Odyssey of Respair

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16/20
Nom du groupe Netherwalker
Nom de l'album Odyssey of Respair
Type Album
Date de parution 17 Novembre 2025
Labels pas de label connu
Style MusicalDeathcore
Membres possèdant cet album0

Tracklist

1.
 Prologue
 01:44
2.
 Thine King Weeps for Mercy
 02:46
3.
 Battle of Tredem
 04:09
4.
 An Opulent Pillaging of the Treacherous Goblin Encampment
 03:29
5.
 Sea of Sirens
 05:06
6.
 Eyes of Obscura
 01:19
7.
 Servant to Instinct
 04:18
8.
 Tavern
 04:07
9.
 Frost Troll (ft. Finn Kapnick)
 03:55
10.
 Destiny will Decide
 01:38
11.
 Crystal Knight
 05:53
12.
 The Elden Stav
 03:08
13.
 For Princess Elizabeth, We Fly!
 07:16
14.
 Army of Darkness
 07:53

Durée totale : 56:41

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Netherwalker


Chronique @ Groaw

27 Janvier 2026

Une marche des chevaliers aussi fabuleuse qu’éprouvante

Netherwalker fait partie de ces formations qui ont émergé d’un imaginaire déjà bien balisé mais qui parviennent pourtant à lui donner une consistance nouvelle. Formé en Floride en 2021, le trio a forgé son identité à coup de riffs acérés, de thématiques héroïques et d’un mélange aussi exigeant qu’inattendu entre déchaînement moderne et fantasy épique. Alors que beaucoup de groupes de deathcore se contentent généralement d’hurler contre le monde, nos Américains ont choisi une quête bien différente, celle de raconter des histoires de bravoure, de batailles et de royaumes à sauver tout en détruisant consciencieusement des nuques au passage. Porté par le guitariste fondateur Grayson Yearty, d’Alex Calver (chant) et Mauricio Cortez Bowles (batterie), le groupe distille un blackened deathcore symphonique où les éléments orchestraux flirtent avec l’intensité métallique la plus féroce.

Ce cocktail singulier ne sonne pas comme une tentative timide de tourner une page du metal, mais plutôt comme une porte dimensionnelle ouverte vers un monde où nappes majestueuses, chœurs tragiques et breakdowns font la même fête, en témoigne le premier projet de notre jeune troupe Odyssey of Respair. Véritable épopée de quatorze morceaux, l’opus ne se contente pas d’aligner des enregistrements sous une même bannière esthétique mais est véritablement pensé comme un récit à part entière. L’odyssée musicale suit la trajectoire de trois chevaliers engagés dans une quête désespérée pour sauver leur royaume, un fil narratif qui structure autant l’univers que l’écriture musicale. Chaque piste agit comme un chapitre qui alterne entre montées héroïques, instants de tension dramatique et déferlements de violence pure.

Musicalement, l’album explore un territoire où le blackened deathcore se pare d’atouts architecturés sans jamais perdre de sa férocité. Les orchestrations, les chœurs et les tapis liturgiques ne servent pas de simples artifices d’ambiance mais renforcent le souffle épique de l’aventure et accentuent cette impression de voyage sombre et tragique. Entre passages écrasants, accélérations belliqueuses et respirations plus solennelles, l’œuvre oscille constamment entre brutalité frontale et mise en scène quasi cinématographique.
Des compositions telles que Battle of Tredem s’imposent comme des entrées en matière particulièrement représentatives du paysage du collectif, celui d’un death massif traversé par une imagerie chevaleresque et une narration guerrière assumée. L’introduction, rapidement immersive, installe une atmosphère dramatique, une déferlante rythmique compacte et agressive où blasts, riffs tranchants et textures gradiloquentes se superposent sans relâche. La structure alterne habilement entre passages fougueux et segments plus théâtraux pour donner à la pièce une dimension presque cinématique, comme une véritable scène de bataille mise en musique. Le chant, caverneux et bestial, renforce cette perception de combat désespéré et participe pleinement à la puissance du périple, sans chercher la moindre subtilité.

Cette volonté de tout magnifier en permanence montre toutefois ses limites. À force d’empiler couches harmoniques, rythmiques martiales et envolées grandioses, le trio américain donne parfois la sensation de refuser toute retenue comme si chaque création devait incarner un point culminant. Certaines parties rappellent d’ailleurs la surcharge technique et l’agressivité frénétique de groupes comme Infant Annihilator ou Rings of Saturn, où la virtuosité prime parfois sur l’accalmie. Une production comme For Princess Elizabeth, We Fly! Illustre bien ce travers car malgré une apparence toujours aussi flamboyante, l’instrumental finit par paraître saturé. Les thèmes empathiques reviennent avec insistance, l’ossature peine à réellement se renouveler et la véhémence, constamment poussée à son maximum, laisse peu de place à la surprise ou au relâchement. Ce choix d’écriture renforce certes l’identité du disque, mais tend aussi à lisser les reliefs ce qui donne parfois le sentiment que la création sonore se replie sur une formule qu’il décline sans suffisamment de variations.

Un autre point à nuancer concerne la longueur générale de la réalisation. Avec quatorze titres pour près d’une heure d’écoute, Odyssey of Respair soumet un voyage dense et soutenu qui se révèle assez éprouvant. Cette durée importante accentue la sensation d’un excès déjà perceptible sur plusieurs passages entre les empilements instrumentaux, les changements de tempo ainsi que les apogées imposantes et finit par peser sur la fluidité globale. L’extrait final, Army Of Darkness, illustre parfaitement ce travers. S’étirant sur presque huit minutes, il condense toutes les caractéristiques de l’album avec ses sprints survoltés, thèmes récurrents et arrangements massifs mais sans les pauses nécessaires pour renouveler l’attention. L’ambition est indéniable et l’adresse toujours présente mais la chanson tend à amplifier les effets de répétition et à rappeler les limites d’une formule qui, à force d’être poussée à l’extrême, peut finir par épuiser l’auditeur.

Odyssey of Respair confirme Netherwalker comme un trio capable de marier sauvagerie et théâtralité avec une assurance impressionnante. L’ouvrage frappe par sa profondeur constante, ses armatures pondéreuses et son plan visuel et narratif fort, où chaque pièce participe à un mythe cohérent. Les textures mélodiques, les chœurs et les enchaînements belliqueux renforcent l’immersion et donnent à l’ensemble une dimension scénarisée. Pour autant, cette recherche permanente se paie parfois au prix de l’exubérance : certaines pistes se montrent surchargées et la durée globale du disque, avec quatorze titres et près d’une heure d’écoute, peut peser sur l’accessibilité. Les motifs se répètent, les rallyes s’accumulent et la tension, sans interruptions, laisse peu d’espace pour l’extravagance.
Malgré ces bémols, la fresque déploie un ensemble singulier et maîtrisé qui illustre le potentiel du groupe à allier dextérité, narration et fureur sans compromis. Ce premier jet reste ainsi une initiation remarquablement innovante dans le cadre du deathcore symphonique et une première pierre plutôt solide pour l’avenir de la formation américaine.

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