Out of the Darkness

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Nom du groupe A Sound Of Thunder
Nom de l'album Out of the Darkness
Type Album
Date de parution 27 Mars 2012
Enregistré à Assembly Line Studios
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1.
 The Day I Die
 08:31
2.
 The Night Witch
 05:37
3.
 Kill That Bitch
 03:56
4.
 Murderous Horde
 05:56
5.
 A Sound of Thunder
 04:45
6.
 Out of the Darkness
 04:23
7.
 Calat Alhambra
 08:17
8.
 Fight Until the End
 06:29
9.
 This Too Shall Pass
 05:07
10.
 Discovery
 08:35

Durée totale : 01:01:36


Chronique @ AlonewithL

11 Mai 2012

Une vraie séance d’essayage.

« A Sound of Thunder »; ce nom interpelle et rappelle quelque chose. En effet, on a eu la nouvelle de science-fiction du même nom écrite par Ray Bradbury, qui donnera bien plus tard un film (« Un Coup de Tonnerre ») . Ce « A Sound of Thunder », bien qu’inspiré par la nouvelle, n’est pas tiré de l’imagination de cet auteur. Nous avons en fait là un combo heavy metal américain dont les soubassements se situent dans la ville de Washington, aux alentours de l’année 2008. Le groupe a pour spécificités de proposer un heavy metal moderne et d’avoir un leader vocal non dénué d’atouts. Effectivement la pétillante Nina Osegueda parvient dans une facilité déconcertante à muer sa voix. Hargne ou grâce, tout lui va. Ce nouvel album, premier chez le label américain Nightmare Records et faisant suite un an après à « Metal Renaissance » sera pour notre frontwoman une vraie séance d’essayage.

Dès les prémices, on s’attend à du lourd. L’entame nous plonge dans une atmosphère confuse, planante, presque effrayante. Le chant de Nina, pourtant chaleureux, n’offre qu’un faible secours dans cet environnement hostile où le riffing avance au pas à pas. Le refrain avec l’apport d’autres voix féminines s’incrustera pour autant comme un vrai rayon de soleil, venant partiellement éclairer la piste. Un apport indispensable et pertinent quand on sait que le break du milieu nous fait passer des années 2000 aux années 70, du heavy metal moderne aux mélodies que pourrait aujourd‘hui réaliser un certain « Blood Ceremony ». L’introduction de l’orgue Hammond en fond sonore est pour beaucoup dans ce constat. L’ode aux ténèbres sera de nouveau perpétuée par le nocturne « Murderous Horde ». Nocturne, car les bruits de la nuit viennent à nos oreilles, ceux de sa faune, celui d’un prédateur incarné par Nina, chat sauvage en quête de sa proie. Elle se déplace doucement, charmeuse dans ses pattes de velours. Sa voix d’abord feulée deviendra cri perçant quand les détonations de guitare se feront de plus en plus persistantes. Ce sera surtout le cas en seconde partie de piste avec un emballement rythmique assez étourdissant, notamment dû à un renfort de la batterie de Chris Haren.

La formation américaine mise pas mal sur une rythmique soutenue pour des titres déterminants comme l’éponyme de l’album « Out of the Darkness ». Un titre décapant, jouant sur la vigueur des guitares et sur le duel de chants survolté entre Nina et John Gallagher. Ce dernier, leader du prestigieux groupe de NWOBHM « Raven », offre encore beaucoup de répondant. Lui précédait un morceau tout aussi fort, quoiqu’un peu bourru par le cognement rude de batterie. Ce martellement alimente pourtant ce « A Sound of Thunder », donne à ce titre une consistance inédite. Toutefois cette démonstration de force devra cohabiter avec des passages doux, gagnés par un chant moins enragé et quelques chœurs épiques qui lui servent de soutien. « Fight Until the End » s’illustrera par la suite comme une plus étonnante communion. Il y aurait un contraste étonnant entre les couplets usant des riffs salvés et grippés dégageant un aspect mécanique à la musique, et le refrain débordant de vitalité, de sex-appeal. La tigresse Nina torture sa voix, la rend aussi menaçante que possible. Une méthode efficace pour subjuguer les mâles.

Cette méthode est parfaitement mise en application sur « Renaissance that Bitch ». Notre chanteuse puise son agressivité dans le punk. La musique s’exécute elle dans un hard rock blindé, sans néanmoins parvenir à sortir de ses gonds. Ils trouveront ensemble un compromis et une mesure identique sur le mid-tempo « Discovery ». On avait senti un premier temps les guitares irritées, prendre leur aisance. Celles-ci tendront à se faire plus discrètes, au point de se voir dominer par les violons sur le break de milieu. La partie instrumentale est bien faite, mais pas très cohérente si on tient compte de sa longueur. Quand on parle des violons, on abordera forcément « This Too Shall Pass ». Nina Osegueda nous fera alors une grosse impression. Transformant totalement sa voix, pour la rendre harmonieuse, émue et lyrique. Elle sera accompagnée par le raffinement acoustique créé par les sanglots de violons et de violoncelle.

Nous avons déjà pu en avoir un bref aperçu sur « The Nightwitch ». Étonnant le rapprochement que l’on pourra faire avec le groupe « Nightwish » (peut-on y voir un lien direct?) sur les passages les plus doux. Le reste, beaucoup plus imposant et dynamique servira à brouiller les pistes. Le titre est partagé entre violence et volupté. Un peu comme « Calat Alhambra ». Son entrée figure en superbe initiation au voyage, au retour à l’époque de la prise de Grenade par la reine Isabelle de Castille. Dommage que la guitare paraisse par moments hésitante et perdue. Ce qui aurait pu, ce qui aurait du être un morceau sublime et envoutant, à la subtilité orientale, donne des impressions de fouillis, de prototype. Tout ne pouvait être parfait (soupir!).

« Out of the Darkness » n’est pas l’album de la maturité pour « A Sound of Thunder ». Il ne suffirait de pas grand-chose en vérité. Ainsi quelques redondances seraient à soulever. On sait en revanche que le produit prévoit le meilleur pour l’avenir de la troupe et de sa belle figure de proue. L’album jouit d’une grande diversité, abordant des approches, des tonalités parfois contraires. Les membres nous dévoilent sans détour leurs possibilités, que ce soit sur le plan technique ou celui de la composition. Souvent, on se laisse impressionner par leur dextérité et par l’ambivalence de leurs morceaux. Sans oublier naturellement, le chant de Nina, principale attraction et clef de voute d’un ouvrage qui demande encore à atteindre des sommets.

14/20

1 Commentaire

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Alexis - 11 Mai 2012: Je serais pour ma part un peu moins sévère sur le résultat même si je suis d'accord avec un certain nombre de points.

Cependant les mélodies sont efficaces, les refrains restent en tête, et le chant de Nina est carrément excellent !



Très bonne chronique, bien détaillée et qui donne une bonne idée de l'album. Même si pour ma part, j'ai été plus enthousiaste au moment d'écrire la mienne :-)
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