Pourtant, sur le papier, ça rendait bien. Peut-être était-ce dû à la somptueuse pochette (de Darkgrove Design) et à ce magnifique voilier, ou alors aux informations que l'on avait sur le groupe, à savoir un projet de power mélodique norvégien avec un chanteur à la tessiture extra large. Du côté de Per Fredrik Asly, alias
Pellek, le but est de se faire une place au soleil (pas évident en Norvège soit dit en passant), et de, pourquoi pas, aller titiller les scènes des festivals européens.
Le problème, c'est que ça va pas être du gâteau.
Pellek, en essayant de nous persuader qu'il s'agit de quelque chose de totalement nouveau, nous livre un disque juste moyen, avec les mêmes faiblesses qui reviennent souvent dans ce genre de musique. Le tout n'est bien sûr pas complètement mauvais, mais cela reste bien en dessous de la moyenne des sorties de ce début d'année.
Neuf titres en quarante-huit minutes. C'est plutôt court par rapport à ce qui sort maintenant. Alors pourquoi sortir un nouveau disque si peu de temps après la sortie du précédent ? Il aurait pu largement prendre un ou deux mois en plus pour composer, de plus vu les ventes de
Bag of Tricks il devait avoir du temps libre …
Mais passons. Un disque court peut bien sûr se rattraper, le dernier
Almah peut en témoigner. C'est à Elucidation qu'il incombe la difficile tâche d'ouvrir l'album. Le titre passe plutôt bien, au début avec des orchestrations très "cinéma", puis un chant bon mais assez classique, et un refrain grandiose bien exécuté. Les coupures de son à la Philippe Katerine, vers la première minute, sont la seule drôlerie du morceau.
C'est après que ça se corse. Certaines chansons sont à la limite du supportable, par exemple Brigantine of Tranquility où le chant de
Pellek avec ses accents pop est désagréable au possible. Le pont final rattrape un peu le mise et sauve de la catastrophe. C'est aussi sur
Northern Wayfarer que l'on retrouve ce chant si peu élégant, où des couplets entiers sont saccagés. Quel dommage, car l'intro est très réussie et met une bonne ambiance ! Quant au clip réalisé avec ce titre, je suis perplexe. Le paysage est très beau, c'est bien filmé, mais l'attitude du chanteur ne me plaît pas du tout. Et ces garçons tout jeunes aux cheveux mi-longs, ça vous rappelle pas un certain ado canadien détestable ? Je ne compare bien sûr pas le talent de
Pellek aux hontes de la pop moderne, car il a du talent c'est indéniable.
Il n'y a qu'à écouter le magnifique (et imprononçable) Sea of Okhotsk. L'intro est une fois de plus excellente, et le chant et très bien, comme quoi, lorsque l'on s'applique on peut faire de belles choses.
Vers la fin de l'album on trouvera un Transmigration très correct, dans une veine plus progressive, ce qui ne fait pas de mal au milieu de toute cette symphonie grandiloquente. Peut-être le meilleur moment de l'album, avec celui sus-cité.
Le reste de l'album n'est pas trop mal, sans toutefois de grosse folie, ni de grande originalité. Tout le côté symphonique est généralement de bonne facture, le son aussi, mais ça ne fait pas tout évidemment (sinon le dernier Tolkki ne serait pas aussi controversé).
God's Pocket est un morceau sympathique qui apporte de l'air frais sans prise de tête, simple et efficace. Sky Odyssey se révèle être le titre plus doux, relativement bon, cependant le refrain est d'une banalité affligeante. Quant au morceau épique de clôture, The Last
Journey, il est assez réussi, les cris de
Pellek sont de plus bel effet, et les mélodies sont agréables malgré la coupure du milieu qui fait tache.
Pellek n'est pas celui qui révolutionnera le power mélodique sauce européenne. Du moins pas pour le moment. On remarque bien sûr les tentatives d'originalité, les petites folies, les "tiens, si je mets ça là ça peut être bien", mais dans l'ensemble le travail souffre d'un grand manque d'excentricité ou de singularité. La cause est certainement la rapidité de la mise au point de l'opus qui donne une impression de bâclé. C'était une sortie très peu attendue, alors pourquoi ne avoir pris son temps ?
Dommage parcequ'il chante vraiment bien meme si c'est pas un Tommy Karevik ou un Tobias Sammet. Mais sa reste honnete.
C'est typiquement le genre de disque que quand tu l'ecoute une fois t'as fait le tour et tu le laisse prendre la poussiere.
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