Originaire du pays poitevin,
Sael est un groupe de Black
Metal méconnu mais au talent indéniable. Pourtant
Sael a eu le temps de faire du chemin : actif depuis 2002, et ayant sorti leur premier album en 2010, après une démo, un split (avec les finnois d’
Azaghal, il faut le noter !), et un EP, ce n’est pas le talent, l’inspiration et l’expérience qui lui manque ! Et du talent, de l'inspiration et de l'expérience, il y en avait à revendre sur leur EP,
Ocean, paru en 2006, que je vais tenter de vous décrire dans les lignes qui suivent.
Sael part déjà avec une production très propre pour un groupe de Black aussi underground. Ce choix artistique signifie déjà une chose : le groupe ne veut pas vivre dans le passé, et ne se perd pas dans un énième hommage au Black de la deuxième vague, comme tant d’autres. Les influences du groupe sont plus proches de la nouvelle génération : basses très puissantes, structures de morceaux assez progressives …
Sael nous perd et brouille les pistes, avant de subitement revenir vers des lieux communs, des riffs ravageurs, pour mieux repartir vers des arrangements plus inhabituels. On se retrouve face à des solos atmosphériques, rappelant un peu le
Peste Noire des débuts avec une meilleure production. On se laisse entraîner par des arpèges superbes sur laquelle se pose une basse assommante, juste avant que n’éclate la violence d’un black metal qui blaste sans faire de fioriture. Des expérimentations viennent entrecouper ce Black
Metal, qui prend parfois, le temps de quelques instants, l’aspect d’un Black Industriel au roulement de batterie presque techno. Le chanteur, criard, gueulard, rappelle de nouveau les hurlements de la Sale Famine de
Valfunde sur la Sanie … Mais si certains groupes ont laissé des influences non négligeables sur la musique du groupe,
Sael sait très bien casser le rythme, pour proposer sa propre musique, mature, et suffisamment originale pour qu’on puisse l’apprécier à sa juste valeur.
Difficile de rester de marbre devant cet EP de grande qualité, mais pourtant resté dans l’ombre, même dans le milieu. Cette sortie d’une incroyable richesse ne présente qu’un seul et unique défaut : sa longueur. Quatre titres, pour à peu près 25 minutes de son. Cela reste très correct pour un EP, mais la musique est tellement complexe, fournie, et pourtant si agréable à l’oreille, qu’à la fin, on est déçu que ce soit déjà fini, et aussitôt, on rappuie sur la touche « lecture » pour replonger dans l’
Ocean de cette sombre musique.
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