Enfermez 5 musiciens d'horizons musicaux différents durant 2 jours dans un studio californien (The
Glass House,
Los Angeles en l'occurrence) et laissez les jamer en toute liberté, sans oublier de presser la touche « REC » avant de fermer la porte. Il en sortira un album pour le moins curieux comme en témoigne ce premier album d'
Ohmphrey où improvisation, virtuosité et vibrations se côtoient étonnament !
Ohmphrey ... mais où vont-il chercher des noms comme ça !! Et bien, aussi bizarre que cela puisse paraître, c'est une histoire de logique ! En effet,
Ohmphrey est simplement une fusion de
Ohm et Umphrey's McGee, groupes dont sont issus les 5 zygonautes de ce projet : Chris POLAND et Robertino PAGLIARI pour
Ohm, Jake CINNINGER, Kris MYERS et Joel CUMMINS pour Umphrey's.
Tous les matériaux de cet album sont théoriquement issus de cette jam session enregistrée live. Je me permets de dire «théoriquement» car si le doute n'est pas permis pour certains titres, d'autres présentent une structure et une finition étonnamment bien fignolées pour avoir été bouclées en si peu de temps. Mais bon, tout est possible, vu que l'on est loin d'avoir à faire à des guignols !
Ceux qui associent encore le nom de Poland à
Megadeth, passez votre chemin ou alors attendez vous à quelques surprises !!! S'il fallait définir un style à Ohmprey, je parlerais sans doute de « progressive free metal jazz » ;o)
La première chose à signaler est que cet album est totalement instrumental. Toute la subtilité de cette galette vient de la rencontre entre l'impro plutôt jazzy chère à Umphrey's McGee et le côté plus rock/métal de
Chris Poland.
Le résultat est très complexe à écouter. La musique, riche techniquement parlant, est souvent difficile à suivre : des passages dantesques aux mélodies imparables (qui peuvent rappeler de temps à autres un Satriani époque « Joe satriani » (1995)) enchainent sur une rythmique jazzy improbable et étrange pour retomber sur un solo qui pourrait être issu d'un vieil album de Peter Frampton.
Autant dire qu'il faut un sacré paquet d'écoutes pour arriver à assimiler le résultat qui au final est loin d'être désagréable, du moins pour certains titres : « Someone said you were dead » et « Dennys by the jail » sont les 2 titres les plus « heavy » et proposent plusieurs passages aux rythmiques et solos rapides et diablement efficaces ; « The girl from Chi Town » est une pseudo ballade où les mélodies s'enchevêtrent dans des ambiances aux sonorités travaillées, un peu comme si Zappa rencontrait Satch : réussi aussi ! Au bilan, les 5-6 premiers morceaux sont plutôt bien structurés et sont assez rapidement assimilés. C'est bien plus difficiles pour les 2 derniers qui durent respectivement 15 et 11 minutes où là, le côté improvisation est plus que palpable ... ça tourne sans trop savoir où aller et cela devient rapidement rébarbatif, ennuyeux voir expérimental pour mes oreilles. Peut-être qu'en live le rendu est différent mais là, il faut vraiment avoir une volonté de fer pour ne pas appuyer sur la touche « next » et croyez-moi, j'ai souvent jeté l'éponge !
Coup de chapeau quand même au mix et à la production de grande qualité : chaque instrument se distingue très nettement et le son, surprenant au départ, est tout simplement mortel et colle carrément avec le style et l'ambiance proposé par le groupe.
Ohmphrey nous offre là un album pour le moins étonnant qui mérite franchement les quelques écoutes nécessaires pour découvrir les petites richesses qu'il renferme. Néanmoins, son accès reste difficile et hormis le fait d'être très motivé où musicien à la recherche de nouveau son ou de prouesses techniques, je pense que beaucoup seront réfractaires et n'y laisseront aucune chance malgré la présence de
Chris Poland. C'est dommage, mais c'est bien le risque encouru avec ce type de projet !
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