En termes de sympho extrême, les Pays-Bas semblent se réveiller peu à peu. Les formations du genre qui auront marqué le pays se comptent à peine sur les doigts d'une main. Si on exclue les défunts
Liar Of Golgotha ou les plus célèbres
Carach Angren, il ne reste plus grand monde, à part
Hymir qui nous a d'ailleurs fait un sacré retour récemment avec l'album « Godking ». Misanthropia, lui, s'est plus fait connaître dans la seconde moitié des années 2000 avec un black mélodique inspiré par la Norvège. Après de nombreux changements de line-up et une période de latence, la bande revient avec un nouvel opus et neuf nouveaux morceaux. Sorti initialement au printemps 2016 par le label
Snakebite Records, les Polonais de Via Nocturna leur offrent une seconde chance avec une parution pour janvier 2017.
Même s'il y a eu pas mal de changements au sein du groupe, ce dernier a choisi de travailler avec les mêmes personnes, dont Mike Wead (
King Diamond,
Mercyful Fate Nattas) pour le mixage et le mastering, et Jan Örkki Yrlund (
Sirenia,
Manowar,
Impaled Nazarene) pour l'artwork. «
Omerta », comme son nom l'indique, est un opus plongeant l'auditeur dans l'univers de la mafia. Le quintet nous fait voyager dans les endroits les plus mythiques, de l'Italie à Chicago en passant par
New York. La pochette nous met d'ailleurs bien dans l'ambiance, ainsi que cette introduction « Morte dei Capi », jazzy et mystérieuse, qui nous donne l'impression d'être dans un bar envahi par les compères d'Al Capone.
Musicalement, Misanthropia renforce l'aspect symphonique de sa musique tout en restant influencé par des grands noms du black symphonique norvégien comme
Dimmu Borgir ou
Old Man's Child. Les guitares gardent une place prédominante avec un déferlement de riffs bien black soutenus par une basse particulièrement jazzy et technique, comme en témoignent l'éponyme «
Omerta », idéalement placé en début d'album, ou « 230 Park Avenue ». Certaines parties narratives viennent nous guider comme sur « Rattling Guns and a Barking
Shepherd » dont les influences industrielles pourraient rappeler le « Puritania » de
Dimmu Borgir.
Même si «
Omerta » est un « vrai » concept album, avec des paroles recherchées, une narration et un certain côté prog dans l'utilisation des claviers, même s'il ne possède aucun défaut majeur, et même si les influences restent en général bien digérées, il n'en reste pas moins un album générique. Les plans jazzy apportent un petit plus mais ne sont pas suffisamment imbriqués dans l'ensemble black symphonique que nous propose Misanthropia. En outre, il n'y a pas vraiment de titres qui sortent du lot, ces derniers s'enchaînent sans vraiment nous surprendre. Malgré une bonne production, ils ne possèdent pas la force suffisante pour nous faire sauter au plafond. Bref, «
Omerta » est bien fait, avec une bonne exécution et un concept original mais on perd très vite notre enthousiasme dès le milieu de l'opus.
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