One Way Out

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Nom du groupe Ravenscry
Nom de l'album One Way Out
Type Album
Date de parution 25 Avril 2011
Labels Aural Music
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album14

Tracklist

1. Calliope 03:41
2. Elements Dance 03:59
3. Nobody 05:24
4. A Starless Night 04:21
5. Redemption I - Rainy 04:51
6. Redemption II - Reflection 03:57
7. Redemption III - Far Away 05:39
8. Embrace 04:17
9. Journey 03:18
10. Back to the Hell 03:02
11. This Funny Dangerous Game 03:45
12. My Bitter Tale 04:20
Total playing time 50:34

Chronique @ ericb4

18 Décembre 2014

Une pépite mélodieuse à l'italienne à savourer sans modération !



Au moment où sévissent en série les groupes majeurs de metal à chant féminin en Europe, un combo italien quasiment inconnu n'a pas eu de complexe pour s'afficher et faire part de ses ambitions. Suite à un discret EP, le combo n'allait donc pas rester les bras ballants bien longtemps. En effet, sous l'impulsion d'un élan créatif digne des plus grandes signatures en metal mélodique, le jeune quintet milanais, avec à sa tête Giulia Stefani, chanteuse à la voix satinée, sort dans la foulée son premier opus chez Aural Music.

Avec pas moins d'une douzaine de titres s'étalant sur plus de cinquante minutes, la rondelle se fait généreuse, sans ostentation pour autant. La richesse des harmonies qu'elle contient rencontre avec bonheur une orchestration faisant se côtoyer technicité instrumentale éprouvée et esthétique à fleur de peau des arrangements. Ainsi, les lignes mélodiques sont soignées, les notes s'enchaînent de façon cohérente le long de chacune des compositions qui, pour la plupart, ne souffrent que de rares carences d'inspiration. Par ailleurs, la diversité rythmique rencontrée a pour corollaire des riffs de guitare poignants et à la dynamique bien dosée. On comprend alors qu'on reste souvent conforme aux codes stricts du metal mélodique.

Lorsqu'on pénètre au coeur de l'oeuvre, on se rend compte que chaque piste ou presque a ses armes pour nous faire plier l'échine. Parmi les plus significatives, on relève celles privilégiant une rythmique invasive et pesante en ce qu'elles mettent en exergue à la fois les qualités harmoniques des refrains et un couplage batterie/riffs impactant. Ainsi, la diva dissémine ses perles de pluie vocales avec emphase, que ce soit sur l'entame aux riffs vrombissants "Calliope" ou sur l'influence électro du roboratif "Nobody". Ce qui n'est pas sans rappeler l'univers d'Autumn et les notes chaudes et cristallines de Marjan Welman, avec un zeste de puissance et de profondeur vocale supplémentaire chez la jeune Italienne. Sur la seconde plage, la ligne mélodique s'avère d'une grande fluidité et les refrains catchy à souhait, l'angélisme vocal de l'interprète n'étant pas étranger à cet état de fait.

Le groupe a su aussi se montrer plus impétueux et frondeur à d'autres moments, avec comme dénominateur commun les sensibles inflexions vocales de Giulia. Là encore, l'exercice est d'une efficacité redoutable, et les exemples ne manquent pas à l'appel. L'énergique "Embrace" annonce la couleur avec ses riffs acides tout le long, sans gêner le moins du monde des refrains mélodiques très entraînants. Plus abouti encore, dans ce registre, le frétillant "Back to the Hell" use de riffs lipidiques au-delà desquels émerge un piano bien apprêté et des arrangements brillants de précision, nous octroyant même quelques passages orientalisants étonnamment bien amenés. Si les refrains sont aptes à nous séduire ici, les couplets ne sont pas en marge sur l'entraînant "Redemption III : Far Away". Richement ornés par les aériennes vagues vocales, ces couplets côtoient des riffs accrocheurs et intarissables. Un break vocal intimiste rompt cette mécanique bien rodée quelques instants avant une reprise sur un timbre éclaboussant de puissance. Un petit solo de guitare vient encore se superposer à un ensemble déjà fort bien organisé. Tout aussi vigoureux, "Journey", le long de ses riffs acérés, nous propulse au sein d'une instrumentation techniquement bien inspirée. Et ce, sans pour autant nous faire perdre le fil des enchaînements et de la mélodie d'ensemble, au demeurant convaincante dans tous les compartiments du morceau.

Les moments plus en retenue y ont aussi tout naturellement trouvé leur place. Là, plus encore, la magie de la voix opère et nous saisit littéralement de par sa limpidité autant que par ses modulations. C'est dire que l'émotion qu'elle suscite est bien réelle. Dans ce registre plus soft, les nappes synthétiques ont su draper avec élégance le vibrato caressant de la jeune chanteuse sur la ballade "A Starless Night". Les savoureux arpèges au piano la suivent tout comme les riffs assouplis d'une guitare qui se refusent à l'égratigner. Malgré deux breaks un poil torturés, les reprises se vernissent de jolies suites de notes. Dans ce contexte ouaté, on aurait peut-être souhaité une chute moins radicale en fin de piste. Dans cette veine, le délicat "Redemption I : Rainy" distille des flocons de notes de piano couplés à des impulsions vocales claires, sensibles et puissantes à la fois. L'émotion est au rendez-vous lorsque le serpent synthétique s'éveille et que s'embrase en douceur et mélodieusement le piano/voix de départ. Sur ce modèle, se dessine l'outro "My Bitter Tale". L'empreinte vocale se fait affectueuse et féline, ondoyant autour d'un piano confondant de pureté. La sincérité se dégageant des refrains de ce morceau progressif est apte à éveiller en nous d'authentiques plaisirs.


Le groupe n'a pas non plus omis de faire figurer à mi-opus une splendeur orchestrale à l'instar d'une grandiose musique de film. Sur "Redemption II : Reflection", on se trouve alors plongé dans un bain instrumental aux doux remous. Un synthé violoneux se charge de nous installer dans un confort auditif certain. Sous l'égide d'un tel raffinement dans un climat aussi chatoyant, on touche du doigt la quête du plaisir des sens chez l'auditeur.

Pour le reste, on pourra se laisser tenter par un intéressant guitare/voix sur "Elements Dance", titre mélodieux aux riffs fougueux et au rythme syncopé. Une petite baisse de régime tout de même sur "This Funny Dangerous Game"! Pourtant débordant d'une énergie communicative et doté de belles variations vocales, le chemin mélodique s'est soudain affadi. Du coup, la sauce prend moins ici qu'ailleurs.

Nul doute que l'on détient là un album de belle facture pour un groupe qui n'a pas plaint sa peine. En effet, le travail de studio s'est avéré minutieux, conséquent et bien organisé. On décèle encore une marge de manoeuvre importante pour le groupe, à l'issue de cet opus. Ce qui laisse augurer le meilleur pour les années à venir.

On conseillera cet album aux amateurs de metal mélodique à chant féminin et plus largement à d'autres publics orientés metal et/ou rock progressif, symphonique ou atmosphérique. De par son accessibilité et ses qualités addictives, il ne devrait pas rencontrer d'obstacles majeurs à un accueil chaleureux auprès d'un auditorat élargi. Un groupe qui, assurément, a de beaux jours devant lui...




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