf le tribalo-acoustique "Pirro" placé en fin de disque). Quoique efficace par moments, les passages trop convenus noient en même temps que la production brute cet album dans la catégorie des disques pas inoubliables, bien que par moments agréable à l'écoute et bien plus brutal que ses prédécesseurs. Max Cavalera ferait sans doute mieux de sortir les albums de manière plus espacée (Killer Be Killed en 2014, "Savages" de Soulfly en 2013 et "Ensalved" en 2012), et d'être plus exigeant sur la qualité au détriment d'une quantité redondante, afin de s'extraire un grand album de la masse de ses sorties.




11 Commentaires

9 J'aime

Partager

MCGRE - 14 Novembre 2014: Ben moi je suis comme Amon agréablement surpris par cet album , je ne m'y attendais pas et il passe super bien alors que depuis Inflikted je trouvé ça nul , comme quoi .
metalpsychokiller - 15 Novembre 2014: Pas le temps ni l'envie d'étayer mes propos, mais perso je kiffe bien cet album. Raw, rêche, âpre, ossu, gras, épais, épileptique où dissonant par bribes, soutenu, poutré (liste non exhaustive)... Et une prod qui au final des écoutes ne sied pas si mal à ce parpaing auditif.
scotch - 24 Novembre 2014: Un son moyen c'est sûr mais j'ai été positivement étonné de la part des deux frangins dont je n'attendais plus rien depuis "Chaos AD". Là ça cogne quand même pas mal, certains riffs thrash sont plutôt bien foutus, Iggor à l'air de bien s'éclater, bref un album honnête et assez agréable. Et merci pour ta chronique !
maresvil - 30 Décembre 2014: Si je prend les commentaires et la chronique il ressort globalement que c'est un très bon album... Brutal au son crade mais c'est ce qu'il est attendu du groupe finalement non ? Perso,Je serait plus exigent pour Soulfly ou Sépultura mais pour Cavalera Conspiracy ça me conviens parfaitement !! chronique un peu sévère le "12" vu le texte (très juste et vrai au demeurant) et puis tu ne tombe pas trop dans le comparatifs avec les albums [trop] anciens (ARCHI-RAS--LE-BOL des "c'était mieux avant !!!") et donc très bonne chronique à mon avis.
PS : Sur le plan affectif : j'adores cet album !
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Cavalera Conspiracy