Otapamo Pralaja

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15/20
Nom du groupe Karnarium
Nom de l'album Otapamo Pralaja
Type Album
Date de parution Septembre 2012
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1. Prologue to the Event Horizon
2. A Maddening Laughter
3. Travelling Through All Spheres of Thought
4. Per Me Reges Regnant
5. Yoga of Tamas (After the Seduction)
6. Order of Ahamkara
7. Harness the Arcane Rhythm
8. Ode to the Black Mother

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Karnarium


Chronique @ BEERGRINDER

31 Octobre 2012

Swedish crawling chaos

La terrible crise économique qui secoue la Grèce ne semble pas avoir atteint le label Nuclear Winter, qui continue imperturbablement de proposer des sorties intéressantes. Après Drawn And Quartered, c’est au tour de Karnarium de proposer son nouveau full lenght via le label de Anastasis Valstanis. Ce combo originaire de Suède oeuvrait jusqu’ici dans un Death Metal typiquement swedish, style dans lequel il est difficile de se faire une place tant les candidats sont nombreux. Otapamo Pralaja (2012) s’avère pourtant plus surprenant qu’on aurait pu le croire, laissant transparaître une personnalité nouvelle.

L’instrumentale de mise en bouche frappe d’entrée, la puissance est décuplée par rapport au premier album, le son est gras et les guitares ronflent comme un vieux Berliet TBO, prélude trompeur à la descente abyssale qui va suivre.
Sur A Maddening Laughter, le Death sombre et crasseux cher à Nihilist, Grotesque ou Carnage sert toujours de base à la musique de Karnarium, mais se métamorphose soudain en une créature lovecraftienne cauchemardesque, tel Nyarlathotep qui fricote avec les démons du cimetière de Göteborg… Le côté occulte palpable sur ses anciennes réalisations prend une toute autre dimension. En effet leur Death Metal à l’ancienne s’est mué en une entité rampante lovecraftienne, usant à loisir de sonorités dissonantes, rapprochant le quatuor de groupes comme Portal ou Mitochondrion.

J’ignore si les noms à coucher dehors des musiciens font partie du concept, je n’ai rien contre des patronymes artistico-aristocrates comme Qlane-Ahn F.W. Lephe (chant) ou evil à rallonge à la Blasphemy comme NekroSadistikWatcher (guitare), mais je n’ai pas spécialement envie de les répéter dix fois, on se contentera donc de parler du chanteur, du bassiste ou du batteur. Un batteur au jeu épuré et old-school d’ailleurs, parfaitement adapté au combo, avec une prise de son à l’ancienne, mais qui sait aussi marteler sévèrement quand il le faut, comme sur Travelling Through All Spheres of Thought à la puissance écrasante proche d’un Witchrist ou sur le furieux Order of Ahamkara où les hurlements de damnés accompagnent des guitares distordues et les rythmiques parfois saccadées provoquent un réel malaise.

Au cœur de l’album figure le clou du spectacle, l’occultisme poussé à son paroxysme avec le monstre de douze minutes Per Me Reges Regnant, délivrant un Death lourd et atmosphérique (dans le sens occulte du terme), ne négligeant pas quelques accélérations bien senties, et une fin interminable et répétitive qui nous aspire irrémédiablement. Ce titre rappelle un autre pavé des cultes Incantation : Unto Infinite Twilight / Majesty of Infernal Damnation sur l’album Diabolical Conquest.
L’instrumentale ritualiste qui suit semble dans le prolongement : tout en crescendo comme si des servants de je ne sais quel culte psalmodiaient une incantation visant à nous éveiller d’un cauchemar pour nous attirer dans un autre, d’abord en douceur, puis plus douloureusement.

En plus d’être habile et puissant, Otapamo Prajala immerge l’auditeur dans son concept, la marque des grands disques. A ce propos un artwork moins convenu aurait mieux collé à ce concept aussi sombre et tordu, les pages rouges avec un symbole à la con disséminé ça et là sont un peu légères, dommage car c’est le genre de détails qui font entrer corps et âme dans un disque. Toutefois il en faut bien plus pour bouder son plaisir, ce dernier étant au zénith sur Harness the Arcane Rhythm avec ses plans plombés, ses larsens qui traînent en longueur et ses accélérations épisodiques à la Incantation.

Karnarium sort donc brillamment son épingle du jeu, s’éloignant des carcans d’un swedish Death Metal à saturation depuis bien longtemps, Otapamo Prajala se révèle un disque singulier, s’inspirant de la scène australienne actuelle comme de la scène suédoise d’antan. Sans non plus chambarder les codes musicaux, le quatuor montre que le Death Metal ne tourne toujours pas en rond, et que l’esprit de l’ancienne époque peut être préservé tout en y apportant des éléments nouveaux.

BG

4 Commentaires

9 J'aime

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HeadCrush - 01 Novembre 2012: J'ai une question dont ta réponse m'aidera à mieux comprendre certaines parties de cette chronique.

Tu utilises plusieurs fois dans certains contextes (musicaux et philosophiques) le terme "occulte", à quoi réfères-tu ? Qu'entends par là sur un plan musical ? Un groupe est-il représentatif de cet occultisme musical ?

Plusieurs questions j'en suis conscient mais toutes autour du même thème / terme.
Merci pour ta réponse BG.
HeadCrush - 01 Novembre 2012: Un ENORME merci mon BG, je vais écouter ce titre.
HeadCrush - 01 Novembre 2012: Voilà, écoute réalisée, c''est beaucoup plus clair en effet, je comprends mieux, c'est vrai que j'aurais assimilé ces sonorités à de l'ambient par analogie au Revelations of the balck flame des 1349.

Au moins là, je perçois plus clairement le sens de ta chronique.

Encore merci BG.
MikeSlave - 28 Mars 2014: Merci pour le papier. Un album prenant à l'ambiance occulte dont j'ai fait l'acquisition il y a peu. Moins hermétique que les Portal et consorts car emcore marqué par le sceau du swedish death metal ce qui me convient parfaitement hé hé
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