Inutile de revenir sur les raisons profondes de l’existence de cet album, elle est déjà connue de presque tous. La maladie (cancer du poumon, à un stade assez avancé qui plus est) n’a jamais été caché par Ronnie Atkins à ses fans et
Pretty Maids a rapidement décidé de faire un break pour aider son chanteur dans ses soins et sa réhabilitation.
Mais voilà, quand on écrit de la musique et chante depuis des années, s’arrêter aussi brutalement n’est pas chose aisée. Ronnie l’avoue aisément, écrire fut un exercice cathartique dans sa situation encore plus qu’à l’accoutumé. Isolé par sa faiblesse durant son traitement, interdit de déplacement par une pandémie encore plus dangereuse dans sa situation, le vocaliste danois s’est retranché derrière sa guitare acoustique et a posé des mélodies sur le papier.
Si l’idée d’un album solo traitait dans sa tête depuis des années déjà, elle est devenue impérative avec les évènements. Et "
One Shot" est né.
Le comparer à
Pretty Maids serait forcément un exercice tentant mais rapidement inutile puisque le chanteur n’évolue pas directement dans le même style puisque Ken
Hammer reste le principal compositeur du groupe. Délaissant le côté plus purement heavy et les claviers si caractéristiques du combo, "
One Shot" se présente comme un opus de rock mélodique assez positif, qu’on rapprocherait plus volontiers d’un
Alice Cooper qui croiserait de temps en temps du Europe.
Chris Laney, claviériste des Maids, l’a accompagné sur la totalité de l’album (aux claviers et à la guitare) ainsi qu’une liste de guests assez impressionnante. Difficile cependant de complètement mettre de côté la situation actuelle du principal protagoniste, conférant à l’espoir et la positivité présent dans les textes et la musique un signe évident pour avancer et rester conquérant face à la maladie. L’album est-il bon ? Oui il l’est. Il n’en reste pas moins qu’il ne possède rien de mémorable et qu’il reste relativement passe-partout dans la plupart des compartiments qu’il présente (que ce soit les morceaux rock, les titres pour les stades ou les ballades).
Le titre éponyme, s’ouvrant sur un piano voix et évoluant vers un refrain scandé sur un pattern très puissant de toms basse à la batterie n’est pas sans évoqué la recette d’un Queen pour faire chavirer les grandes assemblées (on a envie de taper du pied et de crier «
One Shot » après la première écoute, preuve que le contrat est rempli). "Real", qui ouvre l’album, se veut quant à lui très mélodique et dévoile que l’album sera porté bien plus sur la voix que sur les guitares. Le refrain, très FM, arrive après 40 secondes et un côté 80s s’en dégage fortement, un peu glam, avec un côté sensiblement US pas désagréable qu’un Mr.Big pouvait avoir à ses débuts, le côté technique débridé en moins. Il en va de même pour le très beau
Frequency of Love, qui coule comme une liqueur sucrée sans pour autant être écœurante. Un bonbon que l’on connaît déjà mais qui rappelle un soupçon d’innocence, sans calculs ni tricheries mais fait dans le simple désir de prendre du plaisir et de donner du sourire aux auditeurs.
"Scorpio", aux claviers plus modernes, nous gratifie de vocaux plus rudes qui rappellent d’où vient le bonhomme et qu’il en a toujours sous le capot pour offrir des compositions plus musclées si le besoin s’en fait sentir. "Before the Rise of An
Empire" déboule également sur un solo de guitare et se veut plus hard, avec un refrain puissant ponctué d’une partie de batterie percutante et claquante (il faut noter la perfection de la prod, impeccable pour le genre).
Forcément, des titres comme "Subjugated" ou "
Miles Away" vont peut-être trop loin dans ce côté mélo, en devenant plus cliché, voir mielleux, même si cela ne surprend pas forcément puisque Ronnie n’a jamais caché son amour pour cette musique très pop depuis ses débuts.
"Where Dreams are not Enough" résonne comme une dernière déclamation, une déclaration d’amour à la vie, à l’acte, au fait de faire plutôt que de rêver et de ne surtout pas attendre ou reporter constamment les choses par pure procrastination. Un titre plein d’énergie et d’espoir clôturer ce sympathique opus solo qui ne se réservera qu’aux fans du genre et aux acharnés du blond à la voix éraillée.
Plus que la musique, "
One Shot" est un message d’espoir et une thérapie cathartique pour son compositeur. Il prend aujourd’hui une dimension supplémentaire liée à l’activité du vocaliste et encore plus si malheur il devait arriver. Profitons simplement de ce moment pour ceux qui veulent du bon rock mélodique, sans prise de tête pour chanter sous un printemps ensoleillé.
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