Domgård est un groupe de black metal suédois fondé en 1999 et encore peu connu malgré ses presque vingt ans d’existence : c’est que le quatuor emmené par Vidkall n’est pas extrêmement prolifique, et ce
Ödelagt sorti le premier décembre sur
Carnal Records n’est que le troisième full length de la formation.
Le quatuor nous offre ici 72 minutes d’un black froid, majestueux et épique à la qualité irréprochable et au feeling typiquement scandinave : voix arrachée et noyée dans un océan de réverb’ brumeuse, riffs entraînants ou mélancoliques sur lesquels souffle un blizzard glacial, basse galopante et profonde, ainsi que nappes de claviers discrètes qui viennent transcender la musique composent cet album qui sonne comme un vrai hommage à la seconde vague de black metal. Imaginez un mix entre
Darkthrone,
Taake, dont on ressent la forte influence tout le long de l’album (Töckenhöljt, à l’âme païenne exaltée par ces cavalcades de guitare et ce rythme rapide),
Enslaved et
Kampfar, le tout saupoudré par quelques touches de claviers à la Dimmu période Stormblast et vous aurez une idée de ce à quoi ressemble ce
Ödelagt, qui sonne décidément plus norvégien que suédois. Le son est parfaitement adapté, avec ces guitares distordues et grésillantes bien mises en avant, clair et puissant sans être trop propre, et ce feeling nordique si unique enveloppe chaque note de ces douze titres. Tour à tour true black, pagan (Aldar Rokkr, mélancolique, avec ces chœurs mâles, ces percussions tribales et son riff lancinant), black’ n roll (I Gerröds Hall, Lögr Óðreris – Urblodets Trollmakt mêlant groove presque dansant à des riffs à la
Belenos), alternant passages enlevés, bourrasques épiques et accalmies instrumentales (le début en arpèges de Kynjagaldr, Grottkvinans Hemlighet, entièrement acoustique, Ødhe Vi, morceau ambiant qui clôt l’album), cet opus est très complet, mêlant toutes ces influences pour nous donner un superbe black metal, diversifié, habité et solide, toujours juste dans les sentiments qu’il dégage et qui nous replonge avec délices dans l’époque bénie des 90’s.
Parmi ces douze titres, on distinguera l’excellent Kynjagaldr s’ouvrant sur un arpège et enchaînant en une explosion de blasts, au refrain imparable entonné par un chant clair guerrier puis repris par la voix hurlée de Vindkall, et soutenu par un riff fantastique de pureté comme seul le black metal peut nous en offrir. Le morceau éponyme sort également du lot, avec cette mélodie de guitare onirique qui nous berce d’entrée de ses notes étoilées et qui sur ce coulis de blast, de basse et de claviers cristallins, nous propulse la tête dans les étoiles, et on ne peut pas non plus passer sous silence Förgånget, qui, du haut de ses seize minutes, nous offre un titre lent au riffing mélancolique et triste qui dégage une certaine noblesse.
En conclusion,
Ödelagt est un très bon album, accrocheur sans être simple, et qui satisfera tous les amateurs d’un black metal authentique, froid, épique, violent et mélodique à la fois. Un beau voyage de 72 minutes, à écouter d’urgence pour tous les inconditionnels du Grand Nord en mal de chants de batailles, de plaines et de forêts enneigées.
Merci pour ta chro qui me donne vraiment envie de plonger dans la lugubre pénombre de cet album.
Tu peux y aller c'est du bon!
ok je vais y aller au plus vite
Dans mon top 100, il est en 35ème place, très bonne place pour ma part car tout le top 100 est une tuerie, j'en ai écouté beaucoup l'année dernière
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