Après la commande, vient le moment tant attendu de la réception.
Et c'est avec une certaine impatience que je suis allé chez mon distro préféré, récupérer mon sésame musical comprenant entre autre l'album d'
Heiden,
Obsidian.
Quelques euros en moins sur le compte, et quelques kilomètres plus loin dans mon antre.
Ça y'est, déballage du CD de
Heiden, superbe artwork, cover bien glauque, l'impatience me gagne. Mais, surtout, ne pas gâcher cette magie, surtout pas de précipitation. Toujours faire attention à bien respecter à la lettre mon modus operandi en matière de musique (je sais, je suis un psychopathe intégriste...).
Mise en service de ma fidèle HiFi, attendre que l'ampli chauffe (lampes inside), extinction du portable et autre fixe, boissons et clopes à portée de mains.
Play let's go!
Cette scène s'est déroulée il y a une semaine déjà et figurez-vous que le skeud n'est même pas sorti du lecteur...
Je ne m'étais point fourvoyé quand à la qualité de cet album.
Ah,ah,ah jouissance auditive extrême que cet opus. Littéralement ébloui par ce Black
Doom Atmosphérique, tantôt échevelé, tantôt aérien, même parfois teinté d'ambiance post rock.
Puissance, technique, maîtrise, originalité voilà les termes qui, selon moi, caractérisent cet "
Obsidian".
1
Puissance du jeu de ces Tchèques
2 Enorme production
3 Maîtrise technique sans faille
4 Compositions alambiquées aux petits oignons
5 Originalité.
Et voila comment
Heiden rafle le Quinté plus dans l'ordre avec la tirelire en prime.
Des exemples ? Ce n'est pas ce qu'il manque sur cet album, il suffit d'écouter "At a
Funeral". Titre, où, pendant pratiquement 6 minutes, un
Doom Black Atmo vous prend aux tripes, vous procure un état d'ébahissement auditif. Après une intro saturée, distordue sans réelle structure, une mélopée "guitaristique" servant de fil rouge, de repère, afin de ne pas se perdre dans ce noir absolu, viens nous envelopper d'une mélancolie adipeuse. Cette sensation de désespoir est aussi assurée par la voix. Une voix black, non pas hurlée, ni criée, non, une voix malade, éraillée, lente, laissant traîner des sons rauques à chaque fin de mot comme un gargarisme…voila c’est ça, mais… au vitriol. Et comme si cela ne suffisait pas, afin de nous engloutir au plus profond du néant, la rythmique massive telle une chape de plomb, vient nous scotcher dans ce marasme funéraire.
Toujours dans les exemples, l'éclectisme de cet album est déroutant, car après, voici venu "Thujone". Morceau très prenant, un
Doom Black à la limite du dépressif, qui nous entraîne toujours plus loin vers l'infini négatif. Lourd très lourd et définitivement pachydermique grâce à cette voix monocorde et bien profonde. Un mur de guitares mélodique nous accueille d’entrée, mais ce n’est qu’une éphémère illusion. Dès que cette voix, heu… ce râlement (cela paraît plus adéquat) débarque, la rythmique devient plus syncopée.
Assurée par une double toujours bien placée et des guitares saignantes (juste ce qu’il faut), la ligne musicale de ce titre lorgne vers un
Doom métal « blackisé » mais attention j’ai bien dit
Doom !
Et que dire des textes...Où Flower power, guimauve et autres joyeuseries (t’es sûr là ?)...
Non Amateurs de décadence, de négativité, de mélancolie poussée à son paroxysme, vous serez sans aucun doute servis.
Néanmoins quelques regrets (faut bien être objectif hein !) viennent enrayer cette belle arrivée.
Tout d'abord la durée, qui avec ses 40 minutes pour 8 titres, me laisse sur ma faim.
Ensuite vient le choix du combo d'avoir programmé le titre "Buried 100 Years
Ago" en conclusion de cet album.
Titre on ne peut plus aérien, qui vient fausser l'ambiance glauque et pesante, présente tout au long de l'écoute.
Voila j'espère avoir été assez explicite, si toutefois vous hésitiez à investir en cet album, 4ème production de ce groupe venu de République Tchèque.
Mais soyez sûr que son originalité, sa puissance sont autant d'atouts imparables afin de survivre à ce milieu qu'est l'extrême.
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