Le
Death Metal français a attendu pendant longtemps pour trouver une relève au célèbre trio
Massacra,
Loudblast,
Agressor, mais au début de ce millénaire quelques formations talentueuses ont enfin commencé à émerger de l’ombre :
Benighted,
Kronos et donc
Devilium (dont 3 membres font également partie d’
Imperial Sodomy) proposant son premier album
Pagan at War (2001) par l’intermédiaire du jeune label
Criminal Records.
On devine tout de suite grâce à la pochette et à ce belliqueux guerrier sur son trône que
Mordred (chant / basse) et ses acolytes ne sont pas ici pour faire dans la dentelle mais bien dans du
Death Metal aussi brutal que possible.
Warpath le sample qui débute la galette, représentant les cris et bruits d’une bataille sanglante, met d’emblée dans l’ambiance et introduit à merveille le bien nommé
Kill Hymn démarrant (et finissant aussi) à 200 à l’heure, comme la plupart des titres de
Pagan at War.
Devilium déploie tout au long du disque une volonté d’en découdre, une violence et une haine peu commune au travers de leurs textes guerriers et de leur musique implacable. Ainsi l’intensité déployée au travers de
Angel Devourer et de ses rythmiques diaboliquement précises, de
Kill Kill War au contenu aussi dévastateur que son nom, ou encore de
Human Meat et de son riff principal inoubliable, atteint des proportions étonnantes. On notera même quelques similitudes avec
Deicide sur
Skeletons In Armor et dans les soli où Mordrir et Davius usent et abusent de leur vibrato.
De plus
Devilium n’est pas qu’un groupe de bourrin irréfléchis, en témoigne
Manifest, morceau plus varié, limite mélodique sur quelques (rares) passages, ou
Pagan at War au début plus posé où la lourdeur et l’efficacité priment pour une fois sur la vitesse. Ce long titre qui clôt l’album montre d’ailleurs tout le talent de compositions et d’interprétation des brutes composant ce quatuor, Gorgor le batteur notamment envoie des séries impressionnantes.
Au niveau du son, un peu plus de puissance n’aurait pas nui mais d’un autre côté, le son sec et agressif colle plutôt bien au concept minimaliste et la haine dégagée par
Pagan at War.
Au final
Pagan at War est une bonne bombe de
Brutal Death qui lorgne parfois vers le Grind. Le style est moins fun et arraché que
Imperial Sodomy mais plus sombre et plus carré et précis. Il est si dommage que ce CD soit le seul et unique jamais sortie par
Devilium avant de splitter car avec un peu de travail, un label plus important et une bonne promo, ceux-ci auraient pu concurrencer à coup sûr
Kronos et
Benighted pour la couronne du
Death Metal français.
Toutefois pour les amateurs de
Devilium, la quasi intégralité du line-up évolue désormais au sein du groupe Belëf dans un registre un peu plus Black
Metal mais toujours dans cette veine agressive. Le premier album
Infection Purification est sorti en 2005 chez Candlelight, à bon entendeur…
BG
Preuve que notre belle contrée sait aussi engendrer de redoutables formations...
En tout cas il est clair que DEVILIUM nous assène ici une belle pièce de brutalité implacable.
@lhopeyoudie: fonce sur ce skeud les yeux fermés, tu ne le regretteras pas mon cher...
Je découvre à l'instant grâce à un ami, quelques décennies trop tard. Quelle claque!!! Du brutal death ultra carré, haineux et violent à souhait. Riffs haineux, rythmique implacable, soli respectables, growl grognon comme on l'aime Le son est plutôt bon pour un premier album. A découvrir, même sur le tard!! Dommage que le groupe n'ait pas survécu, car il aurait effectivement pu faire partie de la descendance brutal death française.
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