Sorti en 2019,
Big Blue World, le huitième album studio du groupe
Unruly Child avait laissé une impression plutôt positive, replongeant dans ce que le groupe californien proposait au cours du début des années 90. À savoir un
Hard FM,
AOR dynamique et accrocheur mettant l'accent sur des guitares à la fois mordantes et lumineuses, mais aussi un chant prenant, puissant et félin de Marcie Free toujours aussi à l'aise dans ce style.
Un an plus tard et à la surprise générale le groupe réapparait dans les écrans radars avec une nouvelle production intitulée
Our Glass House. À l’écoute de ce disque, on se dit que le combo californien nous refait le coup de
Can't Go Home. En effet, cet opus semble une fois de plus s'éloigner de ses aspérités
Hard Rock FM, en proposant un Rock Californien,
AOR, Westcoast manquant cruellement d'énergie et de variété surtout au niveau des rythmes (souvent en mid tempo ou lents), reléguant une nouvelle fois au second plan les guitares bodybuildées, lumineuses et inspirées de Bruce Gowdy.
Si les compositions montrent un savoir-faire respectable, aucune n'arrive à susciter le moindre enthousiasme. Seules les dynamiques "
Poison Ivy" aux exquis leads de guitare chromée, l'Up tempo "Say What You Want" et son riff incendiaire soutenu d'un refrain aux chœurs grandioses, l'entrainant "Underwater", et le "The Wooden Monster" aux lignes et solo de claviers et guitare moderne limite progressif, font leur petit effet.
Tout ça sent toujours le travail bien fait et incroyablement appliqué, à l'image du chant de Marcie Free très en voix et toujours aussi convaincante, et cela quel que soit le style. Malheureusement, le reste de l'opus ne sera pas du même tonneau. À savoir des titres redondants, sans entrain et donc assez loin du
Hard Rock FM entrainant et dynamique que proposait le groupe à ses débuts.
En témoignent les très génériques, "Talked You
Out of Loving Me", l'éponyme à la longueur excessive et de la ballade de service "Catch Up to Yesterday", mièvre au possible et à des années-lumière de l'émouvante "To Be Your Everything" du premier album du groupe paru en 1992.
Même le chaloupé et pourtant réussi "Everyone Loves You When You're
Dead" au chant prenant et jeu de basse groovy signé Tony Franklin (
The Firm,
Blue Murder, etc.) puis "
Freedom is a
Fight" et sa belle et délicate introduction de guitare acoustique, manquent d'énergie.
Et si le disque se termine sur un rampant "We Are Here to Stay" à l'agréable parfum des eighties, (on ne s'attardera pas sur les nouvelles versions désastreuses de To Be Your Everything et Let's Talk About Love), cela ne suffit pas pour convaincre pleinement. En effet, le groupe semble souvent en pilotage automatique complet et peine dans ces moments à transmettre une quelconque émotion ou retenir l'intérêt de l'auditeur.
Même s'il recèle une petite moitié de titres plutôt réussis et dignes d'intérêt, dans son ensemble l'écoute de ce
Our Glass House s'avère des plus ennuyeuses. En effet, nous sommes plutôt loin du début et de l'excellent éponyme de 1992 ou des plutôt réussis que sont "World
Collide" (2010) et
Big Blue World paru l'année dernière. Ajoutée à cela une production manquant cruellement de relief voire de profondeur, et vous obtenez là un disque très moyen, plat, pas véritablement audacieux et pauvre en guitares offensives et mordantes.
Au final,
Our Glass House est une déception d'où ne surnage qu'une ambiance popy et radiophonique comme il en pullulait dans les années 80.
ah je vais voir si je vais me le prendre quand meme ?
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire